‹ ŒuvresChapitre 71 sur 186 · II. Q · texte numérisé non relu

II. Q

l3o LEGISLATION PRIMITIVE,

hère, commander, et qui eût été beaucoup mieux rendu par le mol jussion. Les anciens ne connoissoient que des commandemens, ou des volontés arbitraires de l'homme. Les modernes ne doivent connoître que des règles, ou lois naturelles de l'ordre. Et voilà pourquoi les uns disoient jus, et les autres disent droit ou règle-, car le jus n'est pas toujours le droit, et le jus belli, chez les anciens, n'étoit pas assurément le droit naturel de l'état de guerre entre les hommes. C'est parce que les volontés humaines doivent être conformes aux volontés divines, que le mot ordre, dans la langue la plus juste de l'Europe, exprime également les deux idées, et que l'on dit l'ordre ou les ordres du général, et les lois de V ordre. Burlamaqui, p. ire, ch. V, a fait une observation à peu près semblable sur le mot jus. Jura, selon Festus , se disoit autrefois jusa ou jussa.

(c) La religion chrétienne repousse du cœur et des lèvres du père de famille le terrible droit de maudire, et la société politique ne lui permet plus la peine de mort. Mais tout crime contre l'ordre domestique, qui eût encouru autrefois la malédiction paternelle, seroit aujourd'hui puni par le pouvoir public du dernier supplice. La religion, comme on voit, a adouci les peines.

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