CHAPITRE XIII
des nombreux hameaux dont on retrouve les vestiges dans les campagnes et le nom dans les chartes, a concouru avec les progrès du commerce et l'accroissement des cités.
Il paroît que dans les premiers âges des monarchies de l'Europe, il régnoit plus d'égalité dans la fortune des diverses familles de l'ordre politique, puisque chaque terre avoit son seigneur particulier, et que l'étendue respective des fiefs étoit moins inégale qu'elle ne fest devenue depuis par leur agglomération, surtout depuis leur érection en titres d'honneur. Alors peut-être si chaque famille n'avoit pas une fortune considérable, toutes avoient une fortune suffisante, et cela devroit être ainsi; car l'indigence et l'extrême opulence aboutissent également à la corruption.
Le moyen par lequel cette égalité s'étoit introduite avoit été leni , mais bût, comme tous les moyens que la nature emploie pour Former
et polir maintenir son ouvrage. 11 CODSÎStoit dans d(\s substitutions en faveur des aînés -
et par conséquent dans l'inaliénabilité perpétuelle des propriétés Féodales. Cette loi
existoit encore en France, el plus OU moins
k)j TRAITÉ DIj MINISTERE PUBLIC,
dans toute l'Europe , quoique très- affaiblie par des administrations imprudentes , qui se réjouissoient de voir grossir le lise par la fréquence des mutations de propriété, lorsqu'elles auroient dû gémir sur les causes de ce déplacement. Sans doute, si les moyens d'administration eussent été aussi connus dans ces temps reculés qu'ils le sont de nos jours , les formes de la comptabilité aussi perfectionnées , et les hommes même aussi assouplis (1) au joug des lois politiques , l'ordre politique auroit établi , comme celui du clergé, une administration centrale de contributions communes, pour fournir à l'éducation des enfans , à l'acquit des charges communes , à l'amélioration même des biens. C'eût été un moyen puissant, et le plus puissant de tous, de rapprocher les fortunes particulières de l'égalité, de vivifier les campagnes , de perfectionner l'agriculture par des prêts faits à tout propriétaire de fonds ruraux indistinctement, sous caution, mais
(i) L'homme alors e'toit plus docile aux lois religieuses iux lois politiques; aujourd'hui il a perdu de sa fierU politique, a mesure qu'il a perdu de sa docilité reli oumis à Dieu, il est plus de'pendanl homme