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PRÉFACE POUR UN OUVRAGE, ETC

vertueux, mais un caractère si bon, un cœur si noble et si tendre, on ne le reverra plus; ni les hommes, ni moi, nous ne le rêverrons plus.

CGppet, 23 octobre iW.

POUR LA TRADUCTION D'uN OUVRAGE DE M. WILBERFOKCE, SLB LÀ TRAITE DES AÈGRES.

M. Wilberforce est l'auteur de récrit qu on va lire sur l'abolition de la traite des nègres.

Orateur distingué dans la chambre des communes, remarquablement instruit sur tout ce qui tient à la littérature et à cette haute philosophie dont la religion est la base, il a consacré trente ans de sa vie à faire rougir l'Europe d'un grand attentat, et à délivrer TAfrique d'un affreux malheur. Lorsqu'il eut rassemblé toutes les preuves des cruautés qui ajoutaient encore à l'horreur d'un acte tyrannique, lorsqu'il crut avoir de quoi convaincre les faibles et les forts, il fit, en 1787, dans le parlement, la motion d'abolir la traite des nègres.

M. Pitt, M. Fox, M. Burke, l'appuyèrent; aucun hommiC vraiment supérieur en Angleterre, quelles que soient ses opinions politiques, ne voudrait prêter son nopi à des opinions qui dégradent du nom de penseur et d'ami de l'humanité. On peut soupçonner M. Pitt d'avoir permis pendant quelque temps à ses adhérents de soutenir la traite des nègres; mais sa gloire lui était trop chère pour ne pas se séparer de son parti dans cette circonstance. Toutefois les réclamations de tous ceux qui font de l'espèce humaine deux parties, dont l'une, à leur avis, doit être sacrifiée à l'autre, ces réclamations empêchèrent que la motion de M. Wilberforce ne fût adoptée. Les colons prétendirent qu'ils seraient ruinés si la traite é^ait abolie ; les villes de commerce d'x\ngleterre affirmèrent que leur prospérité tenait à celle des colons : enfin l'on rencontra de tous les côtés ces résistances qui recommencent toujours, quand les honnêtes gens s'avisent de défendre les opprimés contre les oppresseurs.

Les excès de la révolution de France, qui répandaient une grande défaveur sur un certain ordred'idées, nuisirent à la cause

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