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lions d.''hommes comme avec deux cents; mais que dix millions dUiommes, et même bien moins, ne pourroient subsister dans le même pays, unis entre eux, ou plutôt divisés par tous les rapports qui naissent de Tégalité des besoins, et par conséquent de l'opposition des intérêts, sans une forme de gouvernement qui règle les rapports et empêche le choc des intérêts , et que si Ton peut concevoir la Chine , ou tout autre pays, avec dix, vingt, trente ou cent millions d''habitans (nombre indifférent en lui-même, et purement contingent), on ne sauroit absolument le concevoir sans Texistence nécessaire d'un gouvernement quelconque.
Ainsi, quand je saurois , sur le rapport de mes sens , qu'il y a dans une famille un certain nombre d*'enfans que j'ai vus et connus , il seroit encore plus certain pour ma raison qu'il y a eu dans cette famille un père et une mère , quoique jamais je ne les eusse vus ni connus , ou même qu'ils fussent morts bien avant ma naissance, parce que l'existence de tel ou tel nombre d'enfans est purement contingente , . ou indifférente à être ou n'être pas, au lieu que l'existence d'un père et d'une mère, pour former une famille est rigoureusement nécessaire.
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Il esl possible à toute force que mes sens ou ceux d''autrui m'aient trompé sur le nombre des enfaus , ou que tel enfant , que j'ai cru appartenir à une famille , appartint à une autre ; mais il est absolument impossible que ma raison se trompe sur la nécessité d'un père et d'une mère pour former une famille. J'insiste sur ces deux exemples , parce que la nécessité d'un pouvoir dans un État, ou d'un père dans une famille, est une vérité du même ordre que la nécessité d'une cause première dans l'univers moral ou physique. Cette proposition de philosophie est en même temps un point de croyance religieuse, puisque l'apôtre nous dit que toute paternité , c'est-à-dire tout pouvoir public ou domestique, tire son nom et son autorité de Dieu : ex quo omnis paternitas in cœlis et in terra nominatur.
Enfin , pour en donner un dernier exemple , il est plus certain pour ma raison que le cercle rationnel, dont la géométrie me démontre les propriétés , est une figure terminée par une ligne dont tous les points sont également éloignés d'un autre point appelé centre, dont tous les rayons sont égaux entre eux , comme tous les diamètres ; qu'une ligne droite, extérieu-
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rement appliquée à sa circonférence , ne peut toucher qu^en un point, etc. etc. etc. qu'il ne Fest pour mes sens et mon imagination que le cercle matériel que je vois et que je touche est de bois ou de cuivre , parce que mes sens peuvent absolument me tromper sur la matière, indifférente en elle-même, dont le cercle est composé, et que ma raison ne sauroit se tromper sur les propriétés nécessaires du cercle rationnel j cercle à tel point différent du cercle sensible, que jamais mes sens ne peuvent apercevoir, ni former un cercle qui ait réellement les propriétés du cercle que je conçois, qui soit parfaitement rond, dont tons les diamètres soient absolument égaux, etc. etc. Qu'ion |)renne garde qu''il ne s'agit pas ici de la certitude physique (i), considérée en elle-même
(1) On n'a peut-être pas fait attention au rapport qui existe entre les différentes espèces de certitudes et les différens temps de la durée. L'homme vit par sa pensée ou ses actions dans le passé , le présent et rc<'e- «iV, et il a besoin de certitude pour tous les temps de sa vie morale ou physique. Ainsi la certitude morale se rapporte au passé , la certitude physique au présent, la certitude métaphysique à l'avenir, puisque ce qui tst certain , d'une certitude métaphysique, est ('f[ale-
et en général, qui offre à la raison des motifs suffisans de croire au rapport des sens, pourvu que leur rapport soit revêtu de toutes les conditions requises pour sa véracité; mais de la certitude physique de l'existence particulière de tel ou tel corps, comparée à la certitude métaphysique ou rationnelle d^ane existence nécessaire et générale. Sans doute Texistence de Tunivers est aussi certaine que Texistence de Dieu est nécessaire , puisque effet universel et cause universelle sont corrélatifs, et que , la cause supposée, Teffet existe, et réciproquement; mais Texistence de tel ou tel effet particulier et local n''a pas la même certitude , puisque non-seulement Dieu , mais Tunivers lui-même , peut exister sans tel ou tel corps , qui n'*a pas toujours existé dans Punivers, qui n'y existera pas toujours, et qui même auroit pu ne pas du tout y exister. Il est donc vrai qu''une existence nécessaire est plus certaine en soi , et pour la raison , qu'une existence contingente, indifférente à être ou à n'être pas,
ment certain dans tous les temps. Cette proposition , développée dans toutes ses parties , peut conduire à des rétultats importans.
«5o dîî: la cause première.
ne Test pour Fimagination; et la question se réduit à savoir, non si ces formes sensibles que nous appelons des corps sont contingentes , ce dont on ne sauroit douter; mais si ces formes ou ces corps supposés existans, il n^est pas nécessaire que quelque cause leur ait donné Texistence, donné le mouvement qui Pentretient, donné les lois en vertu desquelles elles reçoivent le mouvement, et si , contre toutes les notions de la raison universelle , manifestées par les locutions à la fois les plus familières et les plus générales, on peut admettre tant d''effets sans cause, de mouvemens sans moteur, des lois enfin sans législateur.
Il est vrai que les matérialistes se défendent d'admettre des effets sans cause , des mouvemens sans moteur, des lois sans législateur, en avançant que la matière en général, ou la nature, par son énergie, a produit, uni et ordonné la matière et même Tinlelligence; mais ils déguisent en vain leur matière en général, et les qualités occultes qu'ils lui attribuent gratuitement sous les noms vagues, et détournés de leur véritable sens, àe matière Già' énergie .'énergie ne signifie qu'une plus grande intensité dans le mou-
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vement reçu ; la matière en général nVxisle pas hors de Pagrégation des corps particuliers, et matière est un mot collectif qui exprime cette agrégation , comme cent est un mot collectif qui exprime Taddition, Tune à Tautre, d'un certain nombre d'unités ; et leur sophisme , dépouillé de ces grands mots et réduit à la plus simple expression, aboutit à cette proposition contradictoire, que la cause et Veffet sont un même être considéré sous deux rapports différens , puisque, dans leur système, la matière a produit, mu et disposé la matière. Mais, loin que les mots cause et effet, partout usités et partout entendus, présentent l'idée d'un même et seul être, ils expriment au contraire, même par leur opposition , deux êtres tout-à-fait distincts Tun de l'autre, et entre lesquels se trouve la relation ê^ actif et de passif, qui constitue la distinction la plus marquée qui puisse exister entre deux êtres ; et il y a bien peu de philosophie il penser que, dans aucune langue et chez aucun peuple, il puisse y avoir deux mots opposés pour exprimer un même objet.
D'ailleurs, à prendre cette vérité dans sa racine, les mots cause, moteur, législateur, por-
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(entpar eux-mêmes dans les esprits ridéed''un être intelligent, libre, actif, qui agit avec connoissance et volonté-, et ce sens a été reçu, et même a passé en loi dans la société, puisque riîomme n'est responsable que des faits dont il est cause j et non de ceux dont il n'a été que Yoccasion. Matière présente^ au contraire, Vidée d'inertie, de passivité d'action reçue; il y a donc contradiction dans le sens comme dans les termes, à supposer que la matière puisse être cause, c'est-à-dire que ce qui est inerte puisse être actif, que ce qui reçoit l'action puisse la faire ; et le terme diénergie qu'on emploie, parce qu'on n'ose pas se servir de celui d'intelligence, ne signifie absolument rien autre chose que l'embarras où Ton est de sauver cette contradiction.
Ainsi les matérialistes veulent que la matière ait produit, ait mu, ait ordonné la matière et même l'intelligence, et ils ne peuvent absolument rien alléguer dans les relations connues des êtres d'où ils puissent inférer la possibilité de cette production, et l'action directe de la matière sur l'intelligence. Les spiritualistes soutiennent, au contraire, qu'un principe intelligent a pu seul produire l'intel-
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ligence, et même ces formes sensibles que nous appelons la matière, et ils ont pour eux une raison d^analogie prise de Taction de la volonté sur les organes matériels, pour y produire des mouvemens qui sont une véritable création instantanée et intérieure, et qui, appliqués aux corps extérieurs, produisent toutes les merveilles de Tindustrie humaine, qui sont aussi des créations, et qui en portent même le nom. La raison ne voit aucune contradiction à admettre qu''une intelligence infinie ait pu, par sa seule volonté, produire les formes premières des corps, puisqu'une intelligence bornée peut aussi, par sa seule volonté, produire et varier leurs formes secondes, soit dans son propre corps , où elle excite des mouvemens physiques par la seule opération intellectuelle, soit, ce qui est plus étonnant et même incompréhensible, dans un grand nombre de corps étrangers au sien, et dont elle peut, même absente, déterminer la volonté et commander l'action -, et il crée aussi Thomme qui dit à son semblable : « Veux, » et il veut ; « fais, M et il fait.
Que signifie donc cette assertion mille fois répétée, et répétée sous toutes les formes, que
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nous ne connoîssons pas la cause première, et qu'elle est pour toujours dérobée à notre investigation ? Il y a encore là un sophisme a démêler; car, comme l'enfer de la fable, les portes de l'athéisme ne sont gardées que par des fantômes.
Revenons à la distinction fondamentale de notre être pensant en faculté à'idéer ou de concevoir des idées, ou en faculté d'imaginer ou de nous former des images. Par celle-ci nous connoissons les objets particuliers et matériels, par celle-là les objets généraux et intellectuels.
y imagine un arbre , une maison^ j'idee ou je conçois Tordre, la raison, la justice, etc., et comme, par les images, je connois tout ce qu'il m''est possible de connoître des objets matériels et fîgurables, je connois, par les idées, tout ce qa''il mVst possible de connoitre des objets intellectuels. Mais c'est une vérité importante de l'analyse de Tesprit humain, et qui, ce me semble, n'a pas encore été aperçue, ou du moins suffisamment développée, que ces deux facultés à^idéer ou concevoir et à'imaginer sont distinctes l'une de l'autre à tel point, que nous ne saurions imaginer ce que nous conce-
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cevons, ni concevoir ce que nous imaginons^ ou, en d^aulres termes, que nous ne pourrions nous former des images de nos idées, ni des idées de nos images. Je vois, je touche, je sème unegraine ; elle se développe en s''assimilant les sucs qui lui sont propres ; je vois qu''elle a crû, poussé des branches, et qu''elle s''est chargée de feuilles, de fleurs et de fruits. J'aiPimage distincte d''un arbre, de ses différentes parties, de son développement successif, et même des agens extérieurs, ou des moyens extérieurs de son accroissement, choses toutes matérielles et qui font sensation et image; mais je n'en peux savoir d'avantage, je n'ai point de ces objets des notions autres que les images qui me les représentent, et je m'expose à dire des absurdités, si je veux raisonner sur l'essence de cet arbre, et aller au-delà de ce que mes sens m'en rapportent ou peuvent m''en rapporter. J'ai ridée distincte d'ordre, de raison, de justice, de pouvoir, de devoir, de volonté^ etc., puisque les mots qui expriment ces idées sont ÔLun usage habituel dans le commerce des esprits -, mais je nè^ peux ni les voir, ni les toucher, ni les sentir. Mes sens ne m'en rapportent aucune sensation, mon imagination n'en
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perçoit aucune figure, et, si elle veut les figurer, elle est obligée d'emprunter des images ri la nature matérielle, àe personnifier ces idées, €""€81- à-dire, de les faire hommes ei personnes, et de peindre, par exemple, la justice sous la figure d'une femme qui tient un glaive et des balances, la Divinité sous la figure d'un vieillard, etc. Ma volonté ordonne à mon bras de se mouvoir, fai l'idée de cette volonté, j'ai l'image de ce mouvement ; mais puis-je me former l'idée de ce mouvement ou l'image de celte volonté? Non, assurément, et je ne peux pas plus imaginer ma volonté que concevoir comment le mouvement de mon bras en est la suite, et tous les efforts de mon esprit n'aboutiront jamais à me donner de ma volonté une idée autre que l'idée simple et distincte exprimée par le mot volonté, ni à me représenter le mouvement de mon bras d'une autre manière que celle que mes sens me rapportent. Nous connoissons la Divinité comme cause, ordre, sagesse, raison, puissance, etc., premier moteur du monde, desmouvemens ou de la matière, législateur suprême du monde des rapports, ou de la société ; ces idées sont distinctes, et même les plus distinctes qu'il nous
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soit possible de concevoir, puisqu'elles sont la base sur laquelle reposent Tédifice de la société et la conduite de la vie; que les mots qui les expriment, partout usités, partout entendus, sont dans le commerce des esprits comme une monnoie courante destinée à faciliter rechange mutuel desidées ; et quVnfin les notions de morale, dont ces idées sont le fondement , sont, même parmi les simples , bien plus répandues que les connoissances de physique. Si même nous avions besoin d"'aider sur ce point la foiblesse de notre intelligence, nous n'*aurions qu^à réfléchir sur ce qui se passe sous nos yeux, et à rentrer au dedans de nous-mêmes , pour connoitre les hommes, pour nous connoitre nous-mêmes, comme causes secondes d^effets particuliers, moteurs de mouvemens partiels , législateurs de lois locales, comme étant aussi en quelque chose ordre , sagesse , puissance, etc., et nous pourrions en conclure, par une analogie irrésistible, la nécessité d'une cause universelle pour Tuniversalité des effets, d'un moteur universel pour les mouvemens en général, d'un législateur suprême pour les lois premières et fondamentales, d'une raison générale, d'un pouvoir et d'un ordre essen-
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tiels, source des pouvoirs subordonnés de Tordre local, et règle de la raison humaine et particulière.
On peut même s'élever ici à de plus hautes considérations. Dieu est présenta tout, et tout, même en nous, nous conduit à l'idée de la Divinité; nos sensations, parce que notre esprit, infatigable dans sa curiosité, cherche toujours à remonter de fait en fait, jusqu'au premier fait qui a été la cause des impressions qu'il a reçues ; nos aflfections, parce que notre cœur , inépuisable dans sesdésirs, veut nécessairement le bien, et même son plus grand bien; nos jugemens enfin, parce que notre entendement s"*élève par sa tendance naturelle aux idées générales, et ne découvre en tout le beau et le bon que dans les idées d'ordre , de justice , de vérité, etc.
Ainsi, toutes les fois que nous cherchons une cause, que nous désirons un bien, que nous pensons à l'ordre en quelque chose , on peut dire que nous pensons la Divinité, même lorsque nous ne pensons pas actuellement à Dieu , parce que nous faisons à un objet déterminé une application de Tidée générale de la Divinité qui est cause prc-
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liiière, bien suprême, ordre essentiel, justice, vérité, etc.
On peut même, sans sortir des relations ordinaires de la société, trouver des exemples de cette manière générale de considérer un objet qu'on n*'a pas actuellement et expressément présent à Tesprit. Quand j'obéis à Tautorité, même des agens subalternes d''un gouvernement, je cède, sans y penser, au pouvoir souverain dont elle émane , et j''ai certainement une idéegénérale du pouvoir, quoique jepuisse ne pas penser expressément à la personne du prince.
Ainsi, sur des objets matériels, Timaginalion se figure des parties, elle les dénombre, les mesure et les dispose ; Tentendement va plus loin, et il voit Vordre dans la disposition, 17/2- Jini (i) dans le nombre, Véternité dans la durée ; s'il ne voit pas en Dieu la totalité des êti'es comme Ta soutenu un philosophe, il voit Dieu dans la généralité de Têtre, ou dans les idées générales de Pêtre , ou plutôt il le
(1) Ou ne peut s'empêcher de remarquer qu'on avoit, il y a quelques années , banni l'expression à^injini de l'enseignement géométrique , et qu'on a été obligé d'y revenir.
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pense, et il Pexprime aussi dans la langue des généralités par les mots d''ordre, de sagesse, de justice, de vérité , de perfection , de cause, etc.
Ainsi, ôtez Dieu de Tunivers, et vous effacez de nos esprits les idées de cause , de pouvoir, d^ordre, de perfection, etc., et vous bannissez du langage les mots qui expriment ces idées, ces mots, qui sont autant de noms de la Divinité, et des traductions dans la langue philosophique et rationnelle du mot Dieu, ou de ses équivalens dans les langues usuelles et historiques.
Ainsi, et je ne saurois assez le répéter, nous pensons Têtre de Dieu dans les idées générales, mêmelorsque nous ne pensons pas à son existence, ou même que nous la nions par nos idées particulières. Nous Taffirmons dans une langue en mên>e temps que nous le nions dans une autre ; nous pensons par lui , même lorsque nous ne pensons pas à lui; c^est la lumière que nous ne voyons pas et par laquelle nous voyons tous les objets, c'est la vie que nous ne sentons pas et qui fait que nous sentons. Il est le Dieu caché comme il s'appelle lui-même, Deus ahsconditus ; caché dans le monde in-
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tellectuel sous le nom de vérité, caché dans le monde physique sous le nom de cause, caché dans le monde moral ou social sous le nom de pouvoir, caché même au fond de nos cœurs dans Pimmensité de nos désirs, et le vague de nos espérances. En lui, nous vivons, puisqu^il est le père de la vie ; en lui , nous nous mouvons, puisqu'il est le premier auteur du mouvement; en lui, nous sommes, puisqu*'il est la source de l'être ; in ipso vivimus, movemur et sumus (i).
Ce ne sont point des idées abstraites, mais, ce qui est bien différent, des idées simples et générales. Dieu est présent à toute la nature par ses lois, comme le prince est présent à toutes les parties de son État par l'exercice de la justice, la direction de la force, les soins de l'administration. Le pouvoir même humain et politique est présenta tout, quoique \a personne de rhomme-prince ne soit réelle et sensible qu'aux lieux qu'il habite.
Nous connoissons donc la cause première ou la Divinité, et nous la connoissons par notre entendement ou notre raison, seule faculté en
(1) Épître de saint Paul.