‹ ŒuvresChapitre 42 sur 429 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

J'admire un tel sang-froid. Quoi! monsieur, en ce jour, Plus tendre que jumais, plein d'une ardeur extrCme, Vous n'êtes pas venu me dire : Je vous aime ?

Sans doute, je le dis, madame, j'en convien. Et, quand je le disais, mon coeur le sentait bien.

0 ciel I à sa franchise aurais-je fait injure' Expliquons-nous ici, monsieur, je vous conjure. H'aurait-on abusée en voulant m'informer Des nœuds qae votre main était près de former î

FLOHIMOND.

Non, madame.

ÉLIANTE

C'est donc vous qui m'avez trompée?

Non, madame.

A présent me voilà retombée Dana mon incertitude et mes premiers conibals. Eh quoi I monsieur, tantôt vous ne me trompiez pas 7

FLOftiyOND.

Non, je suis infidèle, et ne suis point un traître.

ÉLIANTE

Point traître, dites-vous? Et n'est-ce donc pas rôlrc. Que de venir ici ra'engager votre foi, Quand vous êtes, k Brest, près d'épouserî

FLORIHOND.

, , Qui? moi ?

Je n épouse personne à Brest, je vous le jure.

Monsieur, c'est trop longtemps soutenir l'imposture. 11 n'est pas vrai qu'à Brest vous êtes sur le point D'épouser Léonor?,..

PLOHIHOND.

Je ne l'épouse point.

ÉLIANTE

C'en est trop.

Jusqu'au bout écoutez-moi, de grâce ; 11 s'en est peu fallu que je ne l'épousasse. Pardonnez... envers vous je ressens tous mes toris. Nais enfin, revenu de mes premiers transports,

iC L INCONSTANT.

J'ai couru jusqu'ici pour fuir ce mariage. Je TOUS ai fait tantôt honneur de ce voyage, Et je n'ai qu'en cela blessé la vérité : Encore, pour le faire, il m'en a bien coûté. Mais tout le reste est ïrai : mon ardeur se réveille, Dès qu'ici votre nom vient frapper mon oreille; Et c'est de bonne foi, madame, qu'on ce jour Je jurais & vos pieds un élernel amour.

ÉLIANTE

Ah Me respire... Et mol, trop prompte, je l'accable I... Ainsi de fausseté vous n'étiez point coupable 7

FLORIMOND

Madame, sans cela, je le suis bien assez.

ÉLI4NTE.

Ne parlons plus de lorts ; ils sont tous effacés. Tantôt à ce pardon j'aurais osé prétendre, Mais...

ÉLIANTE

Eh bien ?

Expliquez TOUS.

Je ne puis vous entendre ;

FLOHIHOHD.

Hélas ! si je m'explique mieux, Madame, je m'en vais vous paraître odieux.

ËLIANTE.

Votre aveu me dût-il porter un coup bien rude. Je le préfère encore & cette incertitude. Parlez, monsieur, parlez.

Eh bien, puisqu'il le faut, C'est qu'...en vous attendant chez mon ami... tantôt... J'ai trouvé... Hais pourquoi vous perdais-je de vue? D'une charmante sœur la visile imprévue... Je ne saurais poursuivre... embarrassé, confus...

J'enlends;épargiiez-mot ces discours superflus.

FLORIUOND.

Un tel aveu, sans doute, a droit de vous déplaire.

Il ne mérite pas seulement ma colère.

Adieu. (eiu «oct.)

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