‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 117 sur 180 · LE + ; LÀ · texte numérisé non relu

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DISCOURS

Messieurs,

ind une société comme la vôtre est dans le plein éclat de sa | ée, il y a, pour ceux qui aiment la recherche de l’origine des , un vif intérêt à se demander quel a été le point de départ, la maîtresse et féconde qui a présidé à sa naissance. Vous avez celte curiosité chez votre président d’un jour, et vous lui avez a joie — que ses autres recherches ne lui donnent pas toujours uver facilement.

lendemain de la guerre, à ce moment d'examen de conscience ue où chacun, sentant habiter en soi l’âme de la France vaincue,

à dans les résolutions viriles et se promit de ne vivre qu'avec idée fixe — vous savez ce que je veux dire — quelques jeunes peine sortis du collège, comprirent de quel poids pesait : dans la lutte des peuples et ils se dirent : A qui pour-

s enseigner ce que nous venons d'apprendre? Ils avaient vu jours de la guerre civile et, se rendant compte que les idées t de responsabilité devaient être semées à pleines mains sur social, ils se dirent aussi : Où donc pourrions-nous répandre d° apaisement et de réconciliation ? Alors, comme ils avaient levenu rare, de se laisser entraîner par l’enthousiasme et les É généreux, ils conçurent l’idée de fonder une grande assoistruction et d'éducation populaires. |

ur pensée, il ne devait y avoir ni maîtres ni disciples, il n'y 1 présence que des jeunes gens réunis par la passion du trax qui savaient, offrant leur savoir à ceux qui voulaient re, tous remplis, comme le disait votre premier rapporteur, ur ardent de la France. Et, de part et d’autre, patrons et

in de l'Union française de la jeunesse, Paris, n° 10, mai 1886, p. 28-31. ANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES. 25

ouvriers de la première heure trouvèrent un des plus beaux noms de société qui aient jamais été trouvés : L'Union française de la Jeunesse.

Si je n’ai pas à vous apprendre, messieurs, le bien que vous avez su faire, je puis du moins me donner le plaisir de parler de votre « œuvre avec une entière liberté : je ne veux pas être gêné par vos sSCru«

pules de modestie. J’ai suivi, avec l'émotion d’un homme que les pro-

blèmes de l'instruction nationale ont passionné, j'ai suivi de bulletins.

en bulletins, d'étapes en étapes, votre marche en avant. Vous avez eu des commencements modestes. C'était parfois à côté d’un bal de barrière ou d’un comptoir de marchand de vin que vous allumiez brave= ment vos lanternes. Peu à peu elles ont brillé sur tous les points de Paris. Aujourd’hui, ce sont comme des phares qui déjà éco et

guident les foules.

Ah! si votre président ne m'avait pas prié de ne mettre aucun

nom en avant, pour ne pas blesser ceux que je distinguerais des autres, comme je me plairais à raconter les résultats de mon enquête!

Comme je voudrais citer les noms des élèves de votre cours célèbre de Reuilly et proclamer, dans cette distribution de prix, le nom de ce.

garçon de marchand de vin qui, arrivé sans aucune instruction dans

votre section Pigalle, est aujourd’hui aussi fort qu’un bon élève de

mathématiques élémentaires! Et pourquoi m’empéchez-vous encore,

Monsieur le Président, de faire tourner les regards et les applaudis-

sements de toute la salle vers ce domestique de pension qui; après

avoir obtenu la permission de suivre les cours des élèves, fit de tels progrès que maintenant — ses examens passés, ses grades universi- |

taires conquis, — il est devenu un de vos meilleurs professeurs ? Et pen-.

dant que je demandais d’autres détails, votre Président, qui avait hâte d'arriver à vous, mesdemoiselles, me disait : ;

« De tous nos élèves, les ess filles sont de beaucoup les plus tes et les plus distinguées.

Par une originalité qui est une fe formes de votre dévouement, vous vous êtes arrangés pour que ce ne soient pas les élèves qui se plient aux exigences des maîtres, mais pour que ce soient les maîtres qui se conforment aux besoins des élèves. Vos chefs de section ont demandé quels étaient les désirs de leurs auditeurs, et partout ils y ont répondu par l’ouverture d’un cours spécial : cours de littérature française, cours de langue allemande, d'histoire, FAT de dessin, vous avez suffi à tout. |

Au faubourg Saint-Antoine, vous installez un cours de géométrie pour venir en aide aux ouvriers en bois et aux ouvriers mécaniciens. A côté du Jardin des Plantes, vous organisez, pour une vingtaine de

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