‹ ŒuvresChapitre 163 sur 186 · CHAPITRE Ml. 38i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ml. 38i

toire par son indiscipline , comme elle rendoit dans les tribunaux des jugemens iniques avec une probité scrupuleuse : il lui manquoit une règle à laquelle on ne savoit pas la plier, et des connoissances qu'on ne savoit pas lui donner, car on obtient des hommes tout ce qu'on sa il leur demander ou leur commander.

Les moyens mécaniques d'ordre public et d'administration ont été portés dans les Etats modernes au plus haut point de perfection. Il ne leur manque plus que d'y joindre les moyens moraux, sans lesquels les autres ne sont rien , c'est-à-dire qu'il leur manque des hommes formés à la perfection sociale pour perfectionner la société elle-même, en y portant les vertus au même degré que les connoissances.

Cependant on auroit tort de croire qu'il soit laissé uniquement à la volonté et au choix <!(> l'homme d'établir ou de relever de si hautes

institutions. L'homme peut en concevoir la pensée, ou même en imaginer l'organisation : mais L'exécntiOB dépend d'une disposition se crête dans les esprits, et d'un arrangement de circonstances extérieures qui ne peuvent se trOUver qu'après de grands evèiiemeus. .«1 (roj)

is> TRAITE 1)1 MINISTERE PUBLIC,

souvent, hélas! après de grands malheurs. (V sont des remèdes qui ne naissent jamais que de l'excès des maux ; ce sont des troupes qu'on lève pour la guerre, et qui ne se forment qu'au milieu des combats; et pareils aux ouvriers du second temple, leurs fondateurs ont le marteau d'une main pour bâtir, et l'épée de l'autre pour combattre. C'est là surtout ce qui distingue les institutions naturelles et nécessaires de la société des institutions arbitraires et factices que l'homme fonde même avec les intentions les plus louables , mais sans aucune nécessité.

Il y a trois siècles à peu près que dans toutes les cours de l'Europe les princes créent de nouveaux ordres de chevalerie pour les hommes, et quelquefois même pour les femmes, dans les vues politiques , et même religieuses les plus innocentes. Ces ordres sont à leur naissance l'objet de la faveur la plus déclarée et de l'ambition la plus active, enrichis, décorés par les princes qui s'honorent d'en porter les marques , et cependant leur existence , ou du moins leur considération est de courte durée. Il n'est pas même possible d'assigner aucun bien véritablement public et durable qui en soit résulté, et il est au contraire aisé tfla

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