DE MADAME DE TERMES
Madame de Martigues a raison de vanter ses soins, jamais il n'en fut de plus assidus, de plus tendres ; on ne sait pas com^ bien son âme est sensible ; malgré la légèreté de son esprit, elle
est capable d'un attachement solide, d'une amitié vive et constante. Les sentiments qu'elle a montrés dans cette triste occasion me la rendent plus chère encore. Elle a déjà repris son enjouement, ses yeux remplis de gaieté n'offrent plus les traces des larmes qu'ils ont versées. Le reproche qu'elle vous fait me conviendroit assez ; je frémis en songeant à l'état où j'ai vu madame de Sancerre. Ah ! monsieur, j'y penserai longtemps! j'ai besoin de toute la folie de madame de Marligues, pour ne pas in'abandonner aux plus sombres réflexions.
Cessez absolument devons inquiéter, madame de Sancerre est sans fièvre ; sa foiblesse est extrême, mais elle n'alarme point, au contraire, elle rassure entièrement ; dès que votre amie pourra soutenir la fatigue d'écrire, vous verrez celte ligne de sa main, nécessaire à vos yeux et à votre. cœur.
N'écoutez point madame de Martigucs ; elle se marie, rien n'est plus certain. La maladie de madame de Sancerre a doublement intéressé le comte de Piennes, elle a seule relardé son bonheur. Ce mariage si désiré se fera le mois prochain, les articles sont dressés ; si madame de Martigues parioit contre la nouvelle, elle perdroit assurément. Adieu, monsieur, soyez tout à fail tranquille, madame de Sancerre vous en prie.