CHAPITRE IV
vernemens d'Europe réforment tout chez eux hors eux-mêmes ; il faut beaucoup de religion , et de religion trcs-éclairée , dans les princes, pour entreprendre des réformes dans la religion.
Les grands Etats, placés par l'effet de la guerre présente dans des limites plus naturelles , et par là plus fixes , tous d'une force à peu près semblable, auront à l'avenir beaucoup moins de cette inquiétude qui leur inel toit sans cesse les armes à la main , et qui n'est presque jamais qu'un indice de lu fausse position dans laquelle un Etat est placé; et la prépondérance décidée des premières puissances empêchera les puissances du second ordre de troubler la paix générale. Cet effet, sans doute, ne sera pas sensible peut-être de longues années : après une grandie guerre, comme après un grand procès, il reste beaucoup d'incidens à régler; mais l'Europe prendra une tendance générale au repos, et l'on peut assurer qu'il 3 aura moins de grandes guerres, lorsqu'il y aura moins de petits Etats. Les grandes puissances pourront doue un jour diminuer leurs troupes soldées, pour augmenter la force publique que Ton ne solde* point, cette force qui, liée Inti
mement à la constitution, peut seule la défendre des révolutions, plus à craindre désormais que la conquête, et contre lesquelles un Etat se défend avec la fidélité de ses ministres , plutôt qu'avec la bravoure de ses soldats.