‹ ŒuvresChapitre 178 sur 186 · CHAPITRE XV. io · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. io

Il ne faut pas croire que l'institution de la justice fût défectueuse, précisément parce qu'elle étoit ambulante. La société, comme l'homme, voyage sans cesse sur la terre : si elle s'y repose, ce doit être sous la tente; et si la justice n'est pas toujours en marche, elle doit être toujours debout. La justice est comme ambulante en Angleterre, et il se tient annuellement, dans les divers comtés, des assises pour le criminel. Mais cette action suprême de la justice , qui devroit être entourée de recueillement et de respect, comme le sacrifice de la religion auquel elle ressemble, est une occasion de plaisirs et de fêtes, qui font un contraste fâcheux pour les mœurs publiques avec les rigueurs que nécessite l'exercice de la justice.

C'étoit autrefois une belle et salutaire institution que celle qui régloit la hiérarchie poli- Tique des Fonctions publiques sur la hiérarchie domestique de L'âge. Senioree, dit Hincmar, ad consilium ordinandum , /ni/tores ad idem consilium susetpiendum j les plus anciens jugent, les plus jeunes exécutent ou combattent* De là vient que les expressions, majorée natu ,

4io TRAITE DU MINISTERE PUBLIC,

proceres , piwicipes , duces , magnâtes , primores, leudes , fidèles , seniores , dont nous avons fait monseigneur ; et, par abréviation, monsieur, sont synonymes , et expriment à la fois , dans les capitulaires et les anciennes Chartres, la supériorité de l'âge et celle de la dignité , comme les expressions de juniores , minores, vicarii , vice comités, vice domini, castaldii (châtelains), ininisteriales (ministres), aussi synonymes entre elles , désignent à la fois l'infériorité de l'âge et celle du grade.

Non-seulement l'ordre chargé du ministère public combattoit l'ennemi intérieur par le glaive de la loi , mais il étoit encore le bouclier de l'Etat contre l'ennemi étranger, et il s'étoit, dans tous les temps, acquitté avec zèle et fidélité de cette honorable et périlleuse fonction. Le service militaire qui lui convenoit le mieux étoit le service à cheval, parce qu'il est plus défensif qu'offensif, et qu'il est toujours plus nécessaire pour une société de conserver ce qu'elle a acquis que de l'étendre. Les Romains, avec leur infanterie invincible, envahirent toutes les nations qui n'eurent à leur opposer que de l'infanterie, et ils trouvèrent

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