CHAPITRE XII
commencement de ce siècle, les malheurs dont la société étoit menacée, et en indiquoit le n jnède. Le passage est trop curieux pour qu'on ue me permette pas de le transcrire.
« Ceux qui se croient déchargés de l'impur - » tune crainte d'une providence surveillante » et d'un avenir menaçant, lâchent la bride » leurs passions brutales, et tournent leur es- » prit à séduire et à corrompre les autres, et » s'ils sont ambitieux , et d'un caractère un » peu dur, ils seront capables, pour leur plai- » sir ou leur avancement, de mettre le feu aux )> quatre coins de la terre , et j'en ai connu dé » cette trempe. Je trouve même que des opi- » nions approchantes, s'insinuant peu à peu » dans l'esprit des hommes du grand monde » qui règlent les autres, et d'où dépendent les o affaires, et se glissant dans les livres à la » mode, disposent toutes choses à la révolu " hOn générale dont l Europe est monacéi o Si l'on se corrige encore de cette maladie " épidémique, dont les mauvais effets com » mencent à être visibles, les maux seconl o peut être prévenus: mais si elle va croissant » la Providence corrigera les hommes pai >) révolution même qui en doit naître; *
)) quoi qu'il puisse arriver, tout au bout du » compte tournera toujours pour le mieux en » général (1). »
Cet auteur venoit de parler de la singulière force d'ame que montrent les sauvages au milieu des privations et des tortures, et il ajoute ces paroles remarquables : « Tout ce qu'une )) merveilleuse vigueur de corps et d'esprit fait » dans les sauvages entêtés d'un point d'hon- » neur des plus singuliers, pourroit être ac- )) quis parmi nous par l'éducation et des pri- )> vations bien réglées... Je ne m'attends pas » qu'on fonde si tôt un ordre dont le but soit » d'élever l'homme à ce haut point de perfec- )> tion... Comme il est rare qu'on soit exposé » aux extrémités où l'on auroit besoin d'une si » grande force d'ame , on ne s'avisera guère » d'en faire provision aux dépens de ses com- » modités ordinaires, quoiqu'on y gagneroit » incomparablement plus qu'on n'y perdroit, » et cependant cela même est une preuve que y> le bien surpasse le mal, puisqu'on n'a pas » besoin d'un si grand remède (2). »
(1) Nouveaux Essais su?' l'entendement humain. {1) Thcodk '•<