SCÈNE II
JANE GRAY , GUILFORT.
GUILFORT. Ah ! je te vois, arbitre de ma vie I
Ce plaisir, si touchant pour mon ame attendrie ,
Suspend dans mon esprit l'intérêt le plus grand ,
Et mon cœur de lui seul veut jouir un instant. JANE GRAY. A Guilfort comme à moi que ne peut-il suffire î GUILFORT. Que le premier sujet soumis à ton empire
A tes pieds le premier vienne prêter serment ;
Edouard t'a nommée, et tout le parlement ,
Heureux de confirmer sa volonté dernière ,
Du trône de Henri te déclare héritière. JANE GRAY. Va , jc mc montrerais indigne de mon sang ,
Si je pouvais penser à posséder ce rang :
Le sceptre d'Edouard appartient à Marie ;
Ses droits sont aussi saints que la foi qui nous lie.
Guilfort aurait-il dû, sans consulter mon cœur,
Décider de mon sort ?
GUILFORT. Enivré de bonheur ,
Consacrant à t'aimer mon ame tout entière ,
Je vivais étranger aux projets de mon père ;
Mais son bonheur dépend du destin de ce jour. JANE GRAY. Uu trôuc pourrait être importun à l'amour;
Tes désirs cependant enchaîneraient ma vie,
Sans les titres sacrés que possède Marie. GUILFORT. Quand l'hymen de sa mère est brisé par la loi...