‹ ŒuvresChapitre 164 sur 186 · CHAPITRE \H · texte numérisé non relu

CHAPITRE \H

percevoir la révolution qu'ont du produire dans 'es idées et dans les mœurs des institutions qui mettent, chez les uns, la vanité à la place d< la conscience, et chez les autres, la jalousie à la place du respect , parce qu'elles distinguent l'homme par des marques extérieures, sans l'obliger à des devoirs plus rigoureux. Voilà les institutions humaines, voici celles de la nature. 11 y a huit siècles qu'à l'époque du dé- Aeloppement de la puissance mahométane, et du danger imminent dont elle menaçoit l'Europe, quelques pèlerins à la terre sainte disposèrent sous des tentes un hospice pour les malades , et de cet hospice sortit une puissance qui eut toujours les armes à la main, et qui, devenue le boulevard de la chrétienté, lorsqu'il n'y en avoit pas d'autre, a vu trois Ibis toutes les forces ottomanes se briser contre le rocher qui lbrmoit son territoire, et a donné le temps à la maison d'Autriche de s'étendre, et à l'empire russe de se Former.

Il y a trois siècles qu'à L'époque de l invasion du luthéranisme et de la découverte du Nouveau-Monde, quatre ou cinq étudians de l'université de Paris s'engagèrent dans L'église de Montmartre à changer L'univers, o'est-à-

dire à instruire le monde chrétien, et à convertir le monde idolâtre: et vingt ans après, ils oecupoient le monde entier, catéchisoient les enfans en Europe, et baptisoient les rois dans les Indes.

Quoi qu'il en soit, l'homme qui s'est fait une juste idée de la beauté de l'ordre et de sa nécessité, doit hâter par ses vœux, et, s'il le faut , par ses démarches , l'établissement d'une classe d'hommes fondée par la religion, et ordonnée par la politique pour la défense de la société religieuse et politique, comme le seul et le plus puissant moyen de la conservation de l'ordre parmi les hommes, et à qui toute autre occupation soit interdite que celle de servir la société sous les ordres de son pouvoir, dans les fonctions de juger et de combattre, qui comprennent tout le service que l'homme peut rendre à la société par son esprit ou par son corps. Ces fonctions sublimes rendent ceux qui y sont consacrés, les hommes, non de la famille, mais de la nation (gentis hommes), et elles les donnent en spectacle aux autres pour en être remarqués par leurs vertus (nobiles, qui vient de no tare , remarquer), ils doivent donc se rendre capables,

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