‹ ŒuvresChapitre 160 sur 202 · SCÈNE IL LE COMTE, SOPHIE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LE COMTE, SOPHIE

LE COMTE , à part.

0 ciel ! dirait-il vrai? [à Sophie.) Mon aimable Sophie, Pourquoi donc vos beaux yeux de la mélancolie Peignent-ils maintenant les profondes douleurs? Pourquoi semblent-ils prêts à répandre des pleurs? soFHiE. Du bonheur jusqu'ici j'ai peu connu Tivresse; Mais , encore une fois , nul chagrin ne me presse. Quel sujet en effet causerait mes ennuis? LE COMTE. Vous n'êtes pas heureuse ?...

SOPHIE. Oui, monsieur, je le suis.

LK COMTE. Monsieur! qu'ai-je donc fait? Jadis un nom plus tendre

A mon cœur attendri daignait se faire entendre. SOPHIE. Et quel est donc le nom qui vous est destiné? LE COMTE. Celui d'ami par vous m'avait été donné. SOPHIE. Eh bien donc, mon ami, oui je suis votre amie ,

Celle qui vous doit tout, votre pauvre Sophie. LE COMTE. Calmez cette douleur... Vous savez que j'attends La comtesse aujourd'hui...

SOPHIE. Je le sais ; ces moments Pour vous seront bien doux.

LE COMTE. Mon aimable Sophie Sans doute avec plaisir reverra son amie. SOPHIE. Oui, c'est avec plaisir que je dois la revoir, Sa présence en ces lieux fut mon premier espoir; Pour cet heureux retour votre fille est parée ; De guirlandes de fleurs mes mains l'ont entourée. N'est-ce pas une fête aujourd'hui?...

LE COMTE. Non , Sophie.

Point de fête jamais, quand la mélancolie Obscurcira l'éclat de ces yeux enchauteurs. '

Mais souffrez que d'Henri je plaigne les douleurs ; Son pays et ses biens , son nom , son caractère , Permettent qu'il aspire au bonheur de vous plaire. Parent de la comtesse , elle va tout tenter Pour obtenir qu'enfin vous daigniez l'accepter. SOPHIE. J'estime fort Henri ; mais de ce mariage

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