‹ ŒuvresChapitre 7 sur 186 · LIVRE II , CHAPITRE I. j · texte numérisé non relu

LIVRE II , CHAPITRE I. j

pies civilises. Résumons-nous : la révélation de la loi est naturelle à l'homme qui ne peut connoître la vérité que par la parole, et elle est nécessaire ù la société qui ne peut se civiliser que par la connoissance de la loi.

Les Juifs ont eu des lois dures, des États chrétiens ont eu des lois imparfaites; mais ni les uns ni les autres n'ont eu de lois contre nature, impies, atroces, abominables, comme les Grecs et les Romains, et encore comme les Chinois et les Japonais. L'esclavage toléré dans les colonies chrétiennes ne ressemble que de nom à l'esclavage pratiqué chez les païens. Là l'esclave étoit hors de la loi commune à tous les citoyens, hors de la société par conséquent, et il ne trouvoit pas dans le pouvoir public d'asile contre l'oppression du pouvoir domestique auquel il étoit soumis. Ici l'esclave fait moins que ( li'Z les anciens partie de la famille; mais il est beaucoup plus sujet de l'État, puisqu'il est prol dans .sa personne et dans ses propriétés par les mêmes lois qui protègent les citoyens.

(//) «Je suis le Seigneur ion Dieu, qui t'ai tire*

)) de la IMison de servitude. > Les Hébreux a\ nient

été tirés de la servitude sous laquelle Us vivoient • m» Egypte; mais tout peuple qui se civilise est aussi tiré de lu mcUêon <l> tervitude, c'est-à-dire, de l'état domestique) état foible el précaire dea

ciétés naissantes, pour passer à la liberté, à la dignité, à la force , à l'état public et fixe d'un peuple civilisé. Ainsi tout peuple qui déchoit de la civilisation en perdant la connoissance des lois de l'ordre naturel des sociétés religieuses ou politiques , retombe dans la servitude de ses passions , et quelquefois sous la domination de ses voisins. Ainsi la Pologne déchue de la fixité du pouvoir, loi fondamentale de la société, a vécu dans le trouble et fini , comme l'empire romain , par le démembrement. Ainsi les sociétés religieuses écartées de la loi fondamentale de l'unité, après avoir vécu dans la dispute et la guerre , se partagent en diverses opinious, et finissent par disparoitre.

Il y a aujourd'hui si peu d'instruction religieuse, qu'il doit être permis de remarquer que la religion chrétienne ne contredit pas la loi mosaïque, quoiqu'elle permette des représentations matérielles de la Divinité, parce que la loi mosaïque défendoit de les adorer et de les servir, et que le christianisme fait la même défense. La loi des Juifs multiplioit les freins pour retenir un peuple -enfant entouré d'idolâtres, et toujours enclin à demander qu'on lui fit des dieux qui marchassent devant lui. Le législateur prenoit des précautions contre la contagion de l'idolâtrie, comme on en prend, dans nos gouvernemens modernes, contre la contagion de la peste.

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