‹ ŒuvresChapitre 28 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

même de la nature ; je veux dire, les merveilles de la végétation, de la fécondation, les propriétés des élémens, le cours des astres, les lois générales du monde matériel , sur lesquels les plus graves des anciens nous ont transmis tant de puérilités et d'extravagances. Et sans parler de Tite-Live , qui pour tout événement a un prodige, Tacite luimême, le grave Tacite, ne rapporte-t-il pas sérieusement qu'au-delà de la Germanie est une mer immobile où le soleil va se plonger-, que, lorsqu'il en sort, on entend le bruit de sou lever, et on voit la tête du Dieu couronnée de rayons? C'est là, ditil, (fue finit la nature, et il s'abstient d'affirmer, comme n'en étant pas bien sûr, que certains peuplat* situés sur les rivages de cet océan merveilleux, ont des têtes d'hommes sur des corps d'animaux.

La religiou chrétienne nous lait connoitre Dieu et rhomme, et parce qu'elle nous révèle la counoissanre de la cause de tout et du moi/eu de tout, «•Ile nous prépare à la connoissance de tous lea effhti , et c'est à cette généralité qu'elle I mise dans nos idée* qu'est du ce génie de méthodes générales, à L'aida desquelles nous avons lait tant de

progrès dans la connoissance des lois générales daa corps. Elle nous lait connoitre de Dieu tout ce qui

suffit à notre raison, ou plutôt tout ce à quoi notre raison suffit, et de l'homme tout ce qui MJfil

à son bonheur. Elle ne retranche rien dans nous; elle y règle tout, et même les affections les plus impétueuses. Corpus non domandum , sed regendum, dit saint Jérôme, et elle met en action toutes ce qui y est passion. Elle règle la société présente par la société future-, elle punit ou récompense tout ce que les hommes, par ignorance ou par foiblesse, laissent ici -bas sans récompense ou sans châtiment, et elle est, en un mot, vraie dans ses croyances comme Dieu, réelle dans son culte comme l'homme.

(c) L'analogie est évidente entre cette vérité de raisonnement, que cause, moyen, effet embrassent l'ordre universel des êtres et de leurs rapports, et cette vérité de foi, que les dogmes de la Trinité , de X incarnation , de la rédemption, embrassent l'économie entière de la société religieuse. En effet, la Divinité dans ses trois personnes est cause créatrice. « Faisons l'homme, » dit -elle au livre des révélations. L'incarnation est le moyen de salut ou de conservation , puisque le médiateur est venu pour éclairer et sauver les hommes; la rédemption des hommes en est Y effet, puisque les hommes sont conservés, c'est-à-dire, éclairés et sauvés par lui.

Arrêtons-nous ici un moment, pour présenter au lecteur une vue générale du système de vérités

Page 1