C-e dessein d'elle seule a mérité la haine
Mais les crimes secrets dont j'ai souillé mes jours
Sont plus dignes encor de la mort où je cours.
Si ma rébellion obtenait sa clémence ,
Je les avouerais tous, pour forcer sa vengeance* GuiLFORT. Non, croyez...
suRREY. Arrêtez ; dans cet instant la loi
Ne permet à chacun que de parler pour soi.
Vous, comte de Guilfort, vous suiviez votre père :
Ce crime toutefois était-il volontaire?
GUILFORT. Qu'importe le secret de mes intentions
Au juge qui ne peut croire qu'aux actions ?
J'ai défendu mon père , et , dans cette journée ,
S'il était criminel, telle est ma destinée. SURREY. Il suffit.
?iORTHUMBERLAND. 0 mOU filS !
SURREY. Vous, fille de nos rois, Du sang dont vous sortez ignoriez- vous les droits, Et vouliez-vous de même en dépouiller la reine?
JANE GRAY. La loi commc mon cœur à mon époux m'enchaine; J'ai suivi ses destins , l'on doit m'y réunir.
GUILFORT. Juste cicl ! elle trompe, elle cherche à mourir; Seule elle s'opposait, vous le savez, mon père...
îNORTHUMBERL. La vcrtu douc aussi donne un grand caractère !
SURREY. Alfort, conduisez-les tous les trois à la Tour. Ils sauront leur arrêt avant la fin du jour.