‹ ŒuvresChapitre 9 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

deterreat. Huic legi nec ahrogari /as est, neque derogari ex hâc aliquid licet, neque tota ahrogari potest... Nec vero aut per senatum aut perpopulum solvi hâc lege possumus... Unusque est communis quasi magister et imper ator omnium Deus ille , legis hujus inventor, disceptator, lator, etc.

Mais Cicéron , qui a des idées si relevées de la loi divine, n'en avoit pas vu le texte; il la croyoit, comme nos philosophes , écrite seulement au fond des cœurs, et ne soupçonnoit pas que ce qu'il en savoit n'étoit venu jusqu'à lui que par cette tradition orale qui a précédé l'écriture chez tous les peuples, et qui, défigurée à la longue par la négligence des hommes , le malheur des temps , les variations du langage, la dispersion des familles, a produit les lois absurdes des Grecs et des Romains, comme celles de la Chine et du Japon-, car il faut une loi à l'homme, puisqu'il lui faut une société. Là où la loi vraie sera oubliée, il naîtra nécessairement des lois fausses et contre nature. Ainsi, si la loi religieuse et politique qui consacre L'enfant à Dieu par le baptême, venoit à ère abolie, on verroit naître, même ci: Europe, l'horrible coutume de l'infanticide, et déjà nous avons vu porter atteinte à la loi qui le punit comme un homicide , et des juges ont distingué l'ënfanl de

l'homme dans la protection que la loi doit à tOUS. Qu'OD y prenne garde, les lois humaines SOOl Faites

pour les hommes égaux, les lois chrétiennes pour les hommes semblables, et elles protègent la femme, l'enfant, l'indigent, le simple, partout le foible contre le fort.

[ksj La souveraineté est en Dieu, ou elle est dans l'homme, point de milieu. Les croyances des Juifs et des chrétiens placent la souveraineté en Dieu-, et parce que l'homme ne sait rien en morale qu'il ne l'ait entendu par les oreilles ou par les yeux , c'est-à-dire qu'il ne l'ait appris parla parole orale ou écrite, elles lui montrent cette loi divine reçue avec la parole, alors comme aujourd'hui conservée de génération en génération par une tradition orale, que les pères transmettoient et qu'ils transmettent encore aux enfans , et plus tard fixée par l'écriture , lorsqu'elle commençoit à s'effacer parmi les hommes, et à être remplacée par les erreurs grossières qui régnent encore chez quelques peuples. Certes , ce sont là des voies naturelles , puisqu'elles sont encore les seuls moyens qui nous soient connus, par lesquels les hommes se transmettent les uns aux autres leurs connoissances , et assurément il est naturel de penser que l'être qui a formé l'homme n'a pas laissé les moyens de le conserver au hasard de ses inventions. Et comment le genre humain eût-il été jusqu'à la seconde génération , si la première n'eût eu tous les moyens

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