‹ ŒuvresChapitre 30 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE IV. fy · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV. fy

l'Etat dans la religion, la religion dans l'univers, l'univers et tout ce qu'il renferme dans l'immensité de Dieu , centre unique auquel tout se rapporte, circonférence infinie qui embrasse tout, principe et fin , alpha et o?nega des êtres. Ainsi mille cercles inscrits, semblables en nombre de parties, inégaux en grandeur, identiques en propriétés ou rapports de parties, ont tous un centre commun, et sont tous compris dans une même circonférence.

C'est dans ces considérations générales, dont le langage nous présente la pensée et nous affirme la vérité , que nous avons trouvé la nécessité du médiateur, moyen universel entre les deux extrêmes de la société, Dieu et l'homme ; et appliquant à ces hautes recherches les règles des proportions générales ou mathématiques , comme le langage nous y autorise, nous en avons conclu la nécessité métaphysique de cet être ineffable dont la religion nous enseigne l'existence, et de qui l'on peut dire : I /homme est au médiateur ce que le médiateur est à Dieu.

Mais il y a encore des considérations importantes à tirer du langage lui-même , car si l'art de la parole n'est pas inné dans l'homme, comme une expérience continuelle nous le fait voir; s'il M p6Ut être inventé par l'homme, comme on peu! le prouver eu considérant le rapport df noire peu

sée et de nos organes, l'art de la parole est nécessairement acquis , il est reçu , reçu d'un être qui est intelligent par lui-même, puisqu'il a par luimême l'expression de la pensée. Un être qui est et qui a par lui-même est un être nécessaire , donc infini, puissant, bon, etc., etc. De là la nécessité rigoureuse de la révélation ou de la transmission que Dieu a faite à l'homme des connoissances bonnes et nécessaires : transmission connue ou soupçonnée de tous les peuples; révélation d'abord orale , plus tard écrite ou fixée pour la conserver dans la mémoire des hommes, « parce que, dit » Varion, le peuple n'est pas maître de l'écriture » comme de la parole-, » révélation enfin, source de toutes nos connoissances morales, et fondement des lois de tous les peuples.

Ainsi je n'ai pas prouvé l'existence de la révélation , mais la nécessité de la révélation, qui emporte la certitude de son existence; je n'ai pas prouvé l'autheDticité matérielle des livres saints, mais la nécessité des livres saints qui emporte la certitude de leur authenticité; je n'ai pas prouvé la divinité de la mission du médiateur, mais la nécessité même du médiateur qui emporte la certitude de sa divinité et de son humanité : nécessité qu'il ne faut pas entendre d'aucune contrainte, mais d'une conformité parfaite à la nature des êtres qui sont en rapport de société et en pro-

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