‹ ŒuvresChapitre 126 sur 186 · CHAPITRE Ml. 3u · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ml. 3u

avaient relâché les liens, et même rompu Les nœuds. Ces titres étoient inconnus aux sires de Joinville,Duguesclin,Oisson, Bayard,ctc, qui ne se distinguoient entre eux dans la vie privée que par la dénomination religieuse reçue au baptême , usage pieux auquel on revient depuis quelque temps, quoique sans une intention pieuse; et dans la vie publique, par la dénomination politique de connétable , de sénéchal , de châtelain , usage conservé encore en France pour les grandes places , et en Allemagne pour toutes les places. Avant que la noblesse se décorât ainsi de titres sans fonctions, les rois lui en avoient conféré qui n'étoient guère plus réels. Dès que les grands magistrats des provinces, pairs antiques de la royauté, furent devenus les rivaux de L'autorité royale, en rendant héréditaires des commissions temporaires ou viagères, princes euxmêmes, sous le titre modeste de vassaux, el quelquefois du sang des rois, ils continuèrent à être les pairs du roi : les princes du sang, pairs du roi comme grands feudataires . continuèrent à fêtre même après que, par la réunion des grands fiefs à la couronne, ils ne furent plus (pie sujets dans leurs personnes . millîsl par commission, rois par expectative. Mai*

après que Charles VII et François Ier eurent fait descendre Tordre politique des fonctions que la constitution lui attribuoit , Henri II, fils de François Ier, chercha à en relever les membres les plus apparens , en leur conférant le titre de duc et pair (1) , qu'il plaça sur un simple fief. Ces pairs de fief n'étoient ni les anciens magistrats suprêmes , ducs ou comtes des provinces, présidant le jugement et le combat, ni les grands feudataires qui succédèrent à ces premiers magistrats , lorsqu'ils rendirent leurs dignités héréditaires, ni les sénéchaux dont les offices , les seuls constitutionnels , représentoient les anciens magistrats, et remplaçaient les grands feudataires. Ces pairs ne tenoient à l'antique constitution que par un titre antique, et loin de jouir de la prérogative même des derniers pairs grands feudataires , de précéder au parlement les princes du sang non feudataires , ils furent présidés aux assemblées de

(i)La première pairie lut e'rigée en i55i, mais la première enregistrée est de 1572. (Voyez le P. Griffet.) Le litre de due cl pair prouve évidemment que les anciens pairs e'toient magistrats suprêmes des provinces, appelés ducs presque partout, remplacés depuis par les sénéchaux ou baillis.

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