C-H JA?JE GRAY
Loin de dangers certains, fuyez, fuyez, seigneur; D'une reine cruelle évitez la furie :
A Guilfort comme à vous elle ôterait la vie. Nous vous suivrons en France, où le fils de vingt rois Du génie opprimé reconnaîtra les droits, Et se ressouviendra qu'il voit en moi la fille De celle qui long-temps fut chère à sa famille. Tous nos moments alors vous seront consacrés; A notre amour enfin vos jours seront livrés ; Oui, vous découvrirez, dans votre ame attendrie, De doux plaisirs, pour vous inconnus dans la vie. Quand le ciel est troublé par des temps orageux, L'éclat de ses couleurs disparaît à nos yeux ; Et de l'ambition la passion cruelle Ainsi ne permet plus de rien éprouver qu'elle. De votre fils, de moi, vous ferez le bonheur. Ah! le pouvoir des rois n atteint pas jusqu'au cœur; Et vous surpasserez leur souverain empire. Ce fils que la vertu, que la tendresse inspire , .Tusqu'au dernier moment veut suivre votre sort: Vous nous condamneriez tous les deux à la mort. Vivez, pour vos enfants supportez l'existence. La bonté, sur la terre, obtient sa récompense ; Le ciel, impatient de l'en faire jouir, Devance par ses dons l'immortel avenir : Sous un climat heureux, dans un séjour paisible, Chaque jour vous croirez votre sort moins horrible : Combien de malheureux, plongés dans la douleur, De l'absence des maux auraient fait leur bonheur î iNORTHUMBERLAAD. A cc lâchc projct, moi, que je m'asservisse, Et que d'un long repos j'éprouve le supplice ! Non! Pour Northumberland il n'est qu'un seul destin; Où j'ai marqué mon but, je trouverai ma fin. Cessez de me parler de ces douces pensées Qui suffisent peut-être aux âmes effacées ; C'est en lettres de sang que mon sort est écrit; Tl le fut par ma main, et ma main l'accomplit. Voulez-vous que mon cœur, au désespoir en proie, Dans toute son horreur devant vous se déploie ; Que , mettant entre nous l'abîme des forfaits,