CHAPITRE
tuel, ou plutôt ce retour à l'ancienne discipline, seroit attaqué par toutes les petites raisons de l'homme , et pourroit être défendu par tous les grands motifs de la société. Dans ces établissemens publics, l'enfance du prêtre, si je puis me servir de cette expression, seroit élevée, sa jeunesse surveillée, et surtout occupée, sa vieillesse honorée et soulagée; et partout ailleurs ses premières années sont trop souvent négligées, les suivantes dissipées et oisives, les dernières délaissées. Plus d'avarice où il n'y auroit plus de propriété personnelle, plus de mondanité où il n'y aura plus d'oisiveté.
Ainsi un presbytère, ou communauté de prêtres par canton, un diocèse par préfecture, une métropole pat- province (j'appelle ainsi La réunion de plusieurs préfectures en un ressort de tribunal suprême), partout régularité, simplicité, unité; unité dans la constitution, uniformité dans l'administration , union entre les hommes : voilà où il faut tendre, parce que c'est là que tôt ou tard on doit aboutir.
Avec le temps, les églises devraient être
ornées, et Le culte pompeux. Architecture.
35o TRAITÉ DU MINISTERE PUBLIC,
peinture, sculpture , musique, éloquence , toutes les matières , tous les arts , tous les talens , doivent être employés à honorer l'Etre infini dans son intelligence , dans son amour, dans son action , autant qu'il est possible à l'être fini qu'il a créé pour le connoître, X aimer et le servir. D'ailleurs ces richesses, dont l'accumulation entre les mains de l'homme est si funeste, et la possession si précaire, confiées à celles de la religion , d'où elles ne peuvent sortir que pour de grands besoins, seroient pour l'Etat une ressource assurée dans les extrêmes dangers. Etoit-ce par instinct de cette disposition très-naturelle , parce qu'elle est trèsutile à la société , que les Romains , et même les Grecs , mettoient dans les temples le trésor public?
Ceux qui étudient les rapports qu'ont entre eux, chez les divers peuples, les principes de la religion et la conduite de la vie civile, ne manqueront pas d'observer que les peuples dont la religion demande de la magnificence dans ses temples et de la pompe dans son culte, sont beaucoup moins avides de richesses, et plus généreux dans l'emploi qu'ils en font que ceux qui sont sévères partisans d'un