LEÇON DU 3 AVRIL 1865 (EXTRAIT
De l'obscurcissement de la peinture à l'huile.
164 l'huile et employez de bonnes couleurs, les RE
>ront tout leur éclat. On vous a parlé cent fois, sans nul doute, des couleurs conservées sur des temples grecs. On vous a > la conservation des couleurs des habitations de Pompéi. Et, de
nos jours, vous pouvez voir combien les peintures murales exécutées à la cire depuis vingt ou trente ans ont conservé leur fraîcheur et leur éclat.
L’habile architecte de cette École, M. Duban, me disait un jour : « J'ai fait exécuter il y a déjà longtemps au château de Dampierre de M. le duc de Luynes des peintures à la cire. Toutes les fois que jé les revois, je suis eu de leur conservation. Les teintes ont léclat du premier jour. »
Voyez au Rose l'éclat souvent extraordinaire des peintures à la détrempe, à l’œuf, à la colle, qui ont précédé la découverte de la pein= ture à l’huile. Voyez, par exemple, dans le Salon Carré un tableau du Pérugin, la Vierge tenant l'Enfant Jésus, adoré par deux saintes et ee anges. L’éclat des teintes est vraiment admirable. à
C'est donc l'huile qui cause l’obscurcissement, obscurcisestitiil qui se fait sentir surtout dans les ombres, dans les draperies à teintes foncées. Mais si l’huile est la cause, doit-on dire avec beaucoup de personnes : L'huile noircit avec le temps? Je n’hésite pas à dire que certainement cette opinion est erronée. Tout annonce au contraire que l’huile, même l'huile appliquée sur le tableau, et mêlée aux couleurs blanchit au contraire avec le temps. Vous venez de voir les huiles de lin et d’æillette, qui sont le plus fréquemment employées dans la peinture à l'huile, blanchir avec le temps par leur a à l'airetàla
lumière. ‘
Or, les peintures sont toujours exposées à l’air et à la lamiéiii Nous + arrivons ainsi à cette conséquence : 1° que l'huile est la cause de à l’'obscurcissement de la peinture à l'huile ; 2° que ce n’est pas elle qui # noircit. En d’autres termes, nous arrivons à cette conséquence que l'huile fait noircir, fait assombrir les couleurs, sans se noircir elle-. même. J'appelle toute votre attention sur cette distinction que je crois très fondée. à
Demandons-nous maintenant comment il se fait que l'huile noircisse les couleurs. Vous allez, je crois, le comprendre facilement. Considérons l’une d’elles, celle qui est le plus employée, le blanc de: plomb.
Nous verrons, lorsque je traiterai de la composition des couleurs, que le blanc de plomb est un carbonate d’oxyde de plomb. Laissons de côté l’acide carbonique qui n’a rien à faire ici, et ne considérons que l’oxyde de plomb, c’est-à-dire la combinaison de Poxygène au plomb. Supposons pour un instant que nous mettions en présence de cet oxyde de plomb un corps avide d'oxygène. Si son affinité pour l'oxygène est. suffisante, il l’enlèvera au plomb, et celui-ci sera mis en liberté. Si cet
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t se produit à une basse température, chaque particule de blanc de mb donnera à sa place une particule de plomb métallique, et ce 1 étant en poudre, très divisé, sera noir. Le blanc de plomb sera placé par une matière noire. Nous allons diriger dans ce tube, où il de la céruse un peu chauffée, un courant de gaz hydrogène, et Ôt vous verrez le blanc de plomb décomposé, et remplacé par un s noir qui ne sera autre chose que du plomb métallique en poudre C’est dans ce fait que nous pouvons trouver, je crois, l'explication 1 noircissement de la peinture à l'huile.
Je crois que l’huile, en se desséchant à l'air, fournit des principes , vis-à-vis du blanc de plomb et vis-à-vis de quelques autres cou- , sont des corps réducteurs, comme disent les chimistes, c'est-àdes corps avides ap Li Une multitude de phénomènes tendent
blir. |
1and nous avons parlé de la préparation de l'huile grasse, nous vons dit que la litharge était en grande partie réduite. On opère à | il est vrai, mais en général les réactions chimiques faciles à s'effectuent volontiers à froid. Elles mettent seulement plus de à s'achever. Lorsque nous avons parlé des expériences de de re, nous avons dit que cet habile observateur avait reconnu un ment de gaz hydrogène, ce même gaz à l’aide duquel nous
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, d'autant plus qu’ils restent longtemps emprisonnés dans | ur des sonleurs et se ils Lg de la peiné à se dégager. L’exis-
rations des papiers qui recouvrent des vases d” its exposée tact de l'air. Qui n’a remarqué la teinte brune des papiers à 1e huilés et conservés depuis longtemps ? Qui n'a remarqué la brune de certains vieux livres ? C’est très probablement à l'huile cre d'imprimerie et à ces produits dont je parle qu’il faut attries colorations. Peut-être ces produits ont-ils soustrait au papier
de l'oxygène et mis à nu des composés plus charbonnés et me suite colorés.
Telle est, je pense, au moins présentement et alors que je ne sui pas guidé encore par des essais et des expériences spéciales, la cau principale de l’obscurcissement de la peinture avec le temps. Vo avez vu que l'oxydation des huiles avait une durée considérable, d'autant plus grande que souvent leur solidification à la surface for une croûte plus qu'imperméable à Pair.
Je ferai tout de suite ici une autre remarque. On sait très bien. l’altération des peintures est plus prononcée dans des lieux mal éclai et humides. Ainsi les papiers huilés ne se coloreraient pas, sans dout la lumière. Ainsi je crois (je ferai l'expérience) que, si l’on recouv deux pots d'huile de lin, d’æillette, de noix... avec du papier, et qu les mît l’un à la lumière et l’autre à l’ombre, ou à une demi-obseur le papier du pot à la lumière se colorerait moins avec le temps celui de l’autre pot. En d’autres termes, je crois que plus l’oxyde est facile, rapide et tend à se compléter en moins de temps, mo
sèchent très vite, sont les parties des peintures qui noireissent le m avec le temps, parce que les blancs sont les plus siccatifs, et qu sont eux qui sont le plus vite secs d’une manière complète.
CONSÉQUENCES DES IDÉES QUI PRÉCÉDENT. — Ces idées paraiss: favorables à l'emploi des vernis et des siccatifs dans la peinture. emploie moins d’huile lorsqu'on se sert de vernis mêlé à l huile co excipient des couleurs. |
de voir de M. Mérimée et de M. F Montabert mn
Cependant vous avez pu déjà vous convaincre combien tout ce se rapporte aux huiles est chose complexe, et combien les moindres modifications peuvent avoir d'influence. Sans doute, en diminuant l'huile par laddition d’un vernis, il y aura moins d’huile en voie. dessiccation sur la toile et plus, semble-t-il, la dessiccation sera rapid
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1. Moxrasert (P. de). raité complet de la peinture. Paris, 1829, Bossange père, 9 wc in-8e, (Note de l'Édition. V
is cette dessiccation sera-t-elle bien réelle ? Elle permet de repeindre jours suivants; mais l'huile que l’on emploie ne sera-t-elle pas risonnée dans la résine ? Elle ne s’offrira plus, dans tous les cas, à ion de l’air de la même façon, et c’est à l'expérience de dire si ce ement dans le mode de dessiccation de lhuile ne produit pas us grande quantité de ces principes réducteurs dont je parlais à l'heure.
véritable moyen de nd les peintures durables, de conserver uleurs la durée que leur donne la fresque, la détrempe quand idité est absente, et l’encaustique, ce serait d’empêcher l’action couleurs de ces principes réducteurs dont j'ai parlé.
aurait certainement, ne fût-ce que pour contrôler l'opinion que ise, de nombreux essais à faire. Au premier abord, on ne voit e cela soit impossible. L'huile, peut-on dire, devra toujours se her, s’oxyder au contact des couleurs. C’est vrai; mais pourtant rrait-on pas associer aux couleurs, aux huiles, une substance qui de préférence aux couleurs, l'influence de ces corps réducteurs, par elle-même, après qu’elle aurait reçu cette influence, n'aurait coloration et ne changerait rien aux nuances.
e crois, par exemple, que l’on devrait porter toute son attention s enduits et les impressions. Si j'osais émettre un avis dès à et avant d’avoir fait moi-même des essais, je dirais aux artistes pr de couleurs : On emploie trop de plomb dans la
tous les oxydes métalliques, celui du plomb est un des plus: es par les matières organiques et les agents réducteurs.
ne suis pas rassuré sur la qualité des impressions des toiles. Je ’on, abuse des impressions à la céruse, et, toutes choses égales s, je crois que des impressions à la détrempe doivent donner ntures plus durables sous le rapport de l'éclat des couleurs. je suis porté à croire que les toiles dites absorbantes, telles que oposées autrefois M. Rey (!) et sur lesquelles je reviendrai, t rendre les couleurs plus durables parce qu’elles supprimaient uche de blanc de plomb qui fait aujourd’hui le fond de la plupeintures.
i un fait que j'ai entendu raconter par un artiste :
de ses amis avait peint une grande toile sur impression en pe faite au plâtre. Cette toile, qui avait été exposée comme envoi
Rey (Et). Dissertation sur la peinture encaustique. Lyon, 1840, imp. de Barret, 3 p. {Note de l'Édition.)
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à temps, fut placée 4 dans un magasin "3 [musée du] ou pe l’auteur revint à Paris, il obtint que son tableau fût acheté l'Administration. Il fallut le produire. Or, ce tableau qui était sans lumière pour ainsi dire, dans un magasin du rez-de-chau pendant plusieurs années, fut retrouvé, au grand étonnement latte aussi frais L be ’après avoir se peint. |
que je vous D diuerui ultérieurement quand nous ji Ron Fu 3
LFTE
MISSION DE LA DESCRIPTION SCIENTIFIQUE DE LA FRANCE. ORT SUR LE PROGRAMME RELATIF À LA MÉTÉOROLOGIE (1)
Paris, 25 juillet 1859,
fé rerais pour titre du dis en question le seul mot WMétéorieux encore: les mots edge dé et Climat. Pers mot ha
orolo ni: mais le mot climat est vulgaire, compris de tout le
. Pour beaucoup de personnes il sera explicatif du mot météo-
1 s’agit d’un ouvrage destiné au public et nous ne saurions | res du lecteur.
es qui affectent d’une manière sensible les organes de ses ts ou les productions de son sol. IL est malheureusement très le de préciser scientifiquement les circonstances qui tiennent
aux variations atmosphériques. Aussi les physiciens ne sont parvenus à s'entendre et à établir des comparaisons qu’à la suite de conventions dont la rigueur n’est pas toujours à l’abri de reproches. — Quoi qu'il en soit, dans l’état actuel de la science, voici les données qui caractérisent la météorologie et le climat d’un département, ou plus justement d’une localité de ce département ; car Le climat d’une contrée ne peut être que la moyenne des indications climatériques propres à ses diverses localités : |
Le RARE Er à ae ph id me mms mg re
Température moyenne; ses variations. — Nombre moyen de jours de pluie, de jours de gelée. — Quantité moyenne de pluie. — Nombre moyen des orages, des jours de grêle, des jours de brouillard.
Praction He vents. — Direction sa du vent. — État bre
TE
comporte le travail des moyennes dont je viens de pas On ne saurait mieux faire que de s’adresser à elles et de les prier de donner un résumé détaillé de leurs observations avec leurs impressions person=
celle du département. Toutes les fois que dans un département. existera plusieurs localités étudiées, le travail devra être résumé is: lément pour chacune d’elles, et suivi d’une discussion que soulèvera naturellement la comparaison des données relatives à ces localités voisines. Quoi de plus utile, par exemple, que de comparer le climat de Dunkerque avec celui de Lille, et de chercher à ajouter par là aux connaissances que l’on possède déjà sur l'influence de la mer dans les phénomènes météorologiques ? Ailleurs, ce serait l'influence de la proxi= mité des montagnes qui pourrait être très utilement étudiée.
Je remarquerai en terminant que, sous le rapport de la météorologie, le choix qui a été fait de la Société des sciences de Strasbourg, pour. établir une description scientifique devant servir en quelque sorte de. modèle, ne saurait avoir été plus heureux. Car Strasbourg est après. Paris la ville de France dont le climat est le mieux connu, ainsi que Pa fait remarquer M. Bertin dans un excellent résumé des observations qu’un savant strasbourgeois, M. Herrenschneider, a poursuivies pendant. une période de quarante et un ans sur la météorologie de Strasbourg.
DISCOURS [PRONONCÉ, LE 20 JUILLET 1861, NAUGURATION DE LA STATUE DE THENARD, À SENS] {!)
pi il ny a pas non Puces. — on peut le oire de cette École et de l'importance de sa mission, — que rd ait ru aimé, encouragé, soutenu, agrandi.
enard n’a pas professé à l'École FT mais il a été l’âme seignement scientifique. M. Thenard n’a pas professé à FI male, mais tous les élèves de la section des sciences étaient qu » ses disciples : ils étaient ses enfants adoptifs. Dans sa vaste ient classés leurs noms, leurs succès dans les concours, des particulières, l'avancement qu'ils méritaient, tous leurs s leurs espérances d’avenir.
à l’homme de génie qui a aimé à ce point les jeunes gens ; au faîte, a tendu la main à ceux qui s’efforçaient de le a jamais vu, dans la distance qui le séparait d’eux, qu’un us de les servir!
couvertes en chimie le placent dans les premiers rangs, continuateurs de Lavoisier. Celle de l’eau oxygénée immornom. Je ne saurais dire pourtant si les sciences physiques as plus redevables encore à M. Thenard de cette foule de is de savants que son excellent cœur se plaisait à rechercher, et \ admirable bon sens savait reconnaître ou faire surgir.
serait bien belle et bien utile à faire, cette part du cœur dans s des sciences.
56 générales des fêtes célébrées les 19, 20 et 21 juillet 1861, dans la ville de inauguration de la statue de Thenard. Sens, 1861, Impr. Ph. Chapu, broch. in-8° ;
Que les circonstances mettent à la tête d’une science quelconque des hommes qui, à l'exemple de M. Thenard, joignent à une grande ‘4 autorité la bienveillance dans le caractère et la passion de l'encourage= ment à la jeunesse, et dans l’espace d’un quart de siècle, tout au plus, vous. 4 verrez celte science, füt-elle dans le déclin, prospérer à l’égal d’aucune « autre. J’oserais affirmer que, si la chimie a tant grandi depuis Lavoi= sier, c’est qu’elle a eu constamment, et qu’elle a encore de nos jours, la bonne fortune dont je parle. C’est doubler la valeur du génie que d'y ajouter l’art de découvrir et de développer le talent chez les autres. M. Thenard avait, au plus haut degré, ce don précieux et rare. Et en perdant son patronage, la douleur de l’École Normale eût été bien. amère, si son illustre élève, aujourd’hui président de cette fête (!), n avait hérité de son affection pour elle. MEN
Vous regretterez avec moi, messieurs, l’absence de l'écrivain pe nent chargé de la direction de l’ École Normale (2). Plus voisin de M. Thenard que je n’ai pu l’être, par sa position élevée, son collègue au Conseil impérial de l’Instruction publique, mieux que moi il aurait su À vous dire toute notre reconnaissance. k
Permettez-moi cependant d’ajouter qu’ancien élève de l’École Not male, dévoué par goût et par devoir à ses plus chers intérêts, consacré tout entier à celte carrière de la chimie que M. Thenard a illustrée, je regarderai comme l’un des plus beaux jours de ma vie celui où j'aieu le bonheur de rendre publiquement hommage à sa mémoire, au nom de l'établissement qui lui doit une si grande part de sa prospérité et de es
son avenir.
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