‹ ŒuvresChapitre 137 sur 145 · PE ED PNR ES · texte numérisé non relu

PE ED PNR ES

É Agitée avec une petite quantité d’alcool amylique, elle se décolore ntièrement, et cet alcool vient surnager la liqueur, formant une zone de la uleur vive de la fuchsine. Enfin, si l'on traite cette liqueur rosée par un x d'étoffe de soie non mordancée, celle-ci se colore d’une nuance qu’on reconnait bien pour celle de la fuchsine, à la manière dont une goutte d l'acide chlorhydrique tache l’étoffe en jaune.

… Ces phénomènes se sont produits avec du vin contenant 2 milligrammes > fuchsine par litre, avec une netteté et une intensité telles que la dose de cette substance, si elle eût été quatre ou cinq fois plus petite, eût encore € onné des résultats très nets. On juge de là quelle est la sensibilité de ces réactions et l'efficacité de cette recherche, qui, appliquée au vin de ertise, n’a, il est presque inutile de le dire, rien donné qui püt faire xpçonner l'existence de cette couleur.

Cochenille ammoniacale.

. Dans l'expertise actuelle, et en ne se préoccupant que du vin incriminé, on pouvait aussi, par des considérations semblables à celles que nous avons ht pour la fuchsine, conclure que la cochenille ammoniacale n'avait pu contribuer à la falsification. En effet, on ne parviendrait pas, en ajoutant au vin clair Marès dont nous avons parlé plus haut, de la cochenille en “grand excès, à atteindre la nuance du vin de l'expertise sans ajouter de ‘indigo; or, la dose d'indigo qu il faudrait ajouter est telle, qu’elle dépas- S ait beaucoup la quantité qui a élé cherchée sans succès dans le vin aminé. De labsence d’indigo on pourrait donc conclure à celle de la enille.

Nous n’en avons pas moins cherché cette matière colgrante directement. s caractères divers qu'elle présente, s’ajoutant et se corroborant l’un À l'autre, permettent d'affirmer, avec beaucoup de certitude, la présence de la

‘cochenille dans le vin, même quand elle n’y est qu’en très faibles proportions.

I suffit d'épuiser avec de l’eau 4 grammes de ces plaques, qu’on vend comme chenille ammoniacale, pour obtenir un litre d’une liqueur d’une intensité e coloration sensiblement égale à celle du vin. Dans nos premiers essais nous avons opéré avec un mélange de quinze umes de vin et un volume de cette liqueur, constituant ainsi du vin chenillé au seizième. En traitant le liquide, ainsi qu’on le fait à Montellier, par une solution d’un sel à réaction alcaline faible, et notamment & borax, comparativement avec du vin normal, on voit celui-ci prendre la luance vert bleuâtre que lui communiquent les alcalis faibles, tandis que lui qui contient de la cochenille prend une couleur violacée qui est tout fait caractéristique.

La couleur de la cochenille résiste à froid à l’action désoxydante des ydrosulfites ; mais, à l’ébullition, elle est promptement détruite par eux. On peut utiliser l'une et l'autré de oës propriétés pour la recherche de la ‘cochenille dans les vins. En plaçant dans des tubes d’un diamètre égal uelques centimètres cubes, d’une part, du vin tenant de la cochenille, de l'autre, du vin pur de même nuance pour terme de comparaison, l’addition

de quelques gouttes d’hydrosulfite diminue la teinte de celui-ci sans agir sur celle de la cochenille; il en résulte qu'après quelques instants, le vin contenant cette matière colorante parait plus coloré que le vin naturel. Mais, si l’on opère à chaud, la décoloration de la cochenille par l’hydro-« sulfite étant alors complète et instantanée, tandis que celle du vin est plus lente, c’est du côté du vin altéré que se manifeste une décoloration compa-« rative, qui constitue un nouvel indice. Ces caractères ne peuvent s’observer« qu’avec des vins plus chargés de cochenille que celui sur lequel nous avons opéré. Il en est de même des bandes spéciales d'absorption produites par la cochenille, observées au spectroscope, et que nous avons essayé vaine- 4 ment de constater, vu la petite quantité de matière colorante étrangère que“

renfermait le mélange sur lequel nous opérions.

La méthode qui nous a servi à trouver la cochenille employée dans des

proportions ‘très faibles est la suivante : Comme, dans la recherche de la

fuchsine, on précipite la matière colorante du vin par l’addition d'un volume égal d’eau de baryte, la liqueur filtrée se colore en rose par neutra-

lisation de la liqueur, au moyen de l’acide acétique. On pourrait à laspect confondre cette couleur avec celle que communique la fuchsine, mais quelques gouttes d'hydrosulfite suffisent pour distinguer ces deux couleurs.

La teinte de la cochenille résiste quelque temps à l’action du réactif désoxy-

dant, tandis qu’elle disparaît instantanément quand la coloration est due à la fuchsine. On peut, d’ailleurs, en faisant bouillir la liqueur rosée sur un

fragment de laine mordancée à l’acétate d’alumine, la teindre et reconnaître

sur l’étoffe les caractères de la teinture par la cochenille. Le vin moyen de l’expertise, soumis aux divers moyens dont nous venons

de parler, n’a pas présenté le plus léger indice qui püt faire soupçonner!

qu’il contenait de la cochenille.

Campéche.

Le campèche, fort employé comme on sait dans la fabrication du vin de toutes pièces, ne paraît pas servir, dans le Midi, à la coloration artificielle

non en LA

des vins. Nous n’en avons pas moins-cherché à reconnaître son existence «

dans le vin de l'expertise, par la méthode de la teinture et par l'emploi de « l’aluminate de soude. Ce réactif, qui n’altère point sensiblement la couleur du vin, produit avec celle du campêche une nuance bleue assez pure et très u foncée. Du vin, mêlé pour 7/8 avec 1/8 de solution d’extrait de campêche, « de même nuance que lui, a été traité par ce réactif, comparativement avec le vin naturel. L’aluminate de soude a déterminé, dans le vin additionné de campêche, une coloration violette très sensible; mais la différence a été Ë encore plus nettement accentuée en étendant les deux liqueurs d’une égale w

quantité d’eau.

Nous avons essayé l’action de cet utile réactif comparativement sur le À vin de l'expertise et sur le vin naturel. Ces deux liquides se sont comportés de la même manière, et nous n’avons pas observé le plus léger indice de »

l'existence du campêche dans le vin incriminé.

Nous avons déjà vu que ce n’est que par une association convenable que …

Eire colorantes dont nous avons parlé jusqu’ ici peuvent reproduire la | teinte du vin. Il n’en est pas de même des matières colorantes qui nous ent à examiner. Celles-ci donnant, sans mélange et directement, la couleur du vin, on s’est depuis longtemps adressé à elles pour la coloration artificielle de ce liquide.

Ces couleurs ne sont pas seulement semblables à celles du vin par leur nuance ; il est probable qu’elles lui ressemblent beaucoup aussi par leur ature, et que, sans être identiques, ce sont du moins des espèces chimiques voisines. Elles présentent donc beaucoup de propriétés communes, et à je partage la matière colorante du vin.

Ainsi ces matières colorantes verdissent par les solutions alcalines ; elles nt, comme celle du vin, précipitables par la baryte. Le précipité, vert bleuâtre avec le vin, est, avec la rose trémière et le sureau, d’un beau vert, 1 peu terne avec l'hièble et la myrtille. Les liqueurs filtrées qui surnagent s précipités sont jaunes ou légèrement verdâtres. En saturant par l'acide tique l’alcali qu ‘elles contiennent en excès, elles se colorent parfois d’ une te rose, mais extrêmement faible et qui n’est peut-être due qu’à la

ières colorantes se décolorent toutes par l’hydrosulfite de soude, mais ivec des différences dans la durée du temps nécessaire à la production du phénomène. Celle de la rose trémière est la plus altérable; la décoloration t à la fois instantanée et complète, tandis que celle du sureau et de ièble, et plus encore celle du vin, marchent graduellement et laissent vent au liquide une teinte légèrement rougeñtre.

Les richesses tinctoriales des matières premières que l'on emploie pour Ja coloration sont différentes. En prenant pour unité la faculté tinctoriale de la mauve, celle du sureau n’est que 0,27, celle de la myrtille 0,17, et celle de fhièble 0,15, du moins pour les substances que nous avons employées et ans l’état où nous les avons trouvées dans le commerce.

… Les prix de ces matières premières sont aussi inégaux; mais, en comant ces prix avec les nombres qui représentent leur faculté tinctoriale, trouve que, le prix de l’unité de pouvoir colorant de la mauve noire nt {, celui du sureau est 1,6, celui de la myrtille 1,96, et enfin celui de èble 2,2. La couleur de la myrtille et de l’hièble coûtant ainsi deux fois s que celle de la mauve, il est peu probable qu'on emploie, si ce n’est ns des cas tout particuliers, ces deux matières colorantes pour la falsifition des vins; c’est le sureau, et plus généralement la mauve noire, que utilise.

Malgré la similitude de propriétés de ces matières colorantes, nous sommes cependant parvenus à trouver quelques réactions spéciales qui permettent de les distinguer entre elles et de les reconnaître quand elles xistent dans les vins. Nous allons étudier successivement chacune d'elles.

Rose trémière. -

Passe-rose, rose trémière, mauve noire, tels sont les noms divers sous qui est connue, dans le commerce, la fleur d’une malvacée (Althæa

500 ; ŒUVRES DE PASTEUR rosea, varielas nigra) qui, d’après ce que nous avons dit, doit être la plus employée pour le coloration artificielle des vins. f L’altérabilité de cette matière colorante, plus rapide que celle du vin,i semblerait, au premier aspect, offrir un bon caractère pour reconnaître la matière colorante de la rose trémière. En effet, si dans quelques centimètres. cubes de vin pur et du même vin coloré par cette substance on verse la même quantité d'hydrosulfite, les nuances, égales à l’origine, cessent d’être identiques, et la décoloration, plus prononcée dans un cas que dans l’ autre, indique l'existence du vin fraudé. Mais ce caractère, qui exige des compa= raisons de teintes toujours difficiles, quoique ayant quelque valeur, quand le vin contient 1/4 de matière colorante étrangère, devient trop incertain. quand cette proportion est réduite à 1/8 pour qu’on puisse se fier à ses indications.

Cette matière colorante de la mauve éprouve, de la part de L'alui, et. surtout de l’alun ammoniacal, une altération qui la fait passer de la nuarice« du vin qu’elle possédait à une couleur violacée qui devient plus intense re l'élévation de la température. 4 Du vin coloré au 1/8 peut être facilement distingué du même vin pur. Il suffit pour cela d'opérer comparativement sur quelques centimètres cubes du vin normal et du vin devant à la mauve 1/8 de sa couleur; on ajoute dans les deux tubes cinq ou six fois le volume de solution saturée d’alun ammoniacal. L'action commence à froid, mais elle devient plus manifeste quand on chauffe près de l’ébullition ; on voit alors le tube contenant le vin pur conserver la couleur rouge brique du vin, tandis que celui F} qui contient le vin altéré par la matière colorante étrangère prend” une couleur violette qui suffit pour le distinguer nettement. du pr Lo) pourrait même pousser l’ appréciation au delà de 1/8. - Le En faisant cette expérience comparativement avec le vin moyen d l'expertise et du vin Latour, pris pour terme de comparaison, nous n’avon vu aucune modification dans la teinte de ces deux vins, tandis que celui qui contenait 1/8 de matière colorante de la mauve se distinguait nettement, par sa coloration violacée, des deux précédents. Nous en avons, dès lors conclu que le vin examiné, pas plus que le vin pur auquel nous le compas rions, n'avait été falsifié par l’addition de la matière colorante de la mauve | noire. / ‘2 Nous pouvons même tirer de cette absence de coloration violacée une * conclusion plus générale encore. En effet, la matière colorante du sureau, celle de l’hièble et de la myrtille sé comportant de la même façon, en donnant. aussi une teinte violacée dans le vin coloré par 1/8 de ces matières colo= rantes, l’absence de ces réactions par l’alun ammoniacal peut permettre de. conclure à l’absence de ces quatre matières colorantes étrangères. È L’alumine, sous la forme d’aluminate de soude, permet aussi de distin= guer entre elles les matières colorantes de la mauve, du sureau et de l’hièble, et même de les retrouver quand elles n’interviennent que pour 1/8 dans Ja couleur des vins. 3 Quand on verse dans 1 centimètre cube de ces infusions, également colorées en excès, huit à dix gouttes d’une dissolution très étendue d’'ah

e troubler, on obtient des résultats différents : la mauve noire donne lieu “à un précipité bleuâtre, et la liqueur surnageante est incolore; avec le —sureau, il ne se forme pas de précipité, et la liqueur restée limpide est … colorée en vert sali par un peu de rouge.

…—. L'hièble et la myrtille se comportent de la même manière; le liquide, … resté limpide, teint seulement un peu moins de rouge et est dès lors d’un | vert plus douteux.

. Ces différences d'action, qui peuvent servir tout au moins à distinguer « la matière colorante de la:mauve de celle du sureau, ne se présentent pas … avec assez de netteté pour qu'on puisse reconnaître par ce moyen du vin … additionné de 1/8 de ces matières colorantes étrangères; mais l’aluminate … de soude, agissant d’une manière différente sur le vin pur et sur le vin … contenant une de ces trois matières colorantes, peut constituer un caractère générique analogue à celui de l’action de l’alun. 4 Il faut pour cela opérer comparativement avec 1 centimètre cube de … chacun de ces liquides, auquel on ajoute quatre gouttes d’aluminate de . soude seulement. En étendant ensuite de 12 centimètres cubes d’eau dis- … tillée environ chacune de ces liqueurs, on constate que le vin a conservé sa teinte, tandis que le vin qui renfermait une des trois matières colorantes étrangères prend une couleur violacée, qui n’a pas la même intensité avec les trois couleurs, mais qui est toujours facile à distinguer de celle du vin. - En faisant agir l’aluminate de soude sur le vin de l’expertise, il s’ést . comporté absolument comme le vin pur auquel nous le comparions, et a . témoigné, par l'absence de nuance violette, qu’il ne renfermait aucune des trois matières colorantes que nous cherchions. La conclusion générale . déduite de l’action de l’alun se trouve ainsi pleinement confirmée par celle

de ce nouveau réactif.

Notre expertise, arrivée à ce terme, se trouvait terminée; nous croyons cependant utile d'ajouter quelques détails sur les procédés qui pourraient permettre de distinguer, dans une certaine mesure, ces matières colorantes dans les vins auxquels elles communiqueraient 1/8 de leur couleur.

Sureau.

Nous avons trouvé dans le sulfate de fer un réactif propre à faire dis- … tinguer la matière colorante du sureau des autres matières colorantes végétales, par exemple, de la mauve, et à les reconnaître dans les vins. Quand on place dans 1 ou 2 centimètres cubes d’infusion de mauve un fragment gros comme un pois de protosulfate de fer, et qu'on opère d’une manière comparative avec l’infusion de sureau, on observe des phénomènes différents : les deux matières colorantes se foncent beaucoup dans leur couleur; mais, tandis que celle de la mauve devient d’un violet foncé, celle du sureau prend une teinte bleue très sensible.

… Si, dans cet état, on produit une suroxydation par l'addition d’un égal nombre de gouttes de solution de brome, la teinte violette de la mauve s’exalte sans passer au bleu, tandis que celle du sureau passe au bleu foncé. La matière colorante du vin n’éprouve pas d’altération sensible dans sa

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nuance, quand on traite quelques centimètres cubes de ce liquide de la même manière. Le vin cependant se trouble et se fonce par l'addition du brome ; mais il n’y a pas de coloration bleue, et la masse délayée dans l'eau, ce qui rend les comparaisons plus faciles, présente des différences tranchées.

On peut utiliser ces propriétés pour la recherche du sureau dans le win.

Si l’on opère par comparaison avec du vin naturel, la couleur bleuâtreM qui se développe dans le vin additionné de sureau, surtout après l'addition « de quelques gouttes de brome, contraste si nettement avec la couleur jau-« nâtre que prend le vin naturel, que l’on peut ainsi facilement constater la“ présence certaine de la matière colorante étrangère. ;

L’ expérience faite dans ces conditions, avec le vin moyen de |’ enpétitise 4 et les vins naturels des environs de Mèze, nous a toujours donné une colo-« ration identique dans tous ces vins; par conséquent, le vin incriminé n’a. point été adultéré par addition de la matière colorante du sureau:

Hièble et myrtille.

Ces deux matières colorantes, qui présentent entre elles une grande … ressemblance, peuvent être distinguées de celle du sureau par l’action des sels de fer.

Si l’on dissout à chaud, dans 2 ou 3 centimètres cubes de vin coloré au 1/8, un petit cristal de prôtosulfate de fer, les deux liqueurs prennent une couleur violacée; si l’on ajoute alors quelques gouttes de solution de \ brome pour produire la suroxydation, la liqueur étendue d’eau présente Ne une nuance vert jaune sale, et non la teinte bleue qui se mantionte avec le sureau.

En opérant avec du vin pur et du vin coloré par l’hièble, on ture aussi une différence, légère sans doute, mais sensible.

En étendant d’une égale quantité d’eau les deux liqueurs après la Î suroxydation, on débris. que celle qui contient de l’hièble est plus riche ; en couleur et présente une teinte sensiblement plus verte.

Le fer, à l’état d’alun de fer, nous permet aussi de distinguer ces m matières colorantes entre elles, et même de retrouver l’hièble dans les vins. «

Si l’on dissout un petit cristal d’alun de fer dans les infusions de … mauve, de sureau et d’hièble, on voit la mauve perdre la teinte violette, passer au jaune sans qu’il y ait formation de précipité. Avec le sureau, il se forme un précipité et une coloration verte; avec l’hièble et la myrtille, « il y a aussi un dépôt, mais la coloration est brune. É

En opérant comparativement avec du vin pur et du vin contenant 1/8 3 d’hièble, il se forme un précipité des deux côtés ; les deux liqueurs pré- 4 sentent une teinte brun jaunâtre, mais elle est sensible plus foncée ; quand on opère avec du vin tenant de l’hièble.

La myrtille se comporte de la même manière.

En essayant d'appliquer ces nouvelles réactions au vin de l’expertise et au vin pur pris pour terme de comparaison, nous n'avons rien observé qui. n'ait confirmé les conséquences que nous avons déjà déduites de l’absence. d'action de l’alun et de l’aluminate de soude.

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Essais de teinture des étoffes par le vin.

Nous avons indiqué les méthodes spéciales qui nous ont permis de connaître, dans les vins examinés, l'absence de telle ou telle matière lorante étrangère, mais il est un procédé général qui permet de constater un vin a été altéré ou non, et cette constatation est si simple, qu’elle urrait être utilisée par les personnes étrangères aux connaissances niques.

Il consiste à teindre comparativement, avec du vin pur d’une nuance alogue à celle du vin que l'on soupçonne, des fragments d’étoffe de ine, chargés de différents mordants.

Si l’on maintient pendant une heure environ, à une température voisine À l'ébullition, un fragment de cette étoffe ortanes par l’acétate d’alu- $ mine ou par un mélange d’alun et de crème de tartre, il se colore d’une nuance rouge plus ou moins intense, qui est celle du vin.

Cette couleur n’augmente pas sensiblement d'intensité quand on fait Le sser l’étoffe dans un autre bain de vin. Le premier traitement l’avait en quelque sorte saturée de cette couleur.

Mais, quand le vin est mêlé d’une petite quantité de matière colorante étrangère, VPétoffe, saturée de la couleur du vin, ne l’est pas pour cela de cette dernière matière colorante étrangère. Si dès lors on la fait passer -dans un second ou dans un troisième bain semblable, elle se charge à aque fois d’une nouvelle dose de la matière colorante ajoutée, et, tandis en opérant des réactions sur les vins purs et incriminés, les rapports ns les proportions de matière colorante du vin et de matière colorante trangère restant constants donnent naissance à des phénomènes limités dans leur sensibilité, il arrive, au contraire, par ce procédé de teinture, que la matière colorante étrangère, s’accumulant sur le tissu, se trouve sur celui-ci en quantité proportionnellement plus grande que danis la liqueur -même. Cette accumulation, on le concoit, peut dès lors donner lieu à des changements plus faciles à apprécier.

… La matière colorante ainsi accumulée peut même, dans certains cas, être étachée du tissu de manière à ce qu’on puisse constater sa nature propre ; nsi, par exemple, en mettant dans de l’eau ammoniacale une étoffe sur aquelle a été fixé de l’indigo, on voit l'étoffe passer au vert, colorer la liqueur en bleu décolorable par les agents oxydants et désoxydan ts. L’étoffe mprégnée de la matière colorante du vin pur verdit aussi par l'ammoiaque, mais la liqueur ne se colore pas comme quand il y a de l’indigo. - Au lieu de ces teintures successives, on peut d’ailleurs, ce qui revient -à peu près au même, opérer en une fois, mais en faisant intervenir alors du “premier coup le volume de vin incriminé qu'on eût, dans la première méthode, employé d’une manière successive.

- En variant les mordants, on peut, dans ces expériences, obtenir des ésultais analogues, mais avec des colorations différentes.

Nous avons essayé les mordants d’alumine, de fer, de cuivre, d’étain 4 || sté i Dans la recherche de l'indigo, de la fuchsine, de la cochenille, il

convient d'employer le mordant d’alumine. Pour la mauve, le sureau, le mordant à l’oxymuriate d’étain est préférable. +

La sensibilité de la réaction, quand on cherche l’indigo, la fuchsine et la cochenille, peut dépasser la limite à laquelle nous nous sommes arrêtés dans la recherche directe de chacune de ces couleurs en particulier. Dans la recherche des matières colorantes analogues à celles du vin, la sensibilité. nous à paru au contraire moindre, et nous n’avons aperçu des différences. bien sensibles que quand le vin renfermait 1/4 de matière colorante étran-« gère, tandis que, par les autres réactions que nous avons décrites, nous avons pu évaluer jusqu’au 1/8.

Il n’est -pas possible d'indiquer d’une manière absolue les couleurs obtenues dans ces différentes circonstances; elles varient en effet d'une expérience à l’autre, non seulement avec la couleur propre des vins purs et. avec la nature du mordant, mais aussi avec les proportions de celui-ci. El en « est surtout ainsi pour le mordant d’étain, selon la forme sous laquelle l’acide stannique a été déposé sur le tissu, soit par ébullition avec oxymu- … riate d’étain additionné de crème de tartre, soit en passant l’étain dans un bain de stannate et en le traitant ensuite par l’eau acidulée d’acide sulfurique. Dans ce mode d’expérimentation, on ne peut dès lors rien conclure” que par la comparaison des résultats obtenus en se Plagne dans les mêmes circonstances.

Cette comparaison faite dans ces conditions, avec le vin de l'expertise et des vins naturels analogues, aussi variés que nous avons pu nous en … procurer, a toujours montré moins de différence entre le vin naturel et celui … de l’expertise qu'entre ce dernier et les vins que nous avons falsifiés.

Ces expériences, comme on le voit, corroborent encore les résultats … obtenus par la recherche individuelle des matières colorantes, et sont pour « nous une nouvelle preuve que les vins examinés n’ont point été falsifiés par M l'addition de matières colorantes étrangères.

À toutes ces preuves nous en ajouterons une dernière : l'examen microscopique des lies. Si le vin eût été altéré par la présence de matières À colorantes étrangères ajoutées au moment de la vendange, les lies eussent À probablement contenu des débris d'organes de ces matières étrangères : nous avons dès lors dû soumettre à l’examen par le microscope une bouteïlle de lies : envoyée par M. Gagne et qui représentait la moyenne des lies de vin rouge « prélevées dans les vaisseaux vinaires de Félines-le-Haut et Félines-le-Bas. “ Ces lies ne se composent que de globules de levûre, avec présence insigni- » fiante d’autres organismes, mais sans débris qui accusent des additions « frauduleuses. Leur nature témoigne qu’il n’est intervenu dans la fabrication des vins rien d’étranger au raisin.

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