‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 3 sur 8 · DU POUVOIR SUPREME OU DE LA SOUVERAINETE · texte numérisé non relu

DU POUVOIR SUPREME OU DE LA SOUVERAINETE

J 'appelle pouvoir sur la société l'être, quel qu'il soit, qui veut la conservation de la société, et ({wifait pour sa conservation, l'être qui manifeste une volonté, et commande une action conservatrice de la société; l'être, en un mot, qui a, dans la société' et pour la société, le VOULOIR et le faire.

Cette définition convient à toutes les opinions, et elle est reçue par tous les publicistes qui distinguent \e pouvoir en législatif ou qui veut, et en exécutif ou (^mfait.

Cette définition convient à tous les états de la société; depuis la création elle-même, oii un être appelé Dieu a,

selon les théistes, voulu Qi fait toutes choses, mandaçitet creata 5wwt^ jusqu'à la simple famille, oii un être, appelé homme, veut etjait pour la production et la conservation de sa famille.

Dans ce sens, pouvoir n'est pas différent de cause. De là vient, sans doute, que ceux qui nient l'existence de toute cause prem,ière, ont une secrète disposition à se soustraire à la dépendance de tout pouvoir public.

Comme l'être qui pense et qui agit a seul le vouloii^ et Xefaire, seul il a, ou plutôt seul il est pouvoir, seul il est cause. Les êtres que nous appelons matériels, même ceux en qui nous apercevons un instinct sans volonté^ et des mouvemens sans actio7i, n'ont que des facultés, et ne sont qu'occasion des effets qui arrivent (4).

(1) Condillac donne aux animaux des idées particulières et des idées abstraites, à la vérité en pdtit nombre. Il ne peut pas refuser à plusieurs d'entre eux la fa-

Non-seulement l'être qui pense et qui agit est seul pouvoir^ mais il est toujours pouvoir^ par cela seul qu'il est pensant et agissant. Ainsi, l'homme est toujours et iparioui jjouçoir sur lui-même et pour sa propre conservation, même lorsqu'il n'est pas pouvoir sur des êtres semblables à lui.

Ce pouvoir sur soi-même , le premier et le plus rare de tous, qui place l'homme, seul de tous les êtres visibles, dans la main de son conseil^ ce pouvoir, égal

culte d'articuler. Je demande ce que l'homme a reçu de plus. Ce soplinte , sans imagination comme sans génie , ne sait embellir ni la vérité , ni l'erreur : sec et triste , parce que sa doctrine conduit à l'athéisme , et qu'il confond sous la dénomination commune à! idées abslrailes, les idées générales, comme celles à^ ordre, de sagesse^ etc. , et les idées collectives de blancheur, d^ acidité. C'est là le venin de sa métaphysique , digne du succès qu'elle obtient dans les écoles modernes. Il a de la clarté et de la méthode dans les idées, par la même raison qu'un homme sans forttme a de l'ordre dans ses affaires. Son frère, autre esprit faux , a rempli d'erreurs sa Politique hypothétique.

chez tous les liommes, et par lequel tous les hommes quand ils ne le laissent pas usurper à leurs passions, sont véritablement libres et égaux ; ce pouvoir sur soi , insurmontable à tout autre qu'a Dieu, qui lui laisse sa liberté, même en triomphant de sa résistance ; ce pouvoir constitue la dignité humaine, et rend l'homme semblable à Dieu et supérieur à la matière.

Il est à remarquer que l'homme désire plus vivement le pouvoir sur les autres, à mesure qu'il en a moins sur lui-même. De la les troubles que les médians excitent dans la société.

J'ai parlé de Dieu, et ce mot, signe de contradiction j divise les hommes en deux classes, de théistes, qui admettent l'existence de Dieu, et à'' athées qui la nient j car où le théiste affirme, l'athée ne lait que nier : c'est un conquérant qui ne laisse après lui que des ruines.

Ces deux opinions ont une liaison trop

iinmëdiate avec les questions qui nous occupent, pour qu'il nous soit permis de les passer sous silence.

Les théistes sentent que l'homme est volonté et action. Ils observent en euxmêmes toute volonté suivie d'une action comme de son effet, et hors d'eux-mêmes toute action déterminée par une volonté comme par sa cause : les effets sont sensibles, locaux, successifs, et disposés, suivant certaines lois, vers une fin qui est production et conservation.

La cause ou volonté n'est ni sensible, ni locale, ni successive j on idée {\ ) la cause,

(1) Le mot idéer nous manquoit. Nous le devons au célèbre Massieu , ou plutôt à son illustre maître.

Les physiologistes modernes nous disent : « La jus- « tesse de nos conceptions dépend de l'état de notre » cerveau. Donc le cerveau est la raison de la pen- >■ sée ». Ce raisonnement est de la même force que celui-ci : « La justesse du tir d'une arme à feu dé- » pend de la rectitude du canon. Donc le canon est » la raison de l'explosion ». Le cerveau est le moyen actuel de la pensée , comme le canon le moyen de la poudre.

— 5o — on imagine l'effet, c'est-k-dire, qu'il fait image dans notre esprit, ou qu'il existe en nous une sensation; car imagiîie?^ ne veut dire qnHinage?*. Les théistes considèrent autour d'eux, et ils perçoivent par tous les sens un nombre immense d'effets sensibles, imagiîiables par conséquent, locaux, successifs, oi^donnes aussi vers une fin de production et de reproduction. Ils aperçoivent donc tous les caractères d'une action immense , universelle, appelée uniçerSy et y idëent par conséquent la raison d'une volonté puissante, universelle, cause première de tant d'effets.

Cette conséquence est raisonnable, puisque la raison n'est que la perception du rapport des causes aux effets et des effets aux causes, et qu'elle est bon sens ou génie, selon que les rapports qu'elle perçoit sont vastes, importans et nouveaux.

Cet être volonté universelle, cause

— 5i — première, a été connu de tous les peuples, et exprimé chez presque tous par un signe monosyllabique, signe le plus simple de l'idée la plus générale, c'està-dire, la plus simple.

Les athées reçoivent aussi par tous les sensVaction des objets extérieurs; mais ils ne la supposent point Jait ou effet y ne savent même pas si elle n'est pas cause, et n'y croient point de volonté : ils ne pensent, pour ainsi dire, que fiég-atiçement, ce qui appauvrit leurs facultés intellectuelles, au point que jamais découverte utile a la société ou vaste conception n'est sortie du cerveau d'un athée ; ils croient concevoir une action universelle sans volonté qui la détermine, parce que, dans le vague de la rêverie, ils imaginent un mouvement indéfini ^aca^ impulsion qui le commence; mais comme la raison humaine, toujours raison, ou conséquente jusque dans ses erreurs ne sauroit se fixer à

une opinion qui contredit le principe i'ondamental de toute raison, l'éternelle et nécessaire correspondance de l'effet et de la cause, de l'action et de la volonté, les athées, non pas ceux qui affichent leur athéisme, mais ceux qui le raisonnent , tombent inévitablement dans le pyrrhonisme, nient l'effet après avoir nié la cause, nient l'action après avoir nié la volonté, nient l'univers, nient Dieu, se nient eux-mêmes. Là finit la raison humaine.

Les athées tiennent donc l'opinion moyenne entre les théistes qui admettent effet et cause, et les pyrrhoniens qui nient l'un et l'autre, ou plutôt qui doutent s'ils nient; et l'on peut remarquer dans plus d'un genre que les opinions moyennes y qu'on décore quelquefois du nom de modérés^ germent naturellement dans les esprits moyens :

(( Esprits d'entre-d'eux, dit très-bien Pas- » cal, qui font les entendus; ce sont ceux-

)) là qui troublent le monde , )) parce que la vérité n'est pas dans le milieu comme la vertu.

Les hommes, demande l'athée, ontils l'idée àHnJinij àHmmeîise, di^ éternel? Oui. Car ces mots n'auroient pas cours dans le commerce des hommes instruits, et comme ces monnoies étrangères qu'on ne prend que pour la matière, ils ne vaudroient que par le son, si les hommes qui se les transmettent habituellement n'y attachoient une idée ; et si ces mots éte?^nitéy immense, infinité^ cause pi^emière et leurs semblables ne signifioient pas ce qu'ils doivent signifier, il n'y auroit aucune différence à les prononcer devant des hommes sensés, ou à dire comme le Médecin malgré lui, quand il veut parler latin, ossabundus, pota- Hnum, quipsa, milus. Mais les hommes ont-ils toutes les idées, ou plutôt l'idée de tous les attributs de l'infini, de l'éternel, etc.? Non, sans doute; comme

le paysan qui sait ce qu'est un cercle aussi bien qu'un géomètre^ et qui en connoît même quelques propriétés, n'en connoît pas, comme le savant, toutes les propriétés; comme les géomètres euxmêmes connoissoient le triangle et neconnoissoient pas tout le triangle avant que l'on eût trouvé la propriété du rectangle connue sous le nom du carré de V hypothénuse .

On voit encore qu'on pourroit classer les athées et les théistes, en hommes à imagination qui ne veulent admettre que ce dont ils peuvent avoir la sensation ou l'image, et en hommes à conceptions qui admettent tout ce dont ils peuvent idée?* la raison.

Les athées prétendent donc que l'homme a inventé Dieu comme un épouvantail pour asservir les peuples. On leur a répondu par des preuves tirées de la nécessite de l'être , qui ne sont pas à la portée de tous les esprits , ou par la con-

sidération de l'univers dont les philosophes ne veulent pas se contenter. On pourroit, ce me semble, aller plus loin et prouver, 1 ° que l'homme n'a pas pu inventer la Divinité , parce que l'esprit de l'homme ne peut combiner que des rapports entre des êtres déjà connus, comme son industrie se borne à varier les formes d'une matière déjà existante; qu'inventer un être seroit le créer, et qu'ainsi que l'artiste le plus habile ne dilïere plus du maladroit qu'en ce qu'il donne à la matière des formes plus heureuses j le philosophe le plus profond ne diffère de l'homme le plus borné qu'en ce que l'un saisit des rapports justes entre les êtres, et que l'autre les ignore. Et de là vient qu'on a trouvé à la fois chez les sauvages les plus abrutis la connoissance de quelque être bon ou méchant supérieur à l'homme , et l'ignorance des rapports de l'homme avec la Divinité.

2° Qu'un homme ne peut pas parler aux hommes d'un être qui ne peut pas être, et être entendu d'eux de manière à régler leurs volontés et leurs actions ; car on ne peut parler aux hommes que de ce qu'ils connoissent : l'homme qui instruit développe les rapports et ne donne pas des idées , et l'on ne peut pas plus faire idéer V impossible, que faire imaginer V inexistant (1 ).

5° Une autre preuve de l'existence d'un être intelligent supérieur à l'homme, preuve plus sensible et dont le développement offriroit un grand intérêt.

(1) S'il n'y a en nous aucune vérité antérieure aux leçons de nos maîtres , pourquoi ne puis-je pas dire à un enfant que la ligne droite est la plus longue entre deux points, et bâtir sur cet axiome une géométrie inverse et négalii'e? L'expérience redressera l'enfant, dira-t-on. Vous admettez donc l'idée générale d'un ordre immuable ; car cette idée est le seul fondement de la certitude générale que nous tirons d'expériences particulières, soit qu'elles soient individuelles ou collectii'es, car le collcclij n'est pas le général.

est tirée du langage des hommes. La métaphysique moderne a fait un grand pas en prouvant que l'homme a besoin de signes ou mots pour penser comme pour parler ; c'est-à-dire , que l'homme pense sa parole avant déparier sa pensée, et c'est ce qui fait qu'il s'énonce avec peine toutes les fois qu'il veut rendre dans une langue étrangère ce qu'il pense dans sa langue maternelle. Il en résulte que l'homme n'a pas pu inventer les signes, puisqu'il ne peut inventer sans penser, ni penser sans signes. Ici l'expérience confirme le raisonnement, puisque nous voyons constamment la faculté de parler sans exercice , lorsque la faculté d'ouïr est sans activité. Il faut donc recourir à un autre être que l'homme , pour expliquer, non la faculté d'articuler, dont les animaux mêmes ne sont pas totalement prives , mais l'art de parler sa pensée, particulier à l'homme seul et commun à tous les hommes 5 cette vérité

sera tôt ou tard mise dans le jour qui lui convient. Depuis long-temps Jean- Jacques Rousseau y a été conduit en discutant le Roman absurde de Condillac.

(( La parole, dit-il, me paroît avoir été )) fort nécessaire pour inventer la pa- )) rôle ; )> et de meilleurs esprits, plus exercés que le sien à ces liantes spéculations, Bonnet, Hugh-Blair et Sicard, conviennent « que les pliilosoplies n'ont )) fait encore que balbutier sur l'objet im- )) portant de la formation du langage, » et pensent, ou que le créateur a communiqué à l'homme les éiémens du langage, laissant a la société le soin de les développer, ou, ce qui revient au même, que le Créateur a fait l'homme 'parlant (1).

(1) L'institution des sourds-muets consiste à leux* faire entrer par les yeux les signes que nous reçevous par les oreilles ; jusque-là les sourds»inuets ne pensent que par imat^es : c'est ce qui fait qu'on les instruit perpétuellement par le dessin.

Je reviens à la société. Les théistes la considèrent aussi comme une grande action, puisqu'elle est sensible , locale, successive , ordonnée , suivant certaines lois, vers une fin qui est la conservation des êtres. Toujours conséquens, ils voient une volonté sociale qui dirige cette action sociale, une cause qui produit cet effet.

Cette cause, nous l'avons appelée jooi^t;o2> suprême ou souveraineté ; et ici naît le dogme de la souveraineté de Dieu , selon les uns, potestas eœ Deo est, et celui de la souveraineté de l'homme ou du peuple, selon les autres : opinions célèbres, exclusives l'une de l'autre, puisque la raison dit qu'on ne peut pas supposer une cause première sans lui attribuer un pouvoir souverain, et que les faits prouvent que l'opinion de la souveraineté du peuple a toujours suivi ou précédé, dans un Etat, la propagation de l'athéisme.

S'il y a des athées qui rejettent la sou-

— 6o — veraineté du peuple, et des théistes qui l'admettent, c'est que les hommes, rarement conséquens, sont presque toujours meilleurs ou pires que leurs opinions.

Les théistes qui ne placent pas la souveraineté dans Dieu, sont les déistes^ qui ont un nom commun avec les théistes , et des principes communs avec les athées; semblables à ces petits princes qui , placés entre des puissances belligérantes, sont tantôt pour l'une, tantôt pour l'autre, et périssent par toutes deux. Les déistes admettent le Dieu créateur, et rejettent le Dieu conservateur et législateur. C'est encore là une opinion moyenne.

Les théistes, ou plutôt le théisme, place donc le pouvoir suprême sur les hommes en société, hors des hommes dont il doit régler la volonté et diriger les actions, tel que ce célèbre mathématicien qui, pour soulever la terre,

— 6i — demandoit un point d'appui placé lioi^s de la terre; et l'athéisme place le pouvoir suprême sur les hommes dans les hommes mêmes qu'il doit contenir, et veut ainsi que la digue naisse du torrent.

Le germe de cette dernière opinion est dans une idée fausse sur la société ; idée , au reste , qui de voit naître dans un siècle à*agio, et chez des esprits que la cupidité a dirigés tous vers les spéculations mercantiles. On a joué sur les mots, et comparé la société politique, société nécessaire , a une société de commerce, qui n'est qu'une association contingente et volontaire, et l'on a prétendu que les hommes avoient mis en commun leurs intérêts sociaux, comme ils y mettent leurs intérêts pécuniaires , leur être comme leur avoir. Mais ces politiques de comptoir, qui abondent en Europe, n'ont pas fait attention que, dans une association commerçante, les

hommes mettent en commun de la cupidité pour la satisfaire et de l'argent pour en gagner, au lieu que dans la société, ils mettent chacun leur cupidité, leur orgueil, leur ambition, leurs passions enfin, et qu'il doit en résulter un désintéressement général, une obéissance générale, une modération générale, une raison générale enfin qui comprime toutes les passions, et les passions de tous.

Et qu'on ne dise pas que si les hommes portent dans la société leurs passions, ils y portent aussi leur raison et leur bonté; car s'ils avoient seulement autant déraison que de passion, c'est-à dire, autant de force qu'ils ont de foiblesse, ils n'auroient besoin d'aucun culte, d'aucun gouvernement, d'aucun état public de société. Mais la société publique est le moyen nécessaire de la conservation du genre humain, puisqu'en elle est le pouvoir qui réprime les passions des-

tructives des hommes. La société est donc réglée et ordonnée par la raison de l'Etre suprême, qui est dans la société', ou plutôt en qui est la société, comme dans le créateur des êtres et l'auteur des moyens nécessaires de leur conservation; et, bien loin que les hommes livrés à eux-mêmes eussent consenti à se placer dans un état qui exige le sacrifice de leurs passions personnelles, placés forcément dans cet ordre social, toujours antérieur à l'existence de chacun, puisqu'il résulte nécessairement de la multiplication de tous, ils se refusent à ce sacrifice , retiennent , chacun à part soi, cette mise commune, semblables à des associés infidèles, profitent, pour se nuire les uns aux autres , des affaires qui les rapprochent, et s'oppriment réciproquement partout où ils ne portent dans la communauté que ce qu'ils ont chacun de raison et de bonté.

Ces deux systèmes sur la souverai-

neté dans la société, correspondent parfaitement à. deux systèmes sur la souveraineté de l'homme sur lui-même ou sur sa raison : les uns ne donnent d'autre règle a. sa raison que sa raison même 5 les autres lui donnent, dans une loi divine, une règle supérieure à sa raison.

De là suivent, pour l'homme et pour la société , deux effets entièrement semblables; l'impossibilité de redresser la raison humaine si elle s'égare, et le peuple souverain s'il abuse de son pouvoir : et parce que tout être irréformable est nécessairement infaillible, puisqu'aucun être ne peut le faire apercevoir qu'il a failli, les mêmes philosophes ont été entraînés a soutenir la rectitude naturelle de la raison humaine, et l'infaillibilité du peuple, et en sont venus jusqu'à ces deux principes, l'un religieux, l'autre politique, textuellement avancés et hautement soutenus par les réformateurs religieux du quinzième siècle et par les

législateurs révolutionnaires du nôtre; ces deux principes semblables dans le sens et même dans les termes, et dont je prie le lecteur de méditer le parallélisme : l'un,

Que la raison des hommes na pas hesoin d' autorité visible pour régler sa croyance religieuse^

Principe de la révolution religieuse de Luther et Calvin, qui abolit l'autorité visible de l'Eglise, et consacre le sens privé et l'inspiration particulière ; l'autre,

Que l'autorité des hommes na pas hesoin d'avoir raison pour valider leurs actes politiques.

Principe de la révolution politique avancé par Jurieu contre Bossue t, et répété dans les mêmes termes à l'assemblée constituante par des orateurs qui ont péri victimes de ses conséquences.

Les théistes croient au contraire que

l'intelligence souveraine donne des préceptes à la raison humaine, et la redresse si elle s'en écarte; qu'elle donne des lois aux sociétés, et les y ramène, si elles les violent, par les malheurs mêmes qui naissent de leur désobéissance.

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