LIVRE II, CHAPITRE XX
» du foiblc, le grand du petit, chacun de celui » qui paraît le plus éloigné de lui, parce que » le besoin rapproche tout et rend tout néces- )) saire. Jésus-Christ, en formant son Eglise, » en établit les principes sur ce fondement , et » nous montre quels sont les principes de la » société humaine. »
Enfin , Leibnitz , dans ce passage d'une haute philosophie et d'une profonde connoissance des principes de l'ordre , passage qui n'est que l'expression généralisée ou analytique de celui de tëossuet : « La collection de tous les esprits » constitue la cité de Dieu, et le monde moral » dans le monde physique. Rien dans les œu- » vres de Dieu de plus sublime et de plus di- )) vin : c'est la monarchie vraiment inn'rcr- » selle , et l'Etat le plus parfait tous le plus y) parfait des monarques. »
Nous sommes parvenus au terme de notre carrière. Nous avons considéré, par les seules Lumières de la raison, la législation générale de l'ordre social; nous en avons tait l'application aux. lois particulières des sociétés; nous (Mi avons trouvé la raison dans l'homme et le
principe dans Dieu : car la société, si l'on s'obs-
tine à n'y voir que l'homme , n'est qu'un long supplice, un lieu de confusion et d'horreur; et certes, ils sont conséquens à eux-mêmes les publicistes modernes qui , ne voulant pas admettre Dieu dans la société humaine , la regardent comme un état contraire à la nature de l'homme , et celui où il est le plus malheureux et le plus dépravé.
Nous ne pouvions parler de Dieu et de l'homme, sans considérer leurs rapports, dont l'ensemble et l'ordre s'appellent la société religieuse, rapports qui sont la règle et la mesure de ceux des hommes entre eux dans la société politique ; car les hommes , s'il n'existe pas de Dieu, ne peuvent légitimement rien les uns sur les autres, ne se doivent rigoureusement rien les uns aux autres , et tout devoir cesse entre les êtres , là où cesse le pouvoir sur tous les êtres.
Mais en considérant la société, même religieuse , semblable en tout à la société politique, et composée de personnes semblables dans leur nombre et dans leurs rapports , nous avons dû considérer l'accord des vérités fondamentales que la religion propose à notre foi , avec les