Chapitre XX VI, p
Chapitre XXVII : Maniëre de broyer les couleurs à l'huile et à la gomme,
No CEnNinr. Traité de la peinture de Cennino Cennini mis en lumière pour la pre- , avec des notes, par M. le chevalier G. TamBront, traduit par Victor MoTrez, } Lilie, 1858, Vve J. Renouard et L. Lefort, xxvu-160 pages in-80.
ÉR . Loc. cit. (Notes de l'Édition.)
cédé connu était long et ennuyeux. Il fallait, après l'application de chaque couleur, faire sécher au soleil. Je serais porté à croire, si l’anecdote de Vasari est exacte, que ce n’était pas une détrempe de Jean de Bruges qu’il brisa au soleil, mais une de ces peintures à l’huile don parle Théophile.
Ce que Van Eyck a découvert, et Vasari ne dit pas autre cho c'est certainement la dessiccation facile des couleurs et par suite « huiles, c’est la possibilité de peindre à l'huile à peu près aussi fa ment qu’à la détrempe qui se sèche en quelques heures. Malheure ment, il est difficile d’aller plus loin et de dire avec précision. ont élé les procédés matériels de Van Eyck. Est-ce un siccatif qu’ inventé ? Est-ce un vernis particulier qu’il mélangeait à ses coul comme paraît le dire Vasari, et qui leur donnait ce bel aspect én que l’on y remarque, et dont vous avez au Louvre, dans le Salon des Anciens, un si admirable spécimen ? On l’ignore également. En résumé, l’emploi de l'huile dans la peinture, l’associatia l'huile aux couleurs et notamment de l'huile de lin, au lieu de goi de colle, ou de blanc d’œuf, est certainement antérieur au peintre Eyck. Il est important, cependant, de faire remarquer que les m. ï n'offrent pas de peinture à l'huile précédant l’époque de Van } circonstance qui montre bien tout le progrès dû à Van Eyck. Ceci est de M. Haro. Est-ce bien vrai? Mais il n’est pas moins tain que celui-ci a su peindre à l'huile comme on ne peignait pas lui (et je n’entends point parler ici de son talent d’artiste, mai: de la nature de ses procédés matériels), bien que l’on ne sache p tout en quoi a consisté le progrès qu'il a accompli sous ce rappor En rendant compte à l’Académie des Beaux-Arts de l’ouvrage M. Mérimée, M. Quatremère de Quincy (!) dit très judicieusement « Toute controverse sur cet objet nous a paru à peu près in l'expérience sur beaucoup d’autres points ayant prouvé qu'il ny de découverte qui n’ait eu plus d’un inventeur; ce qui signifie q a dans chacune plusieurs degrés d'invention. » 14. On pourrait, à cette occasion, rapporter ici le paragraphe de Cent sur l’huile rendue siccative au soleil, ce dont ne parle pas 4 Théophile. Déjà là, il y avait un progrès. à Mais, direz-vous, n’a-t-on pas essayé par des recherches bien duites de découvrir ces procédés de Van Eyck? On en a fait, mai recherches qui ont été À sur ce sujet, celui de connaître la
Me Extrait du Rapport fait à l’Académie des Beaux- Aria par M. QUATREMERE 1 DE au IN : Mérimée. Loc. cit., p.1-vur. (Note de l'É idition.)
ention de Van Eyck, ont été, à mon avis, assez mal conduites. On a des conjectures plutôt que des recherches. C’est ce que je vais ver de vous faire comprendre.
. Une des personnes qui se sont le plus adonnées à ces études est n secrétaire de l’École des Beaux-Arts, M. Mérimée, homme fort é, qui a laissé sur la peinture à l’huile un ouvrage bien écrit composé. Il date de 1830. Son but principal a été de découvrir dés primitifs, soit- ‘par la lecture des prémiere traités de era
Mistait être attribuée à l'emploi des vernis comme dtvibibur leurs.
n ist pas Datsun: selon moi, que l’ouvrage de M. Mérimée a influé ip (soit en bien, soit en: mal, c'est ce que nous examinerons) les procédés matériels de la peinture depuis trente ou quarante ans, antage, car M. Mérimée exposait ses idées dans la conversation les écrire et il a dû être la cause plus ou moins directe de la et de l'emploi de ces divers siccatifs, de ces diverses variétés de vernis que les peintres de notre époque emploient la u temps sans les connaître, parce que les inventeurs en composition, afin de mieux conserver le monopole de leur
donc devoir entrer dans quelques détails au sujet de l’opi- Mérimée, dans le but principalement de savoir jusqu'à quel le mérite la confiance des artistes. Cette opinion a été résumée r de la manière suivante :
echerches m'ont conduit à ce résultat que les plus anciens
leurs couleurs avec des vernis auxquels on doit attribuer tion de leurs tableaux (1) ».
l'opinion de M. Mérimée ; mais, si l’on recherche les preuves onne, on n’en trouve aucune à mon avis qui soit bien démons- A fentendre, ses preuves sont de deux ordres. Les unes
NE
. Loc. cit., p. xx de l'Introduction. (Note de l'Éditon.)
résultent de l’examen qu’il a fait des tableaux anciens les mieux conservés. Mais nulle part dans son ouvrage il ne cite de faits positifs » résultant de cet examen. Il affirme purement et simplement que l'observation de ces anciennes peintures l’a confirmé dans sa manière de voir. Les autres preuves qu’il invoque résultent de la lecture qu'il. faite des différents traités de peinture (!). |
1° « On raconte que Jules II, qui avait appelé Léonard de Viner pour décorer quelques salles du Vatican, eut, un jour, la curiosit d'entrer en l’absence du peintre dans la pièce qui lui servait d’ateli Là, au lieu d’esquisses et de cartons, le pape n’aperçut que quelques. ustensiles et appareils de chimie qu’il crut destinés à la préparation des vernis. Celui-ci, aurait dit Jules II, commence par où les auti finissent. »
M. Mérimée s'empresse de remarquer lui-même qu'il ne faudrait pas étre difficile en fait de preuves pour admettre un tel témoignage.
2° « Dans son traité de peinture, Léonard de Vinci (1452-1519) ne fait mention de l'emploi de vernis qu’à l’occasion de l’acétate de cuivre (verdet); il fait observer que cette couleur, étant un sel soluble, se. dissoudrait dans l’eau lorsqu'on laverait le tableau. C’est pourquoi ik conseille de la couvrir d’une couche de vernis aussitôt qu’elle est sèche. ne.
« Dans un autre endroit, il propose, pour vernir un tableau d’une manière inaltérable, de le coller à une glace avec un vernis gras composé d’ambre et d’huile de noix, ou seulement d’huile de noix épaissié au soleil. | LU
« Dans ces passages, rien ne démontre que Léonard de Vinci ‘1 mêlât habituellement du vernis dans ses couleurs. Tout au contraire, | ajouterai-je. Car, en s'exprimant ainsi, Léonard de Vinci éloigne fe l’idée de l'emploi du vernis pour tous les cas ordinaires. Mais l’un des … 6 plus anciens auteurs qui ait décrit les procédés techniques de la peinture, Armenini, de Faenza, qui écrivait vers le milieu du xvi® ss SL ne laisse aucun doute sur l’emploi du vernis. Voici comen # s'exprime :
« Lorsque l’ébauche est finie et sèche, on commence à repeindre et à travailler chaque partie avec plus de précision en employant les couleurs les plus belles et les mieux broyées, et ne faisant les teintes É. qu’à mesure que l’on peint, parce que cette fois on glace plutôt qu'on ‘à n’empâte les chairs, qui d’ailleurs sont déjà amenées à un certain degré de fini...; et pour facilier l'exécution, il faut d’abord enduire la “4