STYLE DES LIVRES ET DES DISCOURS PUBLICS
Progression oratoire, timidité apparente en commençant, laquelle vienne se fondre peu à peu dans une noble assurance, et se terminer par une
orgueilleuse timidité.
hQ maximum du style didactique est de mettre dans la môme période la proposition à établir, sa preuve, l'objection la plus forte et la réponse.
Mettre, dans toutes les phrases qui expriment
quelque vérité importante, une forme générale pour tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux, et une forme singulière pour le peuple ou rindividu présent.
Commencez par l'idée générale pour donner au style de la pompe et de la magnificence ; puis développez élégamment, à l'aide d'exemples bien choisis. Enfin une queue proverbiale dans le genre noble ou badin.
Commencer par les formes paradoxales pour étonner l'auditeur, et le forcer d'écouter, puis développer peu à peu et finir par Textrême clarté.
L'homme, vu son orgueil et sa vanité, ne veut point être convaincu, mais persuadé. Aussi les meilleures expressions sont celles qui, ayant la vérité pour base, expriment une passion ou un mouvement physique, parce que l'orateur a l'air d'être maîtrisé par les choses mêmes, et non de vouloir maîtriser l'auditeur.
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Pour écrire dans le ton et le style dont on a j, besoin, il faut, par des réminiscences, se donner la disposition de cœur et d'esprit à laquelle ce style et ce ton conviennent.
On peut encore demander le ton et le mouvement de son style à un livre.
Mais il faut tremper hardiment sa plume dans le cornet, soit que pensant à soi-même on ait le sentiment de sa force, soit qu'animé par la passion, on ait cette hardiesse machinale que donnent un cœur et une imagination exaltés.
Pour s'exercer à écrire d'une manière variée, énoncer une pensée juste sur tous les tons et dans tous les styles en parcourant tous les degrés de la double échelle morale.
Il faut choisir, pour peindre les sensations
agréables, les instants où le désir étant très vif et les obstacles très grands, la privation est très sentie; et pour peindre les sensations désagréables, les moments de crainte vive.
Le style mélancolique est plus attachant que le style gai. Pourquoi?
Place de la phrase relative à ce qui précède, à ce qui suit, au paragraphe, au chapitre, à la section, à l'ouvrage entier, etc., l'œil sur le tout, en arrière et en avant.
Remarquons les expressions, les tours et les mouvements les plus heureux que nous inspirent les passions; tâchons de les tourner en habitude, afin de faire, dans nos pires moments, ce que nos émules ne peuvent faire que dans les meilleurs moments.
Graduer pour se faire aimer, et produire une
longue persuasion ; contraster pour se faire craindre, et déterminer promptement.
Pour faire du style mélancolique, s'occuper des tristes destinées de l'homme, et méditer sur la vanité de ses espérances, la réalité de ses maux, l'absence delà puissance moyenne et cette solitude où retombe toujours une âme aimante et élevée après de vains essais.
Toutes les fois qu'un homme qui n'est pas actuellement gêné par les circonstances n'a pas le style d'accord avec son caractère d'action, son ton, son geste et son extérieur, c'est un écrivain copiant, un animal d'habitude.
Pour se faire valoir, il faut remarquer les 'endroits où Ton a le mieux fait, chercher à quoi cela tient, et faire de ce pourquoi une règle, sans $6 nommer.
Graver l'idée fâcheuse par le plus de répéti-
tions possibles, en la faisant reparaître comme sujet, comme attribut, comme adjectif, comme adverbe, etc.
Outrez une vertu, un sentiment, une idée, un air, un ton, un geste, une expression, et rendez votre homme géant ou magot, vous le rendrez ridicule.
Ne jamais s'aparesser en travaillant, et toutes les fois (\n un mieux se présente dans Tensemble ou les détails d'un ouvrage, renoncer au bien et se saisir du mieux.
Promesses gasconnes : éclats de voix et de style.
Transitions passionnées, interrogations, apostrophes, etc., toutes choses qui rapprochent le style didactique du style dramatique, et lui donnent de la vie.
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Aller toujours au but dans chaque membre de la phrase.
Machines du style : rapprochements, contrastes, gradations, conglobations, etc.. Bal. Nat.y tom. Il, p. 275, pour Ténumération, table du troisième chapitre pour les déterminations.
Style aigu, hais; style doux, aimes; style élevé, admires.
Style, fils de renvois gradués de la tête au cœur.
Contracter l'habitude de se représenter la règle, et d'exécuter en la voyant ; de faire, de sang-froid, du style admiratif, indigné, compatissant, pleureur, naïf.
Il faut d'abord tâcher de connaître le dictionnaire et le répertoire de ses auditeurs ; et, comme tout se ressemble, puiser les exemples, les figures, les mouvements, les termes dans l'ordre des choses qu'ils connaissent le mieux.
Le fonds d'un écrivain n'étant pas le même que celui d'un autre, il ne faut pas rapporter leur style à la même mesure.
Des exemples jeunes et femelles feront aimer les préceptes.
Le meilleur style est celui qui fait supposer dans Técrivain la force d'âme, les douces affections et des vues élevées.
Les grands et fréquents mouvements du patiié-
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tique font aimer el mépriser un peu l'orateur; le style grave et monotone est celui du commandement, et impose Je respect.
Un proverbe n'est que la traduction d'une expression générale, en langue vulgaire, à l'aide de termes particuliers et fort connus.
Puiser dans les sources basses pour se rendre clair, dans les sources moyennes pour se faire aimer, dans les sources élevées pour se faire admirer.
Les sources basses sont : artisan, paysan, marchand; moyennes : les arts, Fhistoire, les conditions nobles ; élevées : les sciences, astronomie, rapports généraux et communs, grandes dimensions.
La grandeur d'une idée vient de la grandeur physique de l'objet dont cette idée est la repré-
sentation : rexpression se proportionne naturellement aux idées qu'elle exprime; ainsi, il faut meubler sa mémoire d'objets grands physiquement.
Les tableaux et les mouvements tirés de la famille sont les meilleurs, parce qu'ils sont communs dans une assemblée nombreuse.
Pour exciter une forte pitié en faveur de son client, il faut commencer par exciter l'indignation contre ses ennemis; car la commisération est Teffet d'un mouvement expansif moindre que celui de la colère : l'on revient aisément du dernier au premier.
L'imprévu est la base du style dans tous les genres.
Rien de plus oratoire que de demander le
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consentement de l'auditeur, d'un style et d'un ton plaintif : cette manière le rend sot et facile.
Citer peu et fondre toujours la citation dans le discours, de peur d'en couper le fil et de le refroidir.
Se rendre si familier avec sa matière, qu'on puisse la traiter en se jouant.
Musique du style.