‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 95 sur 180 · CLAUDE BERNARD · texte numérisé non relu

CLAUDE BERNARD

| IDÉE DE L'IMPORTANCE DE SES TRAVAUX, eo DE SON ENSEIGNEMENT ET DE SA MÉTHODE

1. Le Hohiiour universel, 7 novemb:e 1866. , F Cet article a été reproduit tome I[ des Œuvres DE PASTEUR, P. 487-494. [

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UNE CORRESPONDANCE UN SAVANT FRANÇAIS ET UN SAVANT ALLEMAND PENDANT LA GUERRE (!)

LETTRE DE M. PASTEUR A M. LE DOYEN DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ DE BONN (PRUSSE RHÉNANE)

Arbois (Jura), le 18 janvier 1871.

, la Faculté de médecine de l’Université de Bonn m'a fait e me décerner d'office le titre de docteur en médecine, en e de mes travaux sur les fermentations et le rôle des orgaicroscopiques. De toutes les distinctions que m'ont values les s qu’il m'a été donné d’accomplir depuis mon entrée dans des sciences, il y a vingt-deux ans, il n’en est pas, je i m’ait procuré plus de satisfaction. C'était, à mes yeux, la à d’une pensée intime dont je sentais la vérité s’affermir Me.

1871. Impr. Gauthier-Villars, broch. de 20 p. in-&. Vente au profit de la Ligue e.

page de cette brochure se trouve un fac-simile du diplôme de l'Université Pasteur: à la page suivante, cette déclaration :

tion fe M. Chevreul dans la séance de l'Académie des sciences du 9 janvier 1871.

mée ete dans la nuit du 8 au 9 de janvier 1871. là, il avait été respecté de tous les partis et de tous les pouvoirs nalionaux et

TR « E, Cnevreuz, Directeur.

9 janvier 1871. »

| (Note de l'Édition.)

de plus en plus, que mes recherches ont ouvert aux études médicales des horizons nouveaux. Je m’empressai même de mettre sous verre le. diplôme d'honneur qui consacrait la décision de votre Faculté et j'en ornai mon cabinet de travail. Aujourd’hui, la vue de ce parchemin m'est odieuse, ét je me sens offensé de voir mon nom, avec la qualifi= cation de Virum clarissimum dont vous le décorez, se trouver placé” sous les auspices d’un nom voué désormais à l'exécration de ma patrie, celui de Rex Guilelmus. du

Tout en protestant hautement de mon profond respect envers vous. et envers tous les professeurs célèbres qui ont apposé leur signature au bas de la décision des membres de votre ordre, j'obéis à un eri de ma conscience en venant vous prier de rayer mon nom des archives de votre Faculté et de reprendre ce diplôme en signe de l’indignation. qu'inspirent à un savant français la barbarie et l'hypocrisie de celui qui, pour satisfaire un orgueil criminel, s’obstine dans le massacre de deux grands peuples. ie

Depuis l’entrevue de Ferrières, la France combat pour le respect | de la dignité humaine et la Prusse pour le triomple du plus abominable des mensonges, savoir, que la paix future de l'Allemagne est au prix du démembrement de la France, tandis que, pour tout homme sensé, la conquête de l’Alsace et de la Lorraine est l’enjeu d’une guerre sans limite. Malheur ou pitié aux peuples de l'Allemagne, si. plus voisins que nous du servage féodal, ils ne comprennent pas que la France, propriétaire des terres d'Alsace et de Lorraine, n’est pas.

maîtresse des consciences de leurs habitants. La Savoie serait encore

piémontaise si, par un vote libre, ses habitants n'avaient consenti à devenir Français. Tel est le droit moderne des nations civilisées, que votre roi foule aux pieds et pour la défense duquel la France est. debout. Aussi, à aucune époque de son histoire, peut-être, elle n'a. mieux mérité d’être appelée la grande nation, l’initiatrice du progrès, la lumière des peuples. ;

Votre roi ne connaît pas la France. Il à pris pour son caractère naturel les effets et l'empreinte passagère d’une prospérité matérielle inouie et de quatre-vingts ans d’instabilité politique. On voit des plantes qui, après avoir éprouvé le tourment factice de la main de l’homme et l’action énervante des serres chaudes, modifient leurs allures, à ce point que des naturalistes d’un esprit étroit vont jusqu'à changer leurs noms; mais, replacées dans leurs conditions naturelles, elles reviennent bientôt aux types de leurs espèces. Ainsi fait la

France en ce moment ; le génie de sa race réapparaît et Dieu seul con- *

naît le terme de ses efforts.

« Considérez celte nation en elle-même, a dit un de ses plus dignes rivains, et vous la trouverez plus extraordinaire qu'aucun des évéents de son histoire. En a-t-il jamais paru sur la terre une seule üt si remplie de contrastes et si extrême dans chacun de ses actes, t ainsi toujours plus mal ou mieux qu’on ne s’y attendait ? Ôt au-dessous du niveau commun de l'humanité, tantôt fort sus ; un peuple tellement inaltérable dans ses principaux cts qu'on le reconnaît encore dans les portraits qui ont été faits il y a deux ou trois mille ans, et en même temps tellement qu’il finit par se devenir un spectacle inattendu à lui-même, rant souvent aussi surpris que les étrangers à la vue de ce qu’il faire ; le plus casanier et le plus routinier de tous les peuples, u’une fois on l’a arraché, malgré lui, à son logis et à ses habiprêt à pousser jusqu’au bout du monde et à tout oser; indocile mpérament ; aujourd’hui l’ennemi déclaré de toute obéissance, in conduit par un fil, tant que personne ne résiste; plus capable sme que de vertu, de génie que de bon sens; enfin, la plus brilt la plus dangereuse des nations de l’Europe, et la mieux faite levenir tour à tour un objet “A Se de haine, de pitié, de Ms.

ila le peuple qui se lève devant vous, « prêt à pousser jusqu’au monde et à tout oser », parce qu’il a conscience de la justice et ainteté de sa cause. euillez agréer, Monsieur le Doyen, et faire agréer à vos savants es l'hommage de mes sentiments de haute considération.

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