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CHAPITRE XI

LOGIQUE DES CONTRACTIFS

Anatomiser un homme à l'aide des moyens du quatrième chapitre, et déterminer ses éléments par le moyen de la table des époques.

Ne point se mettre sur la défensive quand on est attaqué ; mais toujours la botte au corps, soit dans la parole, soit dans l'action.

Traiter son adversaire avec les plus grands égards, Fexcuser, l'encourager, le conseiller, le

tancer d'un air de supériorité, employer tour à tour le ton respectueux, amical, ironique, méprisant, froid, humain, raisonnable, léger, patriotique, plaintif, simple, naïf, etc.

Renverser ses majeures en accumulant ses exceptions, c'est-à-dire., des faits en sens contraire, et en profitant de cette partie de l'opinion publique qui fait préjugé contre lui.

Ajouter à ses preuves, à ses objections, et à ses réponses, d'autres preuves, d'autres objections, d'autres réponses en plus grand nombre, pour faire voir qu'il n'a presque rien vu dans le sujet.

Adresser tantôt aux qualités morales, tantôt

aux facultés intellectuelles ; lui refuser, en

! chaque lieu du sujet, la faculté dont il se pique,

len lui accordant celle dont il rougirait, en sorte

que tout compensé il ne lui reste rien.

VIÏ

Montrer les différences qu'il n'a pas saisies dans les faits ou dans leurs circonstances.

Faire semblant d'abord de lui donner raison, puis le renverser.

Faire deux aveux, soit en donnant à son adversaire bonne part dans ses confessions, soit en s'attribuant un défaut estimé, et en lui faisant cadeau d'une vertu bafouée.

Tirer de ses majeures des conséquences absurdes ou ridicules, par forme de concession.

Choisir des faits et des exemples dans les défauts personnels et actuels de l'adversaire, et, avec précaution, dans ses défauts naturels, soit pour appuyer sa propre proposition qu'on a établie, soit pour ridiculiser la sienne.

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Charger ses majeures, ses exemples et ses conséquences ; charger ses propositions particulières en les généralisant.

Nier, par une proposition contraire ou contradictoire, une proposition qui n'est pas exceptive.

Éplucher ses expressions et montrer qu'il ne sait pas écrire.

Lâcher un reproche, en faisant semblant de l'épargner.

Saisir le faible de son adversaire, et avoir toujours l'œil dessus.

Discuter ses autorités, prouver qu'il cite faux.

tronque les passages, ne les comprend pas, lord les faits.

Outrer Tanalyse, multiplier les divisions et les distinctions inutiles.

Le jeter dans le pyrrhonisme, en montrant qu'il n'a rien démontré, ce qui est toujours facile^ vu que les preuves ne sont que des analogies, et qu'il ne résulte d'un bon syllogisme qu'une probabilité.

L'égarer dans les questions de la liberté morale et dans le progrès à l'infini.

Prouver que son opinion tient à quelque système odieux, en avertissant qu'il ne s'en est pas aperçu.

Énoncer le problème sous forme interrogantc,

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et le poser de manière qu'il soit résolu par le seul énoncé ; ce qui sera facile en généralisant un exemple oii l'adversaire ait tort.

Déterminer ce qui est vague, et confondre ce qui est distinct.

Se pavaner dans toutes les parties qui manquent à l'adversaire, et se faire plus grand que lui dans les parties même oii il paraît exceller.

Attaquer d'abord son but; puis prouver que, son but fût-il bon, ses moyens seraient mauvais.

Chercher son faible, son ridicule et le peindre à Taide d'images et de mouvements pris dans la classe d'animaux ou d'hommes méprisés, à laquelle ses discours ou ses actions se rapportent.

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