‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 104 sur 180 · RÉPONSE DE M. ERNEST RENAN · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. ERNEST RENAN

Monsieur,

Nous sommes bien incompétents pour louer ce qui fait votre gloire vé table, ces admirables expériences par lesquelles vous atteignez jusqu’at confins de la vie, cette ingénieuse façon d'interroger la nature qui tant fois vous a valu de sa part les plus claires réponses, ces précieuses dé vertes qui se transforment chaque jour en conquêtes de premier ordre pe l'humanité. Vous répudieriez nos éloges, habitué que vous êtes à n’estim que les jugements de vos pairs, et, dans les débats scientifiques que sc lèvent tant d'idées neuves, vous ne ras pas voir des appréciations litté=

n'avons point à intervenir. Mais, en bar du fond de la doctrine, qui n° point de notre ressort, il est une maîtrise, Monsieur, où notre pratique l'esprit humain nous doute le droit d'émettre un avis. Il y a quelque ch que nous savons reconnaître dans les applications les plus diverses ; quel chose qui appartint au même degré à Galilée, à Pascal, à Michel-Ange, Molière ; quelque chose qui fait la sublimité du poète, la profondeur

commune de toutes les œuvres belles et vraies, cette flamme divine, € souffle indéfinissable qui inspire la science, la littérature et l’art, not l'avons trouvé en vous, Monsieur : c’est le génie. Nul n’a parcouru d'ur marche aussi sûre les cercles de la nature élémentaire ; votre vie scienti-.

petit, dans ces derniers abimes de l'être où naît la vie. |

. Vous avez commencé, Monsieur, par le vrai commence a" ; nature. Avec Haüy et Malus, vous demandiez d’abord au cristal le secret | ses caprices apparents. Vous étiez encore à l'École Normale. Une note d Mitscherlich vous troubla dans votre foi chimique. Deux substances identiques par la nature, le nombre, l’arrangement et la distance des atomes. agissaient d’une manière nieliomens différente sur la lumière. Vous reprites avec passion l'étude de la forme cristalline des deux sels de M. Mitscherlich, et vous arrivâtes à votre belle théorie de la dissymétrie moléculaire. Oui, Lui groupes atomiques quise montrent identiques au travers de toutes | les épreuves de la chimie peuvent être, l’un à à l'égard de l’autre, dans Ja même relation qu'un objet à l'égard de son image vue dans un miroir. Îls ont une droite et une gauche; on peut les opposer, non les supra

1. In: Discours prononcés dans la séance publique tenue par l’Académie française pour réception de M. Pasteur, le 27 avril 1882. Paris, 1882, typogr- de Firmin Didot et Cie, 48 p in-4°; p. 25-48. ,

comme les deux mains. L'illustre M. Biot, chargé de rendre compte de ces faits nouveaux à l'Académie des sciences, eut d’abord quelques doutes. Quand vous allâtes le voir au Collège de France, il s'était déjà procuré lui-même les . matières de l'expérience. Il vous les fit préparer sous ses yeux, sur le fourneau . de sa cuisine. Vous placiez à sa droite les cristaux qui devaient dévier la lumière à droite, à sa gauche les cristaux qui devaient dévier à gauche. I] fit lui-même l'épreuve de la polarisation; mais il n’alla pas jusqu’au bout; quelques indices lui suffirent. « Mon cher enfant, vous dit-il, en serrant votre bras, j ’ai tant aimé les sciences dans ma vie que cela me fait battre le cœur.

| ne vos découvertes ultérieures sont sorties de celle-là par une sorte de développement naturel. Bientôt, en effet, vous arrivez à voir que tous les produits artificiels des Dbierene et toutes les espèces minérales sont à image superposable, tandis que les produits essentiels de la vie sont dissymétriques. La vie vous conduit à la fermentation : l’élément dissymétrique fait fermenter ; l'élément symétrique ne fait pas fermenter. La fermentation est Deniques d'origine vitale ; elle vient d'êtres microscopiques qui trouvent dans toit et le groupe gauche ne satisfont pas également à la mteitios dès microbes. Vos études sur les corpuscules organisés qui existent dans l’atmo- sphère servent de point de départ à tout un ordre de recherches, où vos

a disciples sont des maîtres qui s'appellent Lister, Tyndall.

La fermentation vous mène aux maladies, qui sont en quelque sorte la

souvent à Eu ré sh Share d'êtres étrangers à Re A 2 e troublent ou le détruisent. De là vos savantes recherches sur sé

ner la mort à l organisme par lui-même le .. sain et le plus robuste. La laire vue de la nature du mal vous indique le remède; on guérit bientôt la ladie dont on connaît la cause. Votre théorie des germes de putréfaction re une voie qui sera un jour et qui est déjà féconde pour le bien de notre u 48 espèce. La vaccination, qui n'avait été jusqu'ici qu'une application très articulière d’une théorie à peine ébauchée, devient entre vos mains un )r ss général, susceptible des usages les plus variés. C’est la rage, Pnsieur, qui est en ce moment l’objet de vos études; vous en cherchez rganisme microscopique, vous le trouverez; l'humanité vous devra la ppression d’un mal horrible, et aussi d’une triste anomalie, je veux parler > la défiance qui se mêle toujours un peu pour nous aux caresses de l'animal dans lequel la nature nous montre le mieux son sourire bienveillant. Que vous êtes heureux, Monsieur, de toucher ainsi par votre art aux | sahi mêmes de la vie! Admirables sciences que les vôtres! Rien ne s'y d. Vous aurez inséré une pierre de prix dans les assises de l’édifice : di de la vérité. Parmi ceux qui s’adonnent aux autres parties du travail » l'esprit, qui peut avoir la même assurance ? M. de Maistre peint quelque rt la science moderne « sous l’habit étriqué du Nord..., les bras chargés de se Le. et d'instruments, pâle de veilles et de travaux, se trainant souillée encre et toute pantelante sur la route de la vérité, baissant toujours vers la

terre son front sillonné d’algèbre ». Comme vous avez bien fait, Monsieur, de ne pas vous arrêter à ce souci de gentilhomme! La nature est roturière ; elle veut qu’on travaille ; elle aime les mains calleuses et ne se révèle qu'aux … fronts soucieux. à

Votre vie austère, toute consacrée à la recherche désintéressée, est la … meilleure réponse à ceux qui regardent notre siècle comme déshérité des grands dons de l’âme. Votre laborieuse assiduité n’a voulu connaître ni dis= tractions ni repos. Recevez-en la récompense dans le respect qui vous entoure, dans cette sympathie dont les marques se produisent aujourd’hui si. nombreuses autour de vous, et.surtout dans la joie d’avoir bien accompli votre tâche, d’avoir pris place au premier rang dans la compagnie d'élite qui s’assure contre le néant par un moyen bien simple, en faisant des œuvres qui restent.

Vous avez placé à sa juste hauteur l’homme illustre que vous venez rem placer parmi nous. Vous avez dit ses commencements, ses viriles origines, cette nature pleine d’ énergie, tenant, par son père, aux races sérieuses et obstinées de l'Ouest, par sa mère, à l’ardente et forte complexion des popu= lations protestantes des Cévennes. Canonnier de la première République, M. Littré père garda, sous l'Empire et la royauté constitutionnelle, le culte de la Révolution. Les républicains étaient rares alors ; c'était, comme aux siècles de la primitive Église, le temps des convictions personal passionnées. Les conversions en masse et sans grand discernement devaient.

venir plus tard. Les républicains que forma M. Littré père avaient au …

moins quelque mérite à l'être ; car ils étaient deux (deux qui valaient certes à eux seuls tous ceux qu'on a plus tard vus éclore), son fils d’abord, puis … l'intime ami de son fils, celui à qui je dois ces détails, notre respecté confrère M. Barthélemy Sin Hilaire. En philosophie et en religion, M. Littré … père professait sans réserve les principes de l’école française du xvan‘ siècle. Devenu père de famille, il eut un scrupule touchant. Craignant que les rail leries de Voltaire n'eussent une part dans ses opinions religieuses, et se regardant comme responsable de sa théologie à l'égard de ses enfants, il … reprit avec le plus grand sérieux la question des croyances. Ce nouvel examen confirma ses premiers jugements, et dès lors il enseigna en toute sécurité à ses fils ce qu’une double épreuve lui faisait regarder comme certain. Quelle honnêteté!

Cette impression de l’éducation première ne s’effaça jamais chez M. Littré. Sa nature héroïque le porta toujours à ce qu'il y eut de plus âpre et de plus fort. Fils de la Révolution française, il crut qu’en elle était contenue toute

justice. D’autres, plus raffinés, distinguèrent, acceptèrent des moyens termes,

des conciliations. Lui, entier dans sa foi, ne voulut aucune atténuation à ce qu'il tenait pour la vérité. La foi démocratique, comme tous les genres de foi, est exposée à des tentations ; il ya quelquefois du mérite à y persévérer. M. Littré nous a raconté qu'un jour, sa mère, une petite vieille débile, avec de beaux yeux, cheminant à côté de lui dans une rue de Paris, fut brutalement poussée par un ouvrier qui ne voulait pas se déranger. Comme M. Littré la relevait : « Mon fils, lui dit-elle, il faut bien aimer le peuple pour demeurer de son parti. » La croyance de M. Littré était de celles que

ien n'ébranle. D’ordinaire les effervescences révolutionnaires viennent du émpérament ; la raison intervient pour les régler. Chez M. Littré, le tempérament était tout à fait calme ; c'était l'esprit qui était révolutionnaire ; aussi ne recula-t-il jamais. On le trouve toujours au front de bataille des combat- ‘tants. En juillet 1830, il était de la première ligne de ceux qui pénétrèrent sur la place du Carrousel par l'ouverture du pavillon de Rohan. Georges y fut percé d’une balle à côté de lui.

C'est la conviction qui crée la vertu. La sélection des nobles âmes se fait $ acception de croyances. Comme vous l’avez parfaitement dit, Monsieur, icune foi n’a de privilège à cet égard ; on peut être un chrétien des premiers jours avec les idées en apparence les plus négatives ; on peut voir soudés dans le même homme un ascète et un jacobin. La bibliothèque Sainte-Geneviève possède un catalogue de ses incunables, écrit tout entier de la main de Daunou durant les années les plus terribles de la Révolution. Chaque tin, avant d'aller présider la Convention ou le conseil des Cinq-Cents, il rédigeait un certain nombre de pages, toujours le même, à des dates qui appelaient 13 vendémiaire, 18 fructidor. Littré associait de même à la vie rilitante les habitudes d’un bénédictin. Révolutionnaire d’une espèce bien e ! Le soir des jours d’émeute, comme le soir des jours où il avait combattu plume au National à côté de Carrel, il se reposait dans sa mansarde en arant une édition d’Hippoerate, ou en traduisant les œuvres les plus tantes de la critique moderne, ou en rassemblant les matériaux de cet able Dictionnaire historique de la langue française qui sera, sans doute, r surpassé, si nous finissons le nôtre... Grandes et fortes natures de héroïque de notre race ! Rien ne leur restait étranger. Ils avaient changé es de la vie; mais leur confiance dans l’esprit humain était absolue. ient des croisés, à leur manière ; ils héritaient sans le savoir de dix de vertu ; ils dépensaient en un jour le capital accumulé par vingt tions de silencieuse obscurité.

scepticisme n'était qu ‘une apparence ; ils étaient en réalité de foucroyants. Ils pratiquaient le désititétéséémient absolu ; ils aimaient la euse pauvreté. À toutes les propositions de fonctions rémunérées qui lui t faites dans l'esprit le plus libéral, Littré répondit par un refus. Un on le pressait : : € Je ne peux rien accepter, dit-il; en ce moment, ce mes idées qui triomphent. » Sa vie fut longtemps celle d’un artisan te. Si plus tard le travail amena pour lui la fortune, ce fut à son insu, qu’il l’eût voulu et presque malgré lui. Il alla jusqu’à ces paradoxes qui isent parfois les héroïsmes vertueux. Il eût tenu pour déplacé tout e plaire ; les séductions les plus légitimes du talent, il se les interdià dessein, il laissait son style un peu négligé. Rien chez lui de l’homme tres. Sa tivdestie certainement fut exagérée, puisqu elle lui fit croire était disciple quand en réalité il était maitre, et qu’on le vit se suborer à des personnes auxquelles il était fort supérieur. Tel était son amour vérité que, seul peut-être en notre siècle, il put se rétracter sans ndrir. La vérité le menait comme un enfant; il se soumit à elle quand sa l'avoir trouvée ; il s'arrêta quand il craignit de n’être plus avec elle ; eula quand il crut l'avoir dépassée.

Et VOYEZ, Monsieur, combien notre sort est étrange et quelle ironie > supé-

rieure semble s'attacher à nos pauvres efforts! Même dans l'ordre de la vérité, nos qualités nous servent souvent moins que nos défauts. Il ne faut pas être trop parfait. Moins sincère, Littré eût peut-être évité quelques. erreurs. Les défauts de sa philosophie furent ceux d’une âme trop timorée: Ses apparentes négations n'étaient que la réserve extrême d’un esprit quin redoute les affirmations hasardées. Il avait tant de peur d'aller au delà de ce qu'il voyait clairement qu’il restait souvent en deçà. Vertueuse abstentions doute fécond, que Descartes eût compris ; respect exagéré peut-être de la

vérité! Il craignait de sembler escompter ce qu'il désirait et de prendre trop ;

vite pour une réalité ce qui vraiment n’eût été que juste. Hésitation qui implique un culte mille fois plus délicat de l’éternel idéal que les téméraires solutions qui satisfont tout d’abord les esprits superficiels ! La vérité est une grande coquette, Monsieur! Elle ne veut pas être cherchée avec trop de passion. L’indifférence réussit souvent mieux avec elle. Quand on croit la”

tenir, elle vous échappe : elle se livre quand on sait l’attendre. C’est aux

heures où on croyait lui avoir dit adieu qu'elle se révèle; elle vous tient rigueur, au contraire, quand on l’affirme, c'est-à-dire quand on l'aime trop:

Vous avez fait des réserves, Monsieur, sur les doctrines philosophiques. auxquelles M. Littré s'était attaché et auxquelles il déclarait devoir le bonheur de sa vie. C'était votre droit. Je n’userai pas du droit semblable que j'aurais: Le résumé ou, comme on disait autrefois, le « bouquet spirituel » de cette séance doit être que l’ardeur pour le bien ne tient à aucune opinion spéeula=

tive. Je vous ferai d’ailleurs ma confession : en politique et en philosophie,

quand je me trouve en présence d'idées arrêtées, je suis toujours de l’avis de

mon interlocuteur. En ces délicates matières, chacun a raison par quelque

côté. Il y a déférence et justice à ne chercher dans l'opinion qu’on vous pro-

pose que la part de vérité qu’elle contient. Il s’agit ici, en effet, de ces ques-

tions sur lesquelles la providence (j'entends par ce mot l’ensemble des conditions fondamentales de la marche de l’univers) a voulu qu'il planât un

absolu mystère. En cet ordre d'idées, il faut se garder de parti pris ; il est

bon de varier ses points de vue et d'écouter les bruits qui viennent de. tous les côtés de l’horizon.

C’est ce que fit M. Littré toute sa vie. Je regrette cependant, comme vous, que ce grand et fidèle ami de la vérité se soit renfermé dans une école portant un nom déterminé, et ait salué comme son maitre un homme qui, bien que considérable à beaucoup d’égards, ne méritait pas un tel hommage. Si je m'abandonnais à mon goût personnel, je serais peut-être aussi peu favorable que vous à M. Auguste Comte, qui me semble le plus souvent répéter en mauvais style ce qu'ont pensé et dit avant lui, en très bon style, Descartes, d’Alembert, Condorcet, Laplace. Mais je me défie de mon avis, car je suis un peu, à l'égard de ce penseur distingué, dans la situation d’un jaloux. M. Littré avait pour moi une bonté dont je garde un profond souvenir; je sentais cependant qu’il m'aurait aimé beaucoup plus si j'avais voulu être comtiste. J'ai fait ce que j'ai pu; je n'ai pas réussi. Je sentais chez lui un reproche secret. Quand nous nous trouvions tous les deux seuls à nos séances de l'Histoire littéraire de la France de l'Académie des inscriptions et belleslettres, je me croyais en présence d’un confesseur, mécontent de moi pour quelque motif secret qu'il ne me disait pas. Cela me troublait. Pas plus que

ot

vous, Monsieur, je ne suis done en situation de rendre pleine justice à M. Comte. Je ne puis cependant m'empêcher d’être ému quand je vois tant d'hommes de valeur, en France, en Angleterre, en Amérique, accepter ce nom comme un drapeau. Avec l’habitude que je peux avoir des choses de l'esprit humain, je suis amené à croire que M. Comte sera une étiquette dans l'avenir, et qu “il occupera une place importante dans les futures histoires de b philosophie. Ce sera une erreur, j'en conviens; mais l'avenir commettra tant d’autres erreurs ! L’humanité veut des noms qui lui servent de types et de chefs de file ; elle ne met pas dans son choix beaucoup de discernement. FxLe positivisme, dites-vous, dans ses applications à la politique, n’a pas vu ses prophéties réalisées. Cela est très vrai. La condition du prophète est devenue de nos jours singulièrement difficile. La politique et la philosophie n’ont plus grand'chose à faire ensemble. Connaissez-vous une école qui ait mieux deviné ces jeux de la force, de la passion et du hasard, qu'on a bien r assurément de vouloir assujettir à des lois ? Pour moi, je ne vois pas une éorie politique au nom de laquelle on ait le droit de jeter la première pierre théories vaincues. Je ne vois qu’une différence, c’est que le principal ésentant du positivisme a confessé son erreur, tandis que nous attendons core l’aveu de ceux qui n’ont pas été plus infaillibles que lui. A la philosophie de M. Littré vous en préférez une autre qui, vous le supez, aurait ici « un dernier refuge ». Ah ! ne vous y fiez pas trop, Monsieur. La zone de notre protection littéraire est bien large ; elle s'étend depuis Bossuet j jusqu'à à Voltaire. Souvent, nous aimons à être l'asile des vaincus ; la use qui aurait chez nous son dernier refuge pourrait done être assez ade. Nous ne patronnons pas les doctrines; nous discernons le talent. là comment nous n'avons jamais de déconvenues ni de démentis. Tout e, et nous ne passons pas; car nous ne nous attachons qu'à deux choses nous l’espérons, seront éternelles en France : l'esprit et le génie. Nous pectons toutes Les formes dont on peut revêtir une croyance élevée. Vous servez de deux mots, par exemple, dont, pour ma part, je ne me sers is, spiritualisme et matérialisme. Le but du monde, c'est l’idée ; mais je connais pas un cas où l’idée se soit produite sans matière; je ne connais d'esprit pur ni d'œuvre d’ esprit pur. L'œuvre divine s accomplit par la dance intime au bien et au vrai qui est dans l’univers; je ne sais pas bien je suis spiritualiste ou matérialiste.

Il est prudent de n’associer le sort des croyances morales à aueun ème. Le mot de l'énigme qui nous tourmente et nous charme ne nous jamais livré. Pour moi, quand on nie ces dogmes fondamentaux, j'ai > d’y croire ; quand on ls affirme autrement qu’ en beaux vers, je suis pris doute ivineible, J'ai peur qu ‘on n’en soit trop sûr, et, comme la ique dont parle Joinville, je voudrais par moments bréler le paradis par ur de Dieu. C’est le doute, en pareil cas, qui fait le mérite. La grandeur vérités de cet ordre est de se présenter à nous avec le double caractère possibilités physiques et d’absolues nécessités morales. Si je vois la u songer trop à ses placements sur une vie éternelle, je suis tenté de lui inuer discrètement la possibilité d’un méeompte. L'humanité doit sûreit être écoutée en ses instincts ; l'humanité, au fond, a raison; mais dans orme, dans le détail, oh! la chère et touchante rêveuse, comme sa piété

peut l’égarer ! Et cela est tout simple ; il est des questions insolubles sur lesquelles le sentiment moral veut une réponse. On prend à cet égard les plus belles résolutions de sobriété intellectuelle, et on ne les tient pas. Notre grand Littré passa toute sa vie à s’interdire de penser aux problèmes supé rieurs et à y penser toujours. Pauvre bonne conscience humaine! q d'efforts elle fait pour saisir l’insaisissable! Comme on aime à la voir se gou mander, se reprendre, se critiquer, se maudire, s’irriter contre elle-même, se remettre à l'œuvre après chaque découragement, pour renfermer dans une formule ce qu’il lui est interdit de savoir et ce qu’elle ne peut se résigner à ignorer ! | 1e Vous avez mille fois raison, Monsieur, quand vous mettez au-dessus de’ tout pour le progrès de l’esprit humain le savant qui fait des expériences et crée des résultats nouveaux. M. Comte n’en a pas fait; mais je vois dans votre Académie d’habiles inventeurs qui déclarent cependant lui devoir be coup. Littré non plus n’a pas fait d'expériences ; mais vraiment il n’en pr vait pas faire ; son champ, c'était l'esprit humain, on ne fait pas d'expériences sur l'esprit humain, sur l’histoire. La méthode scientifique, en cet ordre, ce qu'on appelle la critique. Ah! sa critique, je vous assure, était excellente Il ne s’agit pas seulement, en ces obscures matières, de savoir ce qui est possible, il s’agit de savoir ce qui est arrivé. Ici la discussion historique retrouve tous ses droits. Ce que Pascal a dit de l’esprit de finesse et de l'esprit géométrique reste la loi suprême de ces discussions, où le malentendu est si facile. Les problèmes moraux exigent ce qu’on peut appeler la critique générale. Ils ne se laissent point attaquer par la méthode scolastique. Pour être apte à jouir de ces vérités, qu’on aperçoit, non de face, maïs de côté et comme du coin de l'œil, il faut la culture variée de l'esprit, la connaïssance de l’humanité, de ses états divers, de ses faiblesses, de ses illusions: de ses préjugés, à tant d’égards fondés, en raison de ses respectables absurdités; — il faut l’histoire de la philosophie, qui parfois rend religieu l’histoire de la religion, qui souvent rend philosophe, l’histoire de la science qui devrait toujours rendre modeste; — il faut la connaissance d’une foule. de choses qu'on apprend uniquement pour voir que ce sont des vanités; — il faut, par-dessus tout, l'esprit, la gaieté, la bonne santé intellectuelle d’un Lucien, d’un Montaigne, d'un Voltaire. Et le résultat final, c'est encore que le plus grand des sages a été l’Ecclésiaste, quand il représente le mondè … livré aux disputes des hommes, pour qu'ils n’y comprennent rien depuis un bout jusqu’à l’autre. Qu'importe, après tout, puisque le coin imperceptible de la réalité que nous entrevoyons est plein de ravissantes harmonies, et que Ja vie, telle qu'elle nous a été octroyée, est un don excellent et pour chacun de nous la révélation d’une bonté infinie ! s APR « Celui qui proclame, dites-vous, l'existence de l'infini accumule dans cette affirmation plus de surnaturel qu'il n’y en a dans tous les miracles de toutes les religions. » Vous allez, je crois, un peu loin, Monsieur; vous donnez là un certificat de crédibilité à des choses étranges. Permettez-moi une distinction. Dans le champ de l'idéal, oh! vous avez raison; là on peut évoluer durant toute l'éternité sans se rencontrer jamais. Mais l'idéal n’est pas le surnaturel particulier, qui est censé avoir fait son apparition à un point du temps et de l’espace. Celui-ci tombe sous le coup de la critique.

ls, du genre de ceux qui remplissent l'histoire religieuse, M. Littré Île à montrer qu'ils n'arrivent pas ; et, s'ils n'arrivent pas, n'est-ce point de se poser la question de Cicéron : « Pourquoi ces forces secrètes Îles disparu? Ne serait-ce pas parce que les hommes sont devenus moins ules? »

a méthode de M. Littré reste donc excellente dans l’ordre des faits auxil l’applique d'ordinaire. Les faits où l’on croit voir des interventions lontés particulières, supérieures à l’homme et à la nature, disparaissent ‘sure qu’on les serre de plus près. Aucun fait historique de ce. genre prouvé ni dans le présent, ni dans le passé, — j'entends prouvé sérieuent, d’une de ces preuves qui excluent toute chance d'erreur, — d’une de Deenyes comme celles que M. Biot vous demandait et que vous lui avez ies, — d’une de ces preuves telles que vous les exigez de vos contrars di que rarement ils peuvent vous fournir. Or, il n’est pas conforme à rit scientifique d'admettre un ordre de faits qui n’est appuyé sur aucune tion, sur aucune analogie. Quod gratis asseritur gratis negatur. Croyez-

serait pas ce qu'il est sans elle, et j'ose dire que vos sciences, dont e si hautement les résultats, n’existeraient pas s’il n’y avait, à côté , une gardienne vigilante pour empêcher le monde d’être dévoré par la tition et livré sans défense à à toutes les assertions de la crédulité.

instrument de l expérience, si merveilleux entre vos mains, mais sn à ins, peuvent créer la certitude et amener des résultats importants. ez-moi de vous rappeler votre belle découverte de l’acide droit et de gauche. Il y a aussi, dans l’ordre intellectuel, des sens divers, des ons apparentes qui n ’excluent pas au fond la similitude. Il y a des V'ilest aussi impossible de ramener l’un à l’autre qu’il est impossible, a comparaison dont vous aimez à vous servir, de faire rentrer deux Fun dans l’autre. Et pourtant les deux gants sont également nécestous deux se complètent. Nos deux mains ne se superposent pas: mais euvent se joindre. Dans le vaste sein de la nature, les efforts les plus ajoutent, se combinent et aboutissent à une résultante de la plus ueuse unité. :

sa science colossale, puisée aux sources les plus diverses, par la é de son esprit et son ardent besoin de vérité, Littré a été à son jour s consciences Les plus complètes de l'univers. Le moment où il est venu e est un âge particulier, comme tous les autres âges, dans l'histoire > globe et de l'humanité. Mais sa haute vie l’a mis en rapport avec éternel qui agit et se continue à travers les siècles ; il est immortel. Il pris son heure mieux que personne ; il a vécu et senti avec l humanité ni ns il a partagé ses espérances; si l’on veut, ses erreurs ; il n'a devant aucune responsabilité. Penseur, il ne vécut que pour le vrai. itique, il suivit la règle que doit s’imposer le patriote consciencieux : sollicita aucun mandats ; 1l n’en refusa aucun. Son honnêteté supérieure

couvrit tout, en l’élevant à ces hauteurs où ce que les uns blâment, ce que les autres approuvent, n ‘est plus que raison impersonnelle, dévouement et. devoir, Dans ses dernières années, il vit la forme de gouvernement pour laquelle il avait toujours combattu devenir une réalité. Vous croyez peut-être qu'il va triompher. Triompher ! oh! sentiment dénué de sens pour une âme philo= sophe ! Le lendemain de sa victoire, Littré est plus modeste que jamais. LE l'air de redouter son succès ; il se repent presque; je dis mal; non. il ne se repent pas; mais il devient le sage ac compli ; il se fait le conseillé Je modérateur de ses compagnons de Autte; si bien que les esprits superficiels F cessèrent de le compr endre, et peu s’en fallut qu'ilne fût aussi appelé traître à son tour. Il vit juste; car il vit la solution suprême des problèmes de Ja: politique contemporaine dans la liberté, non dans cette collusion puérile où chacun invoque à son profit un principe dont il est bien décidé à ne pas faire profiter les autres, mais dans la vraie liberté, égale pour tous, fondée sur la notion de la nbuinalité de l’État en fait de choses spéculatives. La mesure qu'il voulait pour lui, il la réclamait pour les autres, même quand il savait que ceux-ci ne lui rendraient pas la pareille s'ils étaient les maitres. Inese faisait à cet égard aucune illusion ; un an avant sa mort, il appelle encore le catholicisme « l’adversaire naturel de toutes les libertés » ; mais, tolérant pour les intolérants, il réclamait l'application abstraite des principes: Il était persuadé que les tolérants posséderont la terre et que le libéralisme qui n’a pas peur de la liberté des autres est le signe de la vérité. En 1872," visitant un phare sur les côtes de Bretagne, il tomba de la hauteur d'un premier étage ; il en fut quitte pour quelques contusions; un journaliste des environs regretta qu'il ne se fût pas tout à fait rompu 1 cou. « Nous ne pensions pas de même sur les croyances théologiques », ajoute M. Littré en racontant cette histoire, et telle est la forme que prenait son dissentiment.

S'il fut quelquefois faible, ce fut toujours par bonté. Nous vivons dans. un temps où il y a des inconvénients à être poli; on vous prend à la lettre: M. Littré avait pour principe de ne rien faire Pons éviter les malentendus. I votait souvent pour ses adversaires, afin de s'assurer à lui-même qu'il était bien impartial. Quel homme, Modaisir , et que vous avez eu raison de le comparer à un saint! On ne trouve à reprendre en lui que des excès de vertu: Lui manqua-t-il, en effet, quelque chose? Il ne lui manqua que des défauts. Parfois peut-être on regrettait qu'il ne sût pas sourire. L’ironie lui échappait; il ne la comprenait pas en philosophie; elle lui déplaisait en, politique. Or, le monde prêtant à la fois au rire et à la pitié, la gaieté a bien aussi sa raison d'être; une foule de choses ne peuvent s'exprimer que par là. Socrate trouvait son prolit aux soupers d’Aspasie; Littré n’aima que la. bonté. Il prit la meilleure part ; c’est la bonté qui fait vivre. Il se plaisait avec le peuple ; il était compris et apprécié de lui. Heureux celui qui est assez grand pour que les petits l’admirent ! La vraie grandeur, c’est d’être vu grand | par l’œil des humbles. Le chef-d'œuvre de Spinoza fut d'avoir été estimé de son logeur. Ce brave homme ne savait pas un mot des systèmes de son hôte ; il n'avait vu en lui qu'un homme bien tranquille, un parfait locataire. Ce furent ses renseignements qui fournirent à Colerus les traits de cette Vie

mirable qui, bien plus que l'Éthique démontrée géométriquement, a fait de pinoza un des saints de l’âge moderne. Littré, de même, avait le goût des ples ; les simples le lui rendirent. Quand il allait en Bretagne il remplisle respect ces bonnes gens de Plouha et de Roscoff, qui le prenaient pour atique. Il nous a raconté comment, étant à Lion-sur-Mer, sur la e, deux messieurs vinrent à passer: «Voilà Littré, dit l’un d’eux. tré ! dit l’autre, il a l’air d’un vieux due. »

228 là sa vraie définition. Grâce à lui et à quelques autres comme lui, > philosophie de notre âge a possédé dans son sein des vertus suscepï s d'être comparées à celles dont les religions sont le plus fières. Nature itiellement religieuse, il ne douta que par foi profonde et par respect vérité. Littré a vraiment été une gloire de notre patrie et de notre race. i s’est montré au plus haut degré ce que « le peuple gallican », comme it au moyen âge, a de droiture, de sincérité, d’honnêteté, et, sous ence révolutionnaire, de sage réserve et de prudente raison, Sa foi dans ; à fut absolue ; les mobiles inférieurs de la vie, l'intérêt, les ] jouissances, isir, furent chez lui entièrement subordonnés à la poursuite que sa etion lui marquait comme le devoir.

fin d’une si belle vie aurait dû être calme, douce et consolée. Mais cette > nature qui récompense si mal ici-bas ce qu’on fait pour coopérer à montra en ce qui le concerne sa noire ingratitude. Les dernières | % de notre éminent confrère furent remplies par de cruelles souffrances. sun écrit intitulé : Pour la dernière fois, il fit entendre sa plainte doucerésignée : « Je ne suis pas stoïcien, dit-il, et je n'ai jamais nié que la r fût un mal. Or, depuis bien des mois, la douleur m'accable avec rsistance désespérante. Cornelius Nepos rapporte que Pomponius , étant parvenu à l’âge de soixante-dix-sept ans et se sentant atteint maladie incurable, appela auprès de lui son gendre et sa fille. Il leur posa son état et leur demanda la permission de sortir d’une vie qui allait 1e bientôt, et d’abréger ainsi la durée de ses souffrances... Cette véridique re m'est revenue bien souvent en l'esprit, sans que je prémédite rien de ble à la résolution d’Atticus, sachant qu'aucune permission ne me er. »

a foi ne fut nullement atteinte par l’affaiblissement des organes. « Dans ps modernes, dit-il à la fin du morceau que je citais tout à l'heure et en quelque sorte son testament philosophique, est survenu un grave ent d'évolution, qui n’est plus ni une hérésie ni une religion nouvelle. héologique a disparu, et à sa place s’est montré le ciel scientifique ; ix n'ont rien de commun. Sous cette influence, il s'est produit un vaste rement dans les esprits. Il est bien vrai qu'une masse considérable est attachée à l’ antique tradition. Il est bien vrai aussi que, dans la tourmorale qui s'ensuit, plusieurs, renonçant aux doctrines modernes, rnent au giron théologique. Quoi qu'il en soit de ce va-et-vient qui ure trop individuel pour fournir une base d'appréciation, deux faits préérants continuent à exercer leur action sociale. Le premier, c'est le continu de la laïcité, c’est-à-dire de État neutre entre les religions, at pour tous les cultes et forçant l'Église à lui obéir en ce point capital ; ond, c’est la confirmation incessante que le ciel scientifique reçoit de

toutes les découvertes, sans que le ciel théologique obtienne rien qui en pr la structure chancelante. » de 4 « Je me résigne, ajoute-t- -il, aux lois inexorables de la nature... La philo= vas positive, qui m'a tant secouru depuis trente ans, et qui, me donnan un idéal, la soif du meilleur, la vue de l’histoire et le souci de l'humanité, m'a préservé d’être un simple négateur, m ‘accompagne fidèlement en ces der nières épreuves. Les questions qu'elle résout à sa manière, les règles qu’elle prescrit en vertu de son principe, les croyances qu’elle déconseille au nom de notre ignorance de tout absolu, je viens, aux pages qui précèdent, d’en faire un examen que je termine par la parole suprême du début : Pour la dernière fois. » ete

Va ai toujours eu peine, je l'avoue, devant les cercueils illustres, à par | cette héroïque résignation. « La mort, selon une pensée qu'admire M. LS n’est qu’une fonction, la dernière et la plus tranquille de toutes. » Pour moi, … je la trouve odieuse, haïssable, insensée, quand elle étend sa main froïidement aveugle sur la vertu et le génie. Une voix est en nous, que seules les bonnes et grandes âmes savent chtotire: et cette voix nous crie sans cessé: « La vérité et le bien sont la fin de ta vie; sacrifie tout le reste à ce but »5 et. quand, suivant l’appel de cette sirène intérieure, qui dit avoir les promesses. de vie, nous sommes arrivés au terme où devrait être la récompense, ah! la trompeuse consolatrice! elle nous manque. Cette philosophie, qui nous promettait le secret de la mort, s’exeuse en balbutiant, et l'idéal, qui nous avait attirés jusqu ‘aux limites de T air respirable, nous fait défaut qünhilif à l’ heure suprème, notre œil le cherche. Le but de la nature a été atteint; un puissant, effort a été tenté ; une vie admirable a été réalisée, et alors, avec cette insou=" ciance qui la caractérise, l’enchanteresse nous abandonne, et nous laisse en proie aux tristes oiseaux de la nuit.

Mais laissons là ces amères pensées ; car il est quelque chose que nous. gardons de lui : ce sont les lecons qu'il nous a données, cet ardent amour du. je droit et de la vérité, qui fut l’âme de sa vie. La patrie, qu’il a tant aimée, W la science, qu’il a préférée à lui-même, la vertu, dont il fit la règle de sa con ’ duite, sont des choses éternelles. Nous entendrons toujours ces sages paroles qui semblaient, par leur calme gravité, venir du fond d’un tombeau, et nous ! dirons pour finir par une grande pensée de lui : « Le temps. qui est beaucoup. pour les individus, n’est rien pour ces longues évolutions qui s’accomplissent dans la destinée de l'humanité. Déjà, du sein de la vie individuelle, il est permis de s’associer à cet avenir, de travailler à le préparer, de devenir ainsi, … par la pensée et par le cœur, membre de la société éternelle, et de trouver en cette association profonde, malgré les anarchies contemporaines et les découragements, la foi qui soutient, l'ardeur qui vivifie, et l’intime satisfaction de se réohitrs sciemment avec cette grande existence, satisfaction qui est Fe terme de la béatitude humaine. »

Votre dévouement absolu à la science vous donnait le droit, Monsieur, de succéder à un tel homme et de rappeler ici cette grande et sainte mémoire. Vous trouverez à nos séances un délassement pour votre esprit toujours préoccupé de découvertes nouvelles. Cette rencontre en une même compagnie de toutes les opinions et de tous les genres d’esprit vous plaira : ieï le rire

mant de la comédie, le roman pur et tendre, la poésie au puissant coup e ou au rythme harmonieux ; là toute la finesse de l’observation morale, se la plus exquise des ouvrages de l'esprit, le sens profond de l’histoire.

la n’ébranlera pas votre foi en vos expériences ; l'acide droit restera droit; l'acide gauche restera l'acide gauche. Mais vous trouverez que » udentes abstentions de M. Littré avaient du bon. Vous assisterez avec térêt aux peines que se donne notre philosophie critique pour faire l'erreur, en se défiant de ses procédés, en limitant l’étendue de ses s affirmations. À la vue de tant de bonnes choses qu’enseignent les n apparence frivoles, vous arriverez à penser que le doute discret, le Ru de finesse dont parle PAS ont bien aussi leur prix. An

D ouere nos hésitations ; vous nous communiquerez valré Vous nous apporterez surtout votre gloire, votre génie, l'éclat de tes. Soyez le bienvenu, Monsieur.

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