‹ ŒuvresChapitre 21 sur 429 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

Vingt états de la sorle oot été parcouruB ;

Si bien qu'un an encore, et je ne t'en toIb plus.

C'eat que je fus trompé, c'est qu'il faut souvent l'être, C'estqu'ilest maint état qu'on ne peut bien connaître A moms que par ^oi-même on ne l'ait exercé ; Ce n'est qu'après l'essai qu'on est désabusé. J'aurai pu me trouver dans cette circonstance, Sans être pour cela coupable d'inconstance. Je goûte d un étal ; j'y suis mal, et j'en sors ; Bien de plus naturel. Quoi I faudrait<il alors Végéter sans désirs, sans nulle inquiétude, Et, stupide jouet de la sotte habitude. Garder par indolence un état ennuyeux, N'être heureux qu'à demi quand on peut être mieux 7

M. noLBAN.

Tu crois donc rencontrer un bonheur sans mélange 7 Hélas I... le plus souvent que gagne-t-on au change ? La triste expérience avant peu nous apprend Que ce nouvel état n'est qu'un mal différent... Que dis-je 7 Au lieu du bien après quoi l'on soupire. Souvent d'un moindre mal on tombe dans un pire... Aussi, sans espérer d'en trouver de meilleure, Tu quittes un état, pourqùoi7pourêtre ailleurs.

Vous mettez h ceci beaucoup trop d'importance.

H'allez-vous quereller pour un peu d'inconstance?

A tout le genre humain dites-en donc autant.

A le bien prendre enSn tout homme est inconstant ;

Un peu plus, un peu moins, et j'en sais bien la cause :

C'est que l'esprit humain tient à si peu de chose !

Un rien le fait tourner d'un et d'autre cfité ;

On veut fixer en vain cette mobihté :

Vains efforts ; il échappe; il faut qu'il se promène :

Ce défautest celui de la nature humaine.

La constance n'est point la vertu d'un mortel ;

Et, pour être constant, il faut être éternel.

D'ailleurs, quand on y songe, il serait bien étrange.

Qu'il fût seul immobile ; autour de lui tout change:

La terre se dépouille, et bientôt reverdit ;

La lune tous les mois décroît et s'arrondit.

Que dis-je 7 En moins d'un jour tour à tour on essuie

Et le froid et le chaud, et le vent et la pluie.

Tout passe, tout finit, tout s'efface; en un mot.

Tout change : changeons donc, puisque c'est notre lot.

L ISCONSTAHT.

N'étes-Yous point vous-même ua censeur un peu triste ?

H. DOLDAN,

D'un oncle, d'un ami, je remplis le devoir.

Tu te perds, Florimond, sans t'en apercevoir.

Espères-lu, dis-moi, l'avancer dans le monde,

Tui qu'on a toujours vu, d'une humeur vagabonde.

Effleurer chaque état, qui changes pour changer.

Qui n'es dans chacun d'eux qu'un simple passager?

Digne emploi des talents qu'en toi le ciei fit nallre !

Avec tant de mojens de le Tiiire connaître.

Tu seras donc connu par ta légèreté I

Ah I si tu ne fais rien pour la société,

A l'estime publique il ne Faut plus prétendre.

Tremble, et vois à quel sort lu dois enfin l'attendre.

A force de courir, toujours plus loin du but.

Et bientôt de l'État méprisable rebut,

Désoeuvré, las de tout, comme à tout inhabile,

De tes concitoyens spectateur inutile,

Tu sentiras l'ennui miner tes tristes jours.

Si l'affreux désespoir n'en abrège le cours.

FLOHIHOND.

Courage, livrez-vous & vos sombres présages ; Étalez à plaisir les plus noires images ; Pourquoi î parce qu'on est un tant soit peu léger.

(Aprti un œaineiit da sSence.)

Quoi qu'il en soit, je crois que je m'en vais changer.

Sérieusement, je ne suis plus le même.

M. DOLBAN.

Depuis combien de temps déjà?

FLOniUOND.

Depuis que j'aime.

H. DOLBAN, «n IDUrimt.

Ah I fort bien.

FLORIHOHD.

N'allez pas prendre ici mes discours Pour le frivole aveu de volages amours. 11 est passé, le temps des folles amourettes: Un feu réel succède à ces vaines blucttes. J'aime, vous dis-je, enfin pour la première fois.

Dj,icjt,Googlc

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