CHAPITRE l
» de ses desseins utiles, et à s'opposer aux opi- » nions nouvelles. Ces opinions prirent nais- » sance dans ce siècle où plusieurs papes eurent » des vertus. On ne souffroit pas beaucoup » alors des excès de la papauté, mais on en » craignoit le retour. Les maux étoient dimi- )) nues, et l'impatience étoit augmentée. Luther » n'étoit pas un homme de génie , et il changea » le monde. Le livre de Calvin parut , et le » chrétien de Calvin est nécessairement dé- » mocrate... Tous les sectaires plus ou moins » tendoient à l'indépendance. » Je reviens à mon sujet.
« Le concile de Latran, dit Fleury, avoit » très - sagement défendu d'instituer de nou- » veaux corps religieux. » Mais la cour dé Rome crut que les maux de l'Église et les besoins de la religion demandoienl des secours extraordinaires, et peut-être aussi que quelques papes, irrités des obstacles que le clergé et les universités a voient opposés à des prétentions qui n'avoienl jamais été parfaitement éclaircies, regardoient comme nécessaire l'institution d'une milice plus disponible en quelque sorti» pour les fonctions ecclésiastiqufis , et
plus dévoilée à leurs volontés, u II cùl . ce sein-
■il* TRAITE Dl MIMSTEKK PUBLIC,
» ble, été plus utile, reprend Fleury, que les » évèques et les papes se fussent appliqués sé- » rieuscment à réformer le clergé séculier, sans » appeler au secours ces troupes étrangères. » Quoi qu'il en soit, les papes favorisèrent rétablissement des religieux mendians (1). Mais trop frappés peut-être des abus qu'entrainoient les richesses de l'ancien clergé, ils ne firent pas assez d'attention aux suites probables de la pauvreté à laquelle le nouveau se condamnoit, et en voulant réprimer le luxe, ils ouvrirent la porte à l'avarice, qui se nourrit de désirs
(i) Il faut dire cependant que le pape Innocent III faisoit difficulté d'approuver le nouvel institut de saint François; mais le cardinal de Saint-Paul, éveque de Sabine, le détermina par des raisons qui font honneur à sa piété plus qu'à son jugement. Il demanda au pape s'il vouloit condamner l'Evangile. Ce n'est, au reste, qu'avec les égards dus à la papauté qu'on peut parler des erreurs, ou môme des vices de quelques papes, et comme des enfans bien nés parlent des torts de leur père. Depuis un demi-siècle, les écrivains même catholiques se permettoient sur la cour de Rome la censure la plus aigre, et souvent la plus injuste. Il est intéressant de remarquer dans les relations quelquefois épineuses des parlemens avec les papes, les égards et le respect que les magistrats allioient avec des procédés même sévères.... C'est ce qu'on ne doit jamais oublier.