SUR LES DENRÉES ALIMENTAIRES : VERDIES AU MOYEN DES SELS DE CUIVRE
v: Î : Paris, le 15 novembre 1879.
Monsieur le Préfet, :
une des précédentes séances du Conseil, vous avez chargé une Com- , composée de MM. Pasteur, Poggiale et Brouardel, de vous présenter veau Rapport sur la question du verdissage de certaines denrées alimenau moyen des sels de cuivre.
Cette question, déjà bien souvent discutée dans le sein du Conseil, lui est eau soumise aujourd’hui, à la suite d’une lettre de M. le Procureur épublique. L'analyse du dossier qui nous a été transmis fera comle but de cette nouvelle délibération. Ce dossier renferme neuf pièces au | Asian il nous n’en relaterons que les points les plus impor-
à son examen. rad avoir cité les conclusions de la thèse de pe e (Paris, 1875), dans lesquelles cet auteur admet l’innocuité presque
ces nouvelles “ibinent confirmer he conelusions du travail de e, l'Administration n’en devrait pas moins proscrire le traitement ves alimentaires par les sels de cuivre. Qui dit petits pois, dit un iturel donné par la végétation, et où le cuivre est absent. La tolérance
Fi Conseil diopte ces conclusions dans la séance du 9 février 1877. 1e Enr du 17 mai 1877, M. le Préfet communiqua l'avis du Conseil inistre de l’Agriculture et du Commerce, n'osant pas, en présence s intérêts industriels engagés, donner suite, sans demander de nou- | tructions, aux procès-verbaux dressés contre les délinquants. Après pport de MM. Tardieu, Ville et Bussy, le Comité consultatif d'hygiène ss n’y avait pas lieu de rapporter les arrêtés interdisant l’emploi
s et des sels de cuivre dans la préparation des conserves de fruits et es destinés à l'alimentation.
D éqiance, des boîtes de conserves furent saisies, des procèsaux furent dressés contre les fabricants et les vendeurs de conserves ires verdies au moyen des sels de cuivre, et M. le Procureur de la
apport général du Conseil d'hygiène publique et de salubrité, 1878-1880. Paris, 4e; p. 17-22.
, P. 101-103 du etase volume. (Note de ner: )
République désigna trois experts : MM. Brouardel, Riche et ] Magnier de la Source, « à l'effet de rechércher si les quantités de sulfate de cuivre découvertes dans les conserves saisies constituent une falsification et sont de nature à porter atteinte à la santé ».
Nous n’avons pas à résumer le Raphon qui est joint aux pièces du dossier, et sur lequel toutes explications pourraient d’ailleurs être fournies par les
deux experts qui ont l'honneur de faire partie du Conseil, mais nous sommes.
obligés de rappeler leurs conclusions, ce sont elles qui motivent le nouveau débat. Après avoir pris connaissance des arrêtés qui régissent la matière, des travaux récemment publiés, après avoir répété quelques-unes des expériences et après avoir cherché en vain à recueillir un seul exemple d'intoxication cuprique chez les ouvriers qui travaillent le verdet, chez ceux qui préparent les conserves et qui en font en même temps depuis des années un usage alimentaire journalier, les experts ont répondu ainsi aux deux questions posées par M. le Procureur de la République.
1e Quesriox : Les quantités de sulfate de cuivre découvertes dans les conserves saisies constituent-elles une falsification ? | Sans avoir aucune compétence pour donner au mot falsification sa valeur
juridique, les experts pensent que les quantités de sulfate de cuivre décou-.
vertes dans les conserves saisies ne constituent pas une falsification, mais la présence d’une quantité quelconque de cuivre est en contradiction avec les arrêtés et les ordonnances de police rappelés plus haut.
2e Quesrion : Les quantités de sulfate de cuivre contenues dans les conserves saisies sont-elles de nature à porter atteinte à la santé?
Il résulte des recherches, faites par les experts et de celles de leurs devan-
ciers, que le cuivre, aux doses où il a été trouvé dans les conserves analysées æ
par eux, n’est point susdaptible de nuire à la santé.
Nous ferons remarquer au Conseil que la dernière conclusion, formulée par les experts, n’est pas en contradiction absolue avec le vote émis par nos collègues dans la séance du 9 février 1877, qu'elle en diffère surtout pat la forme. En effet, la question posée peut se traduire ainsi : Est-il démontré,
pour les experts, que l’usage du reverdissage des conserves par le cuivre ait Ç
des conséquences nuisibles pour la santé? Après avoir cherché inutilement un seul exemple d'affection imputable à l’usage de ces aliments, les experts ont dû répondre que pour eux, à cette dose, la toxicité du cuivre n’est pas démontrée. Si cette discussion semble un peu longue, nos collègues nous exeuseront, nous le pensons, parce qu'il ne s’agit pas de justifier une conelusion s'appliquant à un cas particulier, mais parce qu'il s’agit de résoudre une question qui sera toujours posée en justice dans des termes à peu près ana-
logues, et il est probable que de nouveaux experts répondront comme les
précédents. En effet, ils auront toujours à décider qu'il y a eu ou qu'iln ya pas eu des accidents toxiques déterminés par l'ingestion du produit ineriminé. Or, jusqu'à présent, pas un | seul fait précis n’a pu être établi d’une facon ont
Après avoir pris connaissance de ce Rapport, M. le Procureur erut devoir abandonner les poursuites et il renvoya à M. le Préfet de Police le dossier
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tier avec une lettre qui se termine par cette phrase : « Dans ces cireonsnees, je crois devoir vous communiquer le Räpport déposé par les experts vous prier de vouloir bien soumettre à nouveau, si vous le croyez utile, la estion à l’examen du Conseil d'hygiène ».
‘est dans ces conditions que votre avis fut de nouveau sollicité et que avez nommé trois commissaires pour vous présenter un Rapport. Vos saires furent bientôt réduits à deux par la mort si regrettable de > collègue, M. Poggiale.
…— Se rappelant les nombreuses demandes soumises au Conseil depuis pluannées par des industriels qui proposent, par les moyens les plus , de conserver des produits alimentaires de toute nature, votre Comon à pensé qu'il y avait lieu de soumettre au Conseil des résolutions ibles d’être appliquées à ces diverses propositions, bien qu’elles it actuellement formulées pour le verdissage des conserves.
oici ces conclusions, qui se rapprochent beaucoup de celles qui furent sées au Conseil par M. Pasteur, le 8 février 1877, et qui furent votées > Conseil dans la séance du 9 février. ;
s / Administration doit-elle tolérer l'emploi, à des doses quelconques, des de cuivre dans la préparation de substances alimentaires ?
re Commission n'hésite pas à répondre que, suivant elle, l'Adminisne saurait prendre cette responsabilité, sans que les intéressés soient s, c’est-à-dire tout le public. On peut discuter, on discutera longsur l’innocuité des sels de cuivre pris à telles ou telles doses. On se montrer convaincu, même par des recherches expérimentales igées, que le cuivre est inoffensif. Ces résultats n'auront de valeur ar les conditions dans lesquelles on aura opéré, pour tel ou tel animal, le ou telle constitution humaine; mais toute généralisation serait iérité. Votre Commission n'aurait pas d’autre réponse dans beaucoup onstances de même ordre, dont le nombre ira sans cesse croissant ension du commerce et de l’industrie et les progrès des applicala science.
viande, le poisson peuvent-ils être conservés, avec l'autorisation admiive, par le borate de soude, par l’acide benzoïque, par l’acide salicy-
on tolérer l’usage de l'acide salicylique pour conserver les bières, etc. ? a qu'un moyen pour l'Administration et l’industrie française de norablement de ces responsabilités, c’est d'exiger la déclaration > la nature des substances étrangères ajoutées aux produits alimen-