OCT OR PO TRES
DISCOURS PRONONCÉ AU BANQUET DU STANLEY CLUB SOUS LA PRESIDENCE DE M. MAC-LANE MINISTRE DES ÉTATS-UNIS À PARIS [AVRIL 1886] (1)
Monsieur le Ministre, Messieurs,
L vous remercie cordialement du grand honneur que vous m'avez en m'invitant à prendre part à ce banquet qui réunit l'élite des
s Renvricaine et ue présentes à Paris.
nalité. Permettez-moi donc de me confesser à vous, sur un point ature.
éloges m inspirent toujours une grande humilité. Quand on
L 0 scientifiques, je me porte d’instinct vers les crians me préoccuper des éloges. Je suis pénétré de reconnaissance eux ei Fe ont donné un bon avis, un doute auquel j je n'avais pas
s il y a en moi, si je puis ainsi dire, un autre moi-même. rsque je crois avoir épuisé toutes les combinaisons expérimen-
un homme d’humeur facile ; si l’on ne donne attention qu’à la ide, Done comme un homme d'humeur farouche, violente
Témoin une scène récente à mon laboratoire devant une personne qui voulait discuter ma méthode de prophylaxie de la rage : « Je ne suis plus, lui dis-je, aux mois d’octobre et de novembre 1885. » A cette époque, en effet, j'étais l’homme timide, inquiet, préoccupé, ne dormant pas, ayant chaque nuit des cauchemars de la rage.
Au mois de mars dernier, tout était changé. J'avais des preuves de ma méthode et je pouvais parler haut et ferme.
C’est que la science est bien différente de la politique, par exemple.
La vérité scientifique acquise défie la contradiction.
Que m'importent toutes les injures des anti-vaccinateurs, antivivisectionnistes, etc….? Je ne donne à leurs craintes intéressées aucune attention. Que m’importent les insinuations, les temporse les jalousies, peut-être, des grandes ou des petites gazettes ?
La sagesse est d'attendre, disent-elles. Soit; moi aussi, j'attends, mais avec confiance. Je crains que beaucoup attendent avec l'espoir mal dissimulé d’un insuccès.
Mais toutes les nations ne se ressemblent pas. Vous, messieurs, gentlemen de l'Amérique du Nord, vous avez eu confiance. Vous avez compris el vous vous êtes souvenus que, depuis plus de cinq années que j'étudiais la rage, avec l’aide de collaborateurs dévoués, j'avais d’abord rendu réfractaires à la rage de nombreux chiens et que je n'avais eu la hardiesse de m'adresser à l’homme mordu qu'après avoir expérimenté avec succès sur des animaux.
Libres de préjugés de races, amis du progrès et allant à lui d’où qu'il
vienne, vous n'avez pas hésité à envoyer à Paris les enfants de Newark. Et vous avez aujourd’hui, non seulement un hospice Pasteur à New-
York, mais un citoyen, m’a-t-on dit, qui porte le nom de Patrik-
Pasteur Ryan. “à
Le sentiment personnel, que je dénonçais tout
désirer de pouvoir vous remercier de votre bienveillance par l’annonce d’un progrès nouveau.
Que se passe-t-il dans les inoculations successives ?
Quand on se reporte à la vaccination contre le charbon et les autres vaccinations déjà acquises, conséquences de la découverte née dans mon laboratoire des virus atténués, et qu’on les met (ces vaccinations) en regard de la pratique nouvelle, on est porté à croire que Pétat réfractaire à la rage est produit par des virus de virulence graduée. Il n’en est rien. Le virus virulent des liquides préservateurs de la rage est accompagné d’une matière non virulente qui détermine l’état réfraclaire.