CHAPITRE XIV. 4o
de ce que savoit Bossuet sur la politique , et Sully sur l'administration.
Quoi qu'il en soit, les ministres de la société politique ne doivent pas laisser à d'autres la supériorité des connoissances nécessaires à la société , qui peuvent donner de la considération à leurs personnes , et une direction plus juste et plus certaine à leur action.- La noblesse, en France, ne s'étoit pas , même sous ce rapport, trop écartée de sa destination. Les discussions éloquentes et lumineuses qui ont lieu aux Etats-généraux > dans cette assemblée, la première du inonde pour les talens , et à jamais fameuse par rasage qu'elle en fait, ont prouvé qu'il y a voit dans la noblesse , malgré le progrès des unisses doctrines, une instruction politique aussi étendue que solide. Mais celtr instruction n'étoit pas assez généralement répandue, parce que, depuis l'abolition de l'ordre deô Jésuites , il n'y avoit plus en France d'établissement national d'éducation , et crue tous ces collèges dispersés ça et là, sans uniformité de régime, d'enseignement , quelque-* lois même de principes, ne formoient pas une institution publique. Partout la religion pré-
sidoit à l'éducation. Les gouvernemens, en laissant périr la religion , ont succédé à ses charges ; succession onéreuse , et dont ils ne rempliront jamais sans elle toutes les conditions.