CHAPITRE \IJï
» hommes se sont proposée en se réunissant » en société. Cependant, malgré ses pillages, » son anarchie, ses violences et ses guerres )) privées, nos campagnes n'étoient pas (levasy> tées comme elles le sont aujourd'hui. L'es- » pèce de point d'honneur qu'on se faisoit de » compter beaucoup de vassaux dans sa terre » servoit de contre-poids à la tyrannie des » fiefs. Loin de dévorer tout ce qui l'entou- » roit, le seigneur principal faisoit des dé- » membremens de ses terres pour se faire des » vassaux , et les familles se multiplioient sous » sa protection. »
Je le demande à tout homme sensé et impartial, si le régime qui multiplie les homm protège les familles, les appelle à la propriété et préserve les campagnes de ta dévastation, est
contraire à la fin de la société, quelle est donc La fin de Ja société, et quel est le régime qui lui convient? Si c'est là de l'anarchie ou de la tv-
rannie, quel nom donnerons-nous à L'anarchie el à la tyrannie dont nous iivonsélé Les témoins et Les v'uiiiiies'.' A des seigneurs guerroyans ont succédé des gens d'affaires* avides, des proruineux à des incursions passager I de* impôts çy. es redevances ridicules.
3çp TRAITÉ DU MINISTERE PUBLIC,
Les campagnes n'y ont pas gagné, et à pari celles que vivifie, en les corrompant, le voisinage des villes, les autres se sont appauvries et dépeuplées.
Il faut le dire, puisque la force de la vérité en arrache l'aveu à l'inconséquent écrivain que nous venons de citer, le régime féodal a peuplé les campagnes ; le régime fiscal , commercial, philosophique, a agrandi les villes : l'un appelle le peuple à la propriété par des démembremens et des inféodations de terres; l'autre le fait subsister par des fabriques, en attendant de l'enrichir par des pillages. Celuici procure à l'homme une subsistance précaire et variable , comme les chances du commerce , et qu'il reçoit tous les joints , sous la forme d'uue aumône, du fabricant qui l'occupe; celui-là donne à la famille un établissement indépendant de l'homme, et fixe comme la nature : l'un, en un mot, donne des citoyens à l'Etat, l'autre élève des prolétaires pour les révolutions; et quelle que soit la manie de la déclamation, comme il faut toujours en revenir aux faits, il est à remarquer que l'établissement des manoirs champêtres date presque toujours des temps de 1a féodalité, et que la destruction