ACTE III, SCENE III. %3i
Que ses enfants...
PEMBROKE. Sans moi, réponse de Guilfort
Avec l'objet qu'elle aime aurait perdu la vie;
Mais ils seront absous aujourd'hui par Marie,
S'ils suivent le conseil que je vais leur donner. DOBSET. Quoij seigneur, à Guilfort vous pourriez pardonner? PEMBROKE. La perfide oserait croire qu'elle m'est chère.
Si contre son époux j'exerçais ma colère,
Et si je la voyais libre enfin de ses nœuds,
Si Tespérance encor renaissait pour mes feux,
Qui sait si je pourrais contenir ma faiblesse?
Ah ! préservons mon cœur d'une telle bassesse!
C'est par un froid dédain que je veux l'accabler ;
Pour elle, pour Guilfort je la verrai trembler;
Mais c'est par mon mépris qu'elle aura l'assurance
Qu'à courber son orgueil je borne ma vengeance.
J'étais plus furieux avant d'être vainqueur:
La victoire toujours adoucit un grand cœur.
S'ils savent se soumettre, iîs obtiendront la vie;
Leur grâce m'est jurée à l'instant par Marie. DOBSET. La reine vous doit tout.
PEMBROKE. D'un pareil souvenir
On ne me verra pas vouloir l'entretenir :
Sur moi l'ambition est sans pouvoir encore.
Et cette passion , mon cœur au moins l'ignore.
Une autre trop long-temps...
DORSET. Ah ! seigneur, dans ces lieux
La triste Jane Gray va paraître à vos yeux. PEMBROKE. D'un trouble, juste ciel, ne puis-je me défendre?
Non , sans la regarder je vais ici l'entendre.
De mon juste dédain, ahl ne doute jamais ;
Mais redis- moi, de grâce, à quel point je la hais.