‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 34 sur 180 · CENT ART PET NE · texte numérisé non relu

CENT ART PET NE

ner, À.

C’est ainsi que les choses paraissent se passer. Les faits si nombreux que j'ai observés s’expliquent dans cette manière de voir.

Mais je viens d'employer un mot qui demande explication: c’est celui de modification progressive du virus. La modification progressive . d’un être microscopique, qui se traduit et s’affirme par un changement incessant dans une virulence qu’on doit vraisemblablement considérer comme un effet de multiplication de cet être dans un organisme supérieur, est tellement en dehors de tout ce que nous savons des manifestations actuelles de la vie que je résiste depuis plus d’une année à en accepter les conséquences. Une hypothèse tout autre est conciliable avec les faits. Ne se peut-il pas, en effet, qu'il n’existe que deux virus du choléra, l’un très virulent, toujours mortel, l’autre très atténué, n’amenant pas la mort, qui résulterait d’une modification du premier par l'air et dont le mélange en diverses proportions avec celui-ci donnerait lieu à toutes Les virulences imaginables? J’ai multiplié à l'infini, si je puis ainsi parler, les épreuves expérimentales pour faire surgir la vérité de cette séduisante hypothèse, et je dois déclarer que j'ai été vaincu. J'emploie cette expression parce que je croyais cette hypothèse xacte, et que je me suis acharné à la démontrer. Elle eût été si naturelle, elle eût tant rapproché les faits de virulence à tous les degrés d’inductions scientifiques actuellement permises que je ne l’ai aban- donnée qu’à mon corps défendant. Il y avait un criterium de la vérité ou de l'erreur. Dans le cas où je pourrais obtenir un virus atténué du choléra des poules qui ne tuerait pas, qui provoquerait le mal, mais arrêterait et se résorberait devant la résistance vitale de la poule ant de donner la mort, j'aurais vraisemblablement le second terme dont je viens de parler, le second virus, celui qui, mélé au virulent, ferait les virulences progressives. Ce virus cultivé se reproduirait semblabie à lui-même, non seulement dans des milieux de culture artificiels, mais dans le corps des animaux. Eh bien, ce virus atténué au point de ne plus provoquer la mort par inoculation je le possède. Il s'est présenté naturellement à moi dans mes cultures pour l’obtention des irus atténués par le contact de l'air, non pas une fois, mais plusieurs. Toutefois comment s’assurer que ce virus est un être suigeneris capable e se reproduire identique à lui-même dans toutes les circonstances ou qu’il est susceptible de modifications incessamment progressives, qu'enfin il peut revenir par gradations successives à la grande virulence de 10 morts sur 10, de 20 morts sur 20 ? Voici le moyen d’y parvenir. L’inoculation, ai-je dit, de ce virus atténué amène la maladie et non la mort. La maladie, elle, amène la fièvre. En conséquence, quoi de plus simple, peut-être, que d'accroître la maladie et de provoquer la mort!

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On n’a jamais eu ce résultat, c’est vrai, avec le vaccin humain. On ne connaît pas un seul exemple avéré de mort par le vaccin; mais un essai de vaccination sur tout Le corps, qui serait un crime dans l’espèce humaine, est possible chez les poules avec notre virus-vaccin du choléra des poules. Faisons donc des inoculations multiples et simultanées à un certain nombre de poules à l’aide de notre virus-vaccin. L'expérience démontre qu’on a quelquefois la mort. Reprenons le virus dans le sang de la poule morte ; inoculons-le également par inoculations multiples et simultanées. Or, il arrive, sans que l'expérience laisse la moindre place au doute, que la mortalité à la suite d’une seule inoculation s’accroît de plus en plus, c’est-à-dire qu’il y a retour à la virulence maximum.

Je ne crois pas, en présence de ces faits, qu’on puisse douter que

le microbe du choléra des poules, par sa culture et son séjour dans le

corps de la poule, reprenne de la virulence, c’est-à-dire qu'ayant vécu

et ayant formé un grand nombre de générations successives dans ce milieu, il devient plus apte à s’y propager et à vaincre la résistance vitale de l’animal, à peu près comme on voit une race d'hommes ou d'animaux s’acclimater peu à peu dans un pays nouveau, y prospérer et résister peu à peu à des causes naturelles de maladie et de destruction. Qui sait même si l’on ne doit pas voir ici, en se plaçant au point de vue du transformisme, un exemple d’une modification de race par la multitude infinie de générations successives, accomplies dans un temps très court à l’intérieur de l’organisme de la poule. S'il faut des

millions de générations et des milliers d'années dans une espèce.

déterminée pour qu’elle s'adapte à des conditions de milieu et qu’elle y revête des modifications stables, n'oublions pas que c’est par milliards qu’on peut compter les générations formées, dans un temps relativement très court, par le microbe du choléra après qu’il a été inoculé à la poule. Il se peut que le phénomène si exigu et si misérable en apparence de la vie d’un parasite microscopique nous offrit un exemple des transformations plus ou moins profondes que les grandes espèces de la création mettent un temps immense à accomplir. N'oublions pas, à ce propos, ce fait vraiment remarquable que le maximum de virulence dans le microbe du choléra nous a été offert par le microbe retiré des poules malades de cette affection [lorsqu'elle est à l’état] de maladie chronique. Il semble donc que, plus est prolongée dans le corps de l'animal la présence du petit parasite, plus grande devient sa virulence

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LA DURÉE DE LA PRÉSERVATION DU CHOLÉRA DES POULES | DES INOCULATIONS PRÉVENTIVES DE SON VIRUS ATTÉNUÉ

[AVEC LA COILABORATION DE M. TauizLiEr] (!)

. Le temps et l’action de l’air diminuent la virulence de cet > microscopique jusqu’à la rendre nulle. Chacun des états

r le rôle de vaccin pour une ou plusieurs des virulences supé- On peut, par des inoculations préventives, vacciner à tous les vacciner peu, vacciner beaucoup, vacciner au maximum, e pour le virus le plus virulent. Suivant la réceptivité indiun vaccin, toutes choses égales d’ailleurs, préserve plus ou

est la durée de l’immunité acquise par les inoculations ? On peut s’en rendre compte en pratiquant après des bles sur les sujets vaccinés des inoculations de virus

| février 1880, dix poules déjà vaccinées par des inoculations

> antérieures sont vaccinées au maximum Fe une dernière

n d’un virus très virulent.

mars suivant, elles sont réinoculées par un virus très viru-

n’en éprouvent pour ainsi dire aucun effet.

mois de mai, deux mois et demi après leur vaccination

n, on les réinocule de nouveau par un virus très virulent. Une

L; les autres sont malades mais survivent.

ut donc conclure qu'après un intervalle de deux mois et

la perte partielle — totale même quelquefois — de l’immunité este. |

a continué ces expériences en 1881.

nt vacciné en 1880, soit intentionnellement, soit par les néces-

ote inédite, rédigée en avril 1881 et revue par Pasteur en octobre 1884. En marge, a écrit : « À publier, Arbois, le 11 octobre 1884. L. P. »

édiaires peut être fixé dans des cultures artificielles, capables

sités de mes recherches, un grand nombre de poules, cent cinquante environ, on les a soumises aux observations suivantes :

On a pris d’abord au hasard vingt d’entre elles, depuis fort longtemps très bien guéries de leurs inoculations préventives, on les a inoculées par un virus très virulent qui tuait vingt poules ordinaires sur vingt en moins de quarante-huit heures (1). L'expérience eut lieu un . an après les vaccinations. De ces vingt poules vaccinées depuis un an, toutes furent malades plus ou moins et cinq seulement ont résisté, les quinze autres sont mortes. En conséquence, l’immunité acquise pour le choléra des poules par des inoculations préalables de leurs virus

atténués s’est éteinte en moins d’une année pour les trois quarts des

sujets vaccinés.

Afin de comparer l'effet produit à celui qu’on obtiendrait par les réinoculations d’un virus moins virulent, on a prélevé de nouveau 20 poules dans le lot des vaccinées depuis un an et on les a inoculées par un virus qui, essayé pour sa virulence sur 20 poules neuves, en a tué 13. Or, ce même virus appliqué aux 20 poules vaccinées en a fait périr 6 seulement.

L'immunité acquise est donc chose tout à fait relative et variable avec l'intensité de virulence du virus qui frappe. Un animal est vacciné pour un virus, il ne l’est pas pour un autre de même nature, mais plus actif. |

Ne croirait-on pas, en comparant les résultats qui préchdelié relatifs à la préservation du choléra des poules, aux faits de préservation de la variole humaine par la vaccine que l’immunité pour le choléra a une durée beaucoup moindre que l’immunité vaccinale de la variole? En réalité, toute comparaison de cette nature est impossible. La méthode que nous venons d'appliquer à la recherche de l’immunité du choléra des poules n’a jamais été suivie, excepté dans quelques observations isolées, pour juger de l'efficacité de la vaccine humaine. Dans ce dernier cas, on a recours, le plus souvent, à des statistiques. On

1. Origine de ce virus. Au commencement du mois de mai 1880, M. le Vicomte de Sarret, de Béziers, m’écrivit qu'il y avait une grande mortalité dans la basse-cour de sa ferme et dans les villages voisins. Sur ma demande, il eut l'obligeance de m’envoyer le 1e mai un panier contenant deux poules, un coq et une pintade, morts avant le départ. Il fut facile de reconnaître par les désordres intérieurs et la culture de leurs sangs que ces animaux étaient tous morts du microbe du choléra des poules.

Le ? juin suivant, avec un des flacons de culture du sang du coq préparés le 13 mai, j’ensemençai du bouillon de poules qui fut aussitôt placé dans des tubes de verre, contenant très peu d’air, qu’on ferma à la lampe. Dès le 4 juin, le trouble de la culture formé pendant les quarante-huit heures précédentes tombait au fond des tubes.

C’est un de ces tubes fermés qui fut ouvert neuf mois après, le 2 mars 1881, et ensemencé à son tour. Le 4 mars, la nouvelle culture essayée pour sa virulence sur plusieurs poules amena la mort de toutes en moins de vingt-quatre heures. Tel est le virus qui a servi aux inoculations des expériences décrites ci-dessus.

e sera sans doute jamais. Personnellement je n’hésiterais pas à > qu'un grand nombre de ces enfants prendrait la variole et qu’un ain nombre succomberait à l'affection.

n d’autres termes, quand on po de préservation de la variole le vaccin, il ne faut pas oublier qu’on ne considère, à l'ordinaire, la préservation contre la variole non inoculée, s’introduisant par causes banales de contagion et non par une piqûre directe chargée rus varioleux. Bref et toute réserve faite sur la comparaison entre maladies de nature différente, entre des animaux d’une durée de

i qu'il en soit, il y aurait un grand intérêt à pouvoir donner à stion que nous venons de poser, au sujet de l’immunité vaccinale variole comparée à celle du choléra par des inoculations préven- Fin Lx sr au moins indirecte.

nos poules vaccinées des expériences ayant pour objet de soumettre

s poules vaccinées à une épidémie provoquée, à des causes de tagion naturelle, au lieu de leur inoculer le mal par des piqûres

munité qui leur sera propre en les associant à des poules neuves aires.

Dppolons d’abord ce que sont les causes de contagion naturelle

dans les épidémies des basses-cours. Nous avons reconnu antérieurement que les excréments des poules malades du choléra renferment le microbe auteur de l’affection, que celui-ci se cultive en certains points du canal intestinal qu’il ulcère, que dès lors la maladie doit se propager par les matières rendues et la souillure qui en résulte pour la nourriture des poules encore saines.

Toujours sur notre même lot de poules vaccinées au maximum ül y a un an, prélevons 20 poules et associons-les à 20 poules neuves. A ces 40 poules réunies dans la même volière et faciles à distinguer les unes des autres parce qu’on a coupé l'extrémité des ailes aux 20 vaccinées, nous avons donné des repas contaminés par le microbe du choléra le plus infectieux, celui qui tue 20 poules sur 20 en quarantehuit heures. Cette contamination se faisait directement en mêlant à du son des fragments de muscles, des fragments de cœur et du sang de poules mortes du choléra qu’on avait inoculées directement pour la circonstance. D’autres fois, on a donné les fragments de muscles malades directement, en nature : les poules en sont très friandes. On avait d’ailleurs le soin de faire manger chaque poule isolément sous un panier, afin d’être sûr que toutes recevaient de la matière infectieuse.

Les repas, au nombre de neuf, furent distribués, à intervalles variables, du 19 janvier au 31 mars 1881.

Pendant cet intervalle de temps, il est mort :

12 poules sur les 20 neuves 3 poules sur les 20 vaccinées un an auparavant.

Ces résultats rapprochés de ceux que j'ai fait connaître tout à l'heure peuvent être résumés en ces termes : ;

Lorsque des poules ont été vaccinées, l’immunité tend à disparaître progressivement à la suite de la vaccination; mais la durée de cette immunité est incomparablement plus longue vis-à-vis des causes naturelles de contagion, c’est-à-dire de celles qui se manifestent au moment d’une épidémie, qu’elle ne l’est pour des communications du mal par des inoculations directes du virus très virulent.

On peut s’étonner que des 20 poules qui ont reçu, à neuf reprises, des repas infectieux toutes ne soient pas mortes. J'avais déjà reconnu antérieurement que les poules qui ne meurent pas sous l'influence de tels repas s’en trouvent vaccinées.

Il se pourrait donc queles 8 poules neuves qui ont résisté sur les 20 mises en expérience, par comparaison avec les 20 vaccinées, se fussent vaccinées elles-mêmes sous l'influence des repas contaminés. Rien de plus simple que de soumettre ce doute à l’expérience. À cet effet, le 4 avril, on a placé dans la grande volière aux 40 poules, réduites

pour une série, à 17 pour l’autre, un nouveau lot de 9 poules onques, sortant du marché et à toutes on a donné un nouveau et » repas contaminé. Or, le 10 avril, 7 sur 9 de ces nouvelles | étaient mortes (1 le 5 avril, 1 le 6, 1 le 7, 3 le 8, 1 le 9). Au ire, pas une des 8 restant des 20 poules neuves de l’origine n’a mbé dans cet intervalle, ni ultérieurement. Ces 8 poules ont donc en réellement vaccinées ee les repas qu’elles ont pris du 19 jan- À Ja fin de mars.

études qui précèdent éclairent d’un jour n nouveau les questions amunité acquise par les inoculations vaccinales dans les maladies

1s m'y arrêter davantage, je ferai seulement observer, au sujet de cine et‘de la variole, que, d’une part, la vaccine doit vacciner ent au maximum; que son efficacité, d’autre part, n’en est pas précieuse parce qu’elle n’a à exercer son influence que contre ses banales de la contagion variolique; mais, dans des cas mie ou pour braver des causes de contagion encore plusdirectes, ccinations sont indispensables, particulièrement pour mettre à | l'affection variolique les constitutions très susceptibles, celles e: quelles Driié vaceinale disparait plus promptement. On

un an, qu’elles auraient résisté à la contagion par ces repas et D l'épidémie que nous avons PESTE à dessein, et

D. que dans les expériences précédentes on a donné des mbreux avec ..…... (!). Dans les basses-cours les conditions de on sont moindres. On peut, dès lors, évaluer à une année durée de l’immunité, contre les causes banales de choléra,

vaccinées.

ne Avril 1881.

ss rendent également probable que pour préserver les moutons les atteintes du charbon il ne serait pas nécessaire de les

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