‹ ŒuvresChapitre 80 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE XV , j · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XV , j

conceptions les plus générales de la raison , e parce que le temps est venu de considérer » ainsi la vérité, que nos erreurs le demandent, » et que nos lumières le permettent. » Ici nous avons à craindre que les mêmes hommes qui ont jusqu'à présent accusé la foi des chrétiens d'être trop simple et trop crédule, ne l'accusent aujourd'hui d'être trop haute et trop raisonnée. Cette inconséquence ne devroit pas surprendre. On nous a contesté la raison , lorsque nous n'opposions que la foi ; on nous contestera peut-être la foi, lorsque nous opposerons la raison , parce qu'on ne sait pas que pour toute connoissance, même profane, la

FOI PRÉCÈDE LA RAISON TOUR LA FOR .ML II . Il QUE LA RAISON SUIT LA FOI POUR L'AFFERMIR.

Il seroit temps cependant de faire cesser cette guerre civile , et même domestique, entre la loi et la raison, où tout périt, raison et foi, et ce comhat opiniâtre entre les esprits, qui ne laisse sur le champ de bataille que des morts.

C'est parce (pie la foi commence la raison cl que la raison achève la loi, qu'il a paru de siècle en siècle des écrits solides et lumineux, dans lesquels les motifs de la loi ont été prouvés par la raison de l'autorité, et qu'il en paroitra à

L'avenir où ces motifs seront prouvés par l'an torité de la raison; et il ne faut pas regarder cette expression opposée en apparence, raison de V autorité y autorité de la raison, comme une vaine antithèse , car il est vrai de dire que la seule autorité qui ait pouvoir sur l'être raisonnable, est la raison. Ces discussions, il est vrai, n'éclairent la raison que des hommes instruits ; mais cela suffit pour le bon ordre de la société , parce que l'exemple des gens instruits est la seule raison de ceux qui ne peuvent pas l'être.

Que les analogies que j'ai cru apercevoir entre les idées générales delà raison, et les dogmes fondamentaux de la religion , et qu'il seroit aisé de porter plus loin, soient ou ne soient pas justes , toujours est-il certain qu'il y a dans ce genre des vérités à découvrir, parce qu'il y a des erreurs à combattre , et qu'il y a des explications à donner, tant qu'il y a des obscurités à dissiper. Que si les explications que j'ai données ne sont pas suffisantes, d'autres iront plus loin , mais , si je ne me trompe , en suivant la même route, et profiteront même des erreurs de ceux qui les auront précédés ; car rien n'est perdu pour les progrès de la vérité, et dans la science des rapports moraux comme dans celle

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