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LETTRE XXXIV

Vendredi, à Winchester.

Je reçois des invitations si pressantes de mylord d'Ormond ; ma cousine et lui continuent à me prier avec tant d'instance d'aller les trouver à Erford, que je ne puis me refuser plus longtemps à leur empressement. Je ne sais pourquoi je sens affoiblir ma répugnance pour retourner dans ce lieu. J'ai annoncé mon départ ici : si j'étois vaine, je pourrois m'étendre sur le regret que tout le monde paroît avoir de me perdre.

Sir James s'en va : pour le pauvre sir Henry, sa tristesse est inexprimable ; il me fait une peine extrême; j'espère que mon absence lui sera utile. On dit, ma chère, que l'absence est un remède salutaire contre l'amour; remède violent, que le malade prend toujours avec dégoût, et qui n'opère pas sur tous les tempéraments. Je vais me rapprocher de vous, mon aimable amie, c'est un grand plaisir pour moi. Après quelque séjour à Erford,

je retournerai à Londres, et nous irons ensemble à ma jolie maison d'Amstead... Voici Abraham... quel paquet il m'apporte! lout un cahier écrit de la main de mylord... Oh ! permettez, permettez, ma chère, que je yous laisse !... je brûle de lire... Ah ! qu'est-ce donc qu'il me dit? vous le saurez dès que j'aurai parcouru ce cahier.

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