SCÈNE m
M. DE PLINVlLLE, M. DE MORINVAL.
Sortez donc, je vous prie, Mon cher, de cette sombre et morne rêverie. Votre malheur, au fond, se réduit à ce point : C'est que l'on vous a dit qu'on ne vous aimait point. Je sens qu'un pareil coup d'abord est un peu rude; Mais vous voiti guéri de votre incertitude.
M. DE MORINVAL.
Le beau remède I
Enfin, U Taut mieux, Horinva), Être d'avance instruit de ce secret fatal. Angélique, d'ailleurs, n'est pas la seule au inonde ;
U se peut qu'à vos soins un autre objet réponde.
Je n'en chercherai point; j'en ferai bien le vœu.
Tenez, s'il faut qu'ici je vous fasse un aveu, J'approuve ce dessein. Dans un champêtre asile, Vous menez une vie assez douce et tranquille ; Surtout vous âtes libre; oui, peut-être, en elTet, Le veuvage, après tout, est-il mieux votre fait.
M. DE HORIKVAL.
Vos consolations m'irriteraient, je pense, Si je n'avais déjà pris mon parti d'avance. Mais je l'ai pris. Ceci ne m'a point étonné. Je déplais : dès longtemps je Pavais soupçonné :
Je SUIS heureux ici comme dans tout le reste. Aussi ce n'était point cela, je vous proteste, Qui me faisait rêver : je voudrais aujourd'hui. Ne pouvant rien pour moi, travailler pour autrui.
Comment?
H. DE UoniNVAL.
Oui, vous aérez de mon avis, j'espère.
Je viens de découvrir un important mjstère.
M. DG PLIHVILLB.
Ahl voyons.
H. DE UORINVAL.
Angélique est rebelle à mes vœux ; Hais vous ne savez pas qu'un autre est plus heureux.
M. DE PLIHVILLE.
Boni un autre?
M. DE U0H1NVAL.
Oui, vraiment.
&. DE PLINVILLE.
Et quel est donc cet autreî
H. DE UORINVAL.
C'est Belfort.
Belfort? '
H. DE 3I0R1NVAL.
Oui.