‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 78 sur 180 · Projet de rapport, inédit. (Note de l'Édition · texte numérisé non relu

Projet de rapport, inédit. (Note de l'Édition

1810 à 1822, époque de la suppression violente de l’École. Après chacune des leçons de MM. Haüy, Brongniart, Poisson, Hachette, de Blainville,

raordinaire des cours des Facultés leur eût assuré un nombreux pur étranger à l’École, mais aux exigences duquel il a fallu satis- >. C’est sous l'influence de ces causes diverses que l’on vit les conrences se multiplier peu à peu à l'École Normale et y Ovsne la base

Le. supérieures s’est considérablement amoindrie ou transformée. NA mise guère pan que dans les chRires de calcul différen-

ment le fond de l’enseignement, et que le professeur les parcoure ant que possible en entier. Or, cela ne se fait pas à la Faculté. Je ne me pas l’enseignement que l’on y donne. Tel qu’il est, il rend des vices signalés et plus désirables peut-être que si on l’appropriait èrement aux besoins de l’École. Mais l’École souffre beaucoup de avoir pas un fond d’études régulières, classiques, invariables d’une inée à l’année suivante, et aussi complètes que l’exigent les épreuves de la licence et de l'agrégation. Que de lacunes considérables

1. Laisser dans la mise au net, au bas de cette page, un espace de 5 ou 6 lignes pour une dans laquelle j'établirai l'authenticité des faits que je rapporte ci-dessus. (Note de Pasteur.)

dans l'instruction de nos élèves il est facile de constater dans les examens de fin d'année! Combien plus apparentes ne seraient-elles pas encore si les examinateurs eux-mêmes n'étaient pas bien instruits des imperfections de l’enseignement supérieur, et n’avaient pas une sorte d'intérêt à en dissimuler les conséquences. 10 Je n’entrerai pas ici, Monsieur l’Inspecteur général, dans des détails plus circonstanciés. Ils vous sont connus. J'ai déjà eu l'honneur, à diffé- rentes reprises, de vive voix ou par écrit, de vous entretenir des embarras que le temps et le progrès des institutions ont amenés dans l’organisation de l’enseignement scientifique de l’École. Je n’ai voulu que rappeler à votre esprit sous une forme nouvelle le défaut d’harmonie qui existe entre le but à atteindre par nos élèves et les moyens que nous leur offrons pour les y conduire. Je sais que c’est toujours. avec un sentiment de défiance qu’il faut toucher à ce qui a vécu, à ce que l’expérience et le temps ont consacré, mais puisque l’École ne s’appartient pas, que sa règle l’oblige à subir l’enseignement de la

Faculté sur lequel elle est sans action directe, la prudence nous con

seille de rechercher jusqu’à quel point cet enseignementest conforme

à la destinée de l’École. Cette conformité n’existe pas aujourd'hui. Peut-elle être réalisée? Est-il même présentement utile qu’elle le soit?

Je n’oserais porter un jugement sur ces graves questions. Quoi qu'il

en soit, un mal sérieux existe, dangereux pour lavenir de nos études.

Deux remèdes peuvent y être apportés: Ou bien exiger de profondes

modifications dans l’enseignement de la Faculté s’il est possible etutile de le faire ; ou bien que l’École se suffise à elle-même par un enseignement intérieur dans les deux premières années, les Facultés conservant seulement par les examens et par la délivrance des grades le droit de contrôle qui leur est dévolu. D'ailleurs, il est désirable selon moi que la séparation, si elle était adoptée, de l’École et des établissements d'instruction supérieure ne s’étende pas à la troisième année qui tirera toujours un excellent fruit de l’excitation et de la comparaison des méthodes du brillant enseignement de Paris.

Vous remarquerez, Monsieur l’Inspecteur général, que dans mon projet je ne supprime pas les examens devant la Faculté pour la délivrance des grades de licence à nos élèves. J'ai toujours la conviction que cette suppression entraînerait à sa suite de grands périls pour l’École et pour l’Université. En effet, je pense que l’une des forces principales de l'École est de n’avoir pas de privilège et, d’autre part, que l’une des conditions essentielles de l'élévation progressive du niveau des études est dans la présence toujours renouvelée aux examens des élèves de l’École Normale, élèves choisis, assujettis ;

pendant plusieurs années à un travail et à une discipline sévères. Des deux solutions précédentes au mal que j'ai indiqué tout à eure, la plus pratique et la plus enviable peut-être est celle qui rent l’École indépendante de la Faculté. Cette réforme exigerait une nentation de dépenses, mais que l’on serait conduit à appliquer it jt à l'augmentation de tous les traitements actuels qu’à la création ires nouvelles. Trois chaires seulement suffiraient au nouvel de choses : une chaire de mathématiques, une de physique, la me de chimie (t)[voir p. 154]. La modicité des traitements des es de conférences, déjà bien préjudiciable à d’autres égards à notre nement, serait incompatible avec un système qui transformerait conférences actuelles en leçons régulières demandant toutes indiviment une préparation très soignée. Les traitements des maîtres le conférences devraient être portés à 5.000 francs, c’est-à-dire au de ceux de l'École Polytechnique, du Collège de France, du iséum, des Facultés, enfin de tous les établissements npaigiement eur de Paris. :

| peut évaluer à 50.000 francs (?) l'augmentation totale de la se qu’entraînerait cette réforme importante de l’enseignement l’École en y comprenant l'augmentation de Run pour 1e frais :s cours et l'accroissement du matériel.

budget actuel de l’École s’élève à 228.000 francs. En le supposant à 318.000 par l'augmentation précédente et celle de 40.000 francs ente à une augmentation limite de 40 élèves nouveaux selon les que j'ai eu l'honneur de vous soumettre tout récemment [voir |, on arrive au résultat remarquable que voici :

que élève de l’École coûte annuellement à l’État la somme de

= 2.850 francs puisque le nombre des élèves actuellement pré-

de 80.

le budget était porté à 318. 000 et le nombre des élèves à 120 la | 318.000 . LU nt moindre qu’elle n’est aujourd’hui. Ce n’est guère que la se qu’un père de famille doit consacrer à l’éducation tant soit u soignée d’un fils qu’il élève à Paris, loin de sa famille, éducation lividuelle il est vrai, toujours plus dispendieuse que l'éducation en pr dans un pensionnat, mais aussi en compensation quelle utilité

nse annuelle par élève serait — 2.650, c’est-à-dire sensi-

Place pour une petite note de 2 ou 3 lignes.

2. Laisser en tableau une page presque entière pour une note détaillée sur les augmentations udget. (Notes de Pasteur.)

et quelle gloire pour l’État de pouvoir entretenir à Paris, complétement indépendante, dirigée par les meilleurs maîtres, une grande institution qui assure la perpétuité de l’enseignement de l’État dans les meilleures conditions de force et d’unité!

| L. Pasreur.

OBSERVATIONS SUR L'ORGANISATION ACTUELLE DE L'ADMINISTRATION DE L'ÉCOLE NORMALE (1)

Paris, le 13 juillet 1863.

Un arrêté ministériel, en date du 28 octobre 1857, a établi sur de nouvelles bases la direction de l’École Normale supérieure.

L'administration et la discipline générale ont été distraites de la direction, qui a été remise aux mains d’un inspecteur général de l’enseignement supérieur, chargé de la haute direction de l’École.

L'organisation consacrée par les dispositions de cet arrêté offre en quelques points des avantages incontestables.

D'une part, le chef de l’École étant choisi dans l’ordre des Lee et ayant au-dessous de lui un, directeur des études littéraires, les sciences seraient amoindries outre mesure si elles n'étaient représentées que par un directeur des études, placé sur le pied de simple égalité avec le directeur des études littéraires. En outre, dans l’ancien état de choses, où l’administration économique et financière appartenait au directeur de l’École, celui-ci ne pouvant descendre dans le détail de cette administration, l’économe était à proprement parler l'administrateur de l’École, c'est-à-dire juge et partie. Car de tous les fonctionnaires de l'administration, c’est peut-être celui dont la gestion exige le plus de surveillance et de contrôle. Aussi, sous la direction de M. Dubois et de M. Michelle, l’économe avait pris une importance gênante pour tous, situation qui dure encore en partie, M. Rouland ayant eu le tort, selon moi, de conserver pour économe la personne dont il amoindrissait notablement par son arrêté précité les attributions et les moyens d’action.

1. Note inédite, remise au Ministre, sur sa demande, par Pasteur, administrateur de l'École Normale. (Note de l'Édition.)

Mais, si l’organisation actuelle offre des avantages, je ne dissimui pas qu’elle a aussi ses dangers. En effet, la séparation des attriitions du directeur et de l'administrateur est plus idéale que réelle. Je ne vois pas, par exemple, dans quelle circonstance, petite ou e, le directeur n’a pas le droit d’intervenir et de trouver que inistrateur a outrepassé ses pouvoirs, et inversement pourrais-je r. L'expérience, en effet, a montré qu'il y avait, aux yeux du direcet de l'administrateur et malheureusement aux yeux clairvoyants élèves, deux autorités mélées, entre lesquelles ces derniers ont de s’interposer. L'unité manque absolument dans la direction. is tellement décidé, en ce qui me concerne, à dégager ma res- 1bilité que, si les choses devaient rester ce qu’elles sont, je n’hésipas à me retirer.)

vices de notre organisation, accrus par les fautes des per- , Se sont manifestés à l’occasion de faits purement disciplinaires, me serait facile de montrer que bien souvent ils auraient pu uire dans les relations quotidiennes des fonctionnaires. Je n’en qu'un exemple frappant. M. le directeur de l’École part pour les ou pour la campagne, et il charge l’économe d’ouvrir en son e la correspondance administrative et de l'informer des affaires urraient survenir.

ost-il pas indispensable que, quand le directeur est absent, inistrateur prenne aussitôt la direction aux lieu et place du

| un vice réel de l’organisation actuelle, qui a été peu sensible nt, à cause de la modération que nous avons constamment dans nos relations, M. le directeur des études littéraires et

. l’égal de son collègue des lettres. L'administrateur a affaire i bien aux élèves des lettres qu'aux élèves des sciences dans tous

s de discipline générale. Or, lorsqu'il s’agit des premiers, aistrateur est toujours à se demander (aussi bien d’ailleurs que llègue) à qui des deux directeurs des études reviennent l’action responsabilité. D'ailleurs, le chef de l’École étant un littérateur

éminent, un sous-directeur des études Héiraires est entièrement suffisant.

Je le répète, il faut selon moi, par tous les moyens, amener de l'unité dans l'autorité de l’École.

Je suis d’autant plus libre dans l'observation que je viens de pré=. senter en dernier lieu que je sais que M. Jacquinet partage cette opinion. 5

En résumé, et après y avoir müûrement réfléchi, je pense qu'il …

serait très utile d’asseoir l'administration et la direction de l’École sur. les bases suivantes : N:

L’inspecteur général directeur est seulement chargé, comme son titre l'indique assez, de la haute direction de l'École. 1 Il n'intervient jamais directement avec les élèves dans les questions.

de discipline. Toute demande adressée par eux et qui relève de son

autorité lui est soumise par l’administrateur. L'administrateur de l’École est chargé de la discipline générale et de l'administration économique et financière. Il a directement sous ses ordres l’économe, lequel, dans aucun cas, ne doit traiter des affaires de son ressort avec le directeur. |

En cas d'absence momentanée ou prolongée du directeur, Padmi-

nistrateur prend le titre d'administrateur chargé par intérim de la on tion de l’École.

L'administrateur a le rang d’inspecteur général de l’enseignement secondaire. Il correspond directement avec les familles et avec les chefs des autres établissements pour toutes les affaires relatives à ses attributions.

Tout rapport de l’administrateur au directeur doit être adressé au ministre, alors même ue le directeur n’en approuverait pas les propositions.

Le directeur des études littéraires est remplacé par un sous-directeur des études, qui prendrait en outre le titre de surveillant général. Il aurait le rang de maître de conférences ou d’inspecteur de l'Académie de Paris. Il est placé sous les ordres du directeur de l'École pour tout ce qui concerne les études littéraires, et, pour la discipline, sous l’autorité de l’administrateur. |

(Le commis de l’Économat, ayant rang de premier commis d'économat des lycées, prend le titre de secrétaire de l’administration. Le secrétaire de l’administration prendrait le titre de secrétaire de la direction, et serait plus particulièrement chargé des écritures relatives aux études.)

__ L’économe resterait avec ses attributions bien connues, mais un

’il mérite à tous égards.

’a été dit que M. Jacquinet désirait une inspection générale ou

te l'aptitude désirables.

déclare en terminant, avec la plus parfaite sincérité, qu’en t à S. E. ces observations sur l'administration de l’École, je guidé par aucune arrière-pensée d'intérêt personnel, et que 1 mobile a été la considération de ce que je crois utile à

nt à la forme donnée à ma démarche faite directement auprès tre sans avoir consulté préalablement le chef de l’École, j'ai que je devais être le seul juge de ma conduite dans une affaire se ma situation dans l’Université, à ce point que la solution sera donnée aura pour effet soit d’aggraver mes charges et ma abilité, soit de m’éloigner de l’École.

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