‹ ŒuvresChapitre 118 sur 186 · CHAPITRE M. o · texte numérisé non relu

CHAPITRE M. o

Dieu en français, et qu'elle s'appuyoit, au besoin, même des chefs du parti réformé. Elle lit révolution dans les habitudes des nobles , en tirant leurs femmes de la famille , où elles avoient vécu jusqu'alors livrées aux soins domestiques, pour les attirer à la cour, leur inspirer le goût des plaisirs et des affaires, et en faire des instrumens de politique et des moyens de séduction. « On fixe ordinairement , » dit le savant P. Griffet , « l'époque (de cette irrup- » tion des femmes dans l'État ) au règne de » François Ier; mais on peut dire que la reine » Catherine de Médicis, par politique, ou par )> goût pour la représentation ou pour les plai- )> sirs, et peut-être portons ces motifs ensemble. » rendit le nombre des daines de la cour beati- » coup plus grand qu'il ne l'avoit été jusqua- )) lors. » C'est précisément du règne de Catherine de Médicis , et de l'existence politique que les femmes prirent à la cour, que date l'influence que les mœurs de la cour prirent sur relies de la nr.lioii, et de petites intrigues (i) sur

(i) Le cardinal Ma/.arin redouloit le pOUVOil ' dei icin ■ mes en Fiance; il < 1 i s « > i t à don Louis de Haro j ministre

d'Espagne : « Vous ne ooBnoiasei tfnère m» femmei » Lès fôtrea s'occupent d'&mom . mais en Fraaet elle*

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les affaires publiques. La domination des jeunes gens , sur qui les femmes se reposent volontiers du soin de l'empire , commença en France à la même époque. Alors les femmes distribuèrent des brevets au lieu d'inspirer des vertus ; les jeunes gens aspirèrent à leur plaire plutôt qu'à mériter de l'État , et trop souvent les caprices d'une maîtresse décidèrent de leur fidélité politique. Alors le gouvernement, qui doit récompenser et punir, instrument de petites passions , ne sut plus que prodiguer des faveurs ou exercer des vengeances. Mais Feffet le plus funeste de cette domination féminine fut de donner aux ennemis de l'Etat de grandes facultés pour influer sur ses conseils : déplorable ascendant de l'étranger, qui depuis long-temps n'a cessé de tourmenter, d'avilir, de déchirer la France (1).

Le pouvoir public doit surtout s'abstenir

(i) Les femmes en général entendent mieux que les liommes la conduite des affaires domestiques; ce qui prouve mieux que de longs raisonnemens, que la nature ne les appelle pas à diriger les affaires publiques. Il y a de quoi s'étonner de l'usage de nos voisins , qui en tout, au rebours de la nature, renvoient leurs femmes au dessert, et les placent sur le trône. En France, les femme

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