‹ ŒuvresChapitre 29 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IY

que je viens d'exposer à son intelligence. J'établis comme une vérité philosophique incontestable que ces trois idées générales cause, moyen , effet, comprennent l'ordre universel des êtres et de leurs rapports, et Ton peut délier tous les savans de trouver ou même d'inventer un être qui soit hors de cette catégorie fondamentale. J'établis ensuite que ces trois idées générales, pouvoir, ministre, sujet, comprennent l'ordre général des personnes et de leurs rapports, appelé société, et il ne sauroit exister un homme, un seul homme, hors de cette catégorie sociale. Ces personnes, pouvoir, ministre, sujet, qui prennent divers noms, selon l'ordre de société auquel ils appartiennent, correspondent une à une aux idées universelles, cause, moyen, effet, et cela doit être, pour qu'il y ait de l'harmonie dans l'univers-, car l'harmonie générale n'est autre chose que l'accord entre tous les systèmes de vérités.

Cet ordre ou système universel des êtres compris .sons ces trois idées universelles, cause , moyen, effet} ce système général de la Bociété compris sous ces trois idées moins générales, pouvoir, ministre, tujêt, nous les avons retrouvés dans le système individuel de I nomme considéré «m luUmém •. Son

opération intellectuelle et physique nous présente aUSSI dans sa volonté une cttuxc ou pouvoir, dans

fanes un moyen ou ministre, et un effet ou

sujet dans les objets soumis à son action , et qu'elle modifie suivant l'ordre de la volonté. Cette vérité est renfermée dans la belle définition que le célèbre Stahl donne de notre ame, eus activum, movens, intelligens $ activum pour déterminer la volonté, movens pour mouvoir les organes, intelligens pour diriger leur action. Ainsi la raison philosophique du christianisme se trouve dans les perceptions de notre raison , telles que le langage , expression fidèle d'idées vraies, nous les présente, et qu'il renferme dans la catégorie la plus générale et la plus simple; catégorie, mot célèbre, idée vaste, connue du plus fameux sage de l'antiquité païenne, mais dont, faute d'avoir entendu la parole de vie, il a fait un usage si arbitraire, si obscur et si inutile.

Ainsi l'homme, la famille, l'Etat, la religion, l'univers, Dieu même, nous présentent, chacun dans Tordre de son être et le système de ses relations, trois personnes, trois opérations ou trois rapports, partout la trinité dans Vunité (1), partout similitude, proportion, harmonie. Ainsi l'homme est contenu dans la famille, la famille dans l'Etat,

(l) On voit la raison de l'importance que tous les peuples ont attachée au nombre trois , et dont on trouve la preuve dans les philosophes de l'anliquité comme dans ses poètes. Trois est le nombre nécessaire de toute proportion entre les êtres, et la société n'est qu'un ensemble de proportions et de rapports .

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