‹ ŒuvresChapitre 175 sur 202 · LA COMTESSE , SOPHIE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE , SOPHIE

LA COMTESSE. Qae ce moment , Sophie , à ma tendresse est doux !

Je me retrouve enfin libre, et seule avec vous.

Ouvrez-moi votre cœur... Mais quelle est cette lettre ? UN LAQUAIS. Madame, un inconnu vient de me la remettre. LA COMTESSE. Lisons.

(Elle lit.)

SOPHIE. Vous vous troublez.

LA COMTESSE. Cc sci'ait m'avilir ,

Si d'un pareil écrit mon cœur pouvait souffrir. SOPHIE. Montrez-moi, je vous prie.

LA COMTESSE. Udc Icttrc anouymc

]Se m'inspire jamais qu'un mépris légitime. SOPHIE lit. « Le comte vous trahit, il aime un autre objet;

« Observez , aisément vous saurez ce secret.

<( Un jour, si vous voulez , j'en dirai plus encore ;

« Mais je plains, dans mon cœur, la femme qu'il adore.

<( Du pavillon qu'on voit dans le fond du jardin,

(( Dont la secrète issue est sur le grand chemin ,

« Vous n'obtiendrez jamais quMl vous donne l'entrée ;

« Là, de sa trah'soa vous seriez assurée.

0 ciel ! il est donc vrai, le comte... Je vous plains.

Le barbare ! mon cœur ressent tous vos chagrins.

Mais quel est donc l'objet de toute sa tendresse ?

Qui?... La sœur de d'Herbin venait ici sans cesse;

Mais il ne voulait plus , disait-il , la revoir.

Et cette autre Française... Ah! comment concevoir...

On le connaît enfin , cet horrible mystère ;

TantJt vous mimposiez vous-même de me taire.

Et de ce pavillon respectant le secret...

L'insensible !... c'est là ce que son cœur cachait. LA COMTESSE. Sophic, y pensez- vous? quoi! l'intention noire

D'un calomniateur...

SOPHIE. N'importe, il faut le croire j

Le malheur est probable. Oui , vous devez parler.

Aller vers votre époux, tenter de le troubler ,

D'arracher son secret...

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