LA COMTESSE , SOPHIE
LA COMTESSE. Qae ce moment , Sophie , à ma tendresse est doux !
Je me retrouve enfin libre, et seule avec vous.
Ouvrez-moi votre cœur... Mais quelle est cette lettre ? UN LAQUAIS. Madame, un inconnu vient de me la remettre. LA COMTESSE. Lisons.
(Elle lit.)
SOPHIE. Vous vous troublez.
LA COMTESSE. Cc sci'ait m'avilir ,
Si d'un pareil écrit mon cœur pouvait souffrir. SOPHIE. Montrez-moi, je vous prie.
LA COMTESSE. Udc Icttrc anouymc
]Se m'inspire jamais qu'un mépris légitime. SOPHIE lit. « Le comte vous trahit, il aime un autre objet;
« Observez , aisément vous saurez ce secret.
<( Un jour, si vous voulez , j'en dirai plus encore ;
« Mais je plains, dans mon cœur, la femme qu'il adore.
<( Du pavillon qu'on voit dans le fond du jardin,
(( Dont la secrète issue est sur le grand chemin ,
« Vous n'obtiendrez jamais quMl vous donne l'entrée ;
« Là, de sa trah'soa vous seriez assurée.
0 ciel ! il est donc vrai, le comte... Je vous plains.
Le barbare ! mon cœur ressent tous vos chagrins.
Mais quel est donc l'objet de toute sa tendresse ?
Qui?... La sœur de d'Herbin venait ici sans cesse;
Mais il ne voulait plus , disait-il , la revoir.
Et cette autre Française... Ah! comment concevoir...
On le connaît enfin , cet horrible mystère ;
TantJt vous mimposiez vous-même de me taire.
Et de ce pavillon respectant le secret...
L'insensible !... c'est là ce que son cœur cachait. LA COMTESSE. Sophic, y pensez- vous? quoi! l'intention noire
D'un calomniateur...
SOPHIE. N'importe, il faut le croire j
Le malheur est probable. Oui , vous devez parler.
Aller vers votre époux, tenter de le troubler ,
D'arracher son secret...