MYLORD D OSSERY A MYLADY CATESBY
« L'aventure du bal m'a trop appris, madame, que je ne puis espérer de devoir au hasard ou à mon adresse la faveur d'un entretien avec vous. L'horreur que vous a faite ma présence, l'état où je vous ai vue, et la douleur que j'ai sentie d'en être la cause, m'ont déterminé à renoncer au projet de m'approcher de vous sans votre ordre positif. Je consens à vous écrire ce que je voulois vous dire, si vous aviez pu m'écouter ; vous me promettez de garder mon secret, je ne doute point de votre discrétion. Cependant, comme vous pourriez sentir quelque peine en cachant à lady Henriette des faits où vous êtes intéressée, je n'exige pas que vous vous gêniez sur ce point. Tout ce qui vous est cher acquiert des droits sur mon cœur ; votre amie ne peut être une personne indifférente pour moi. Ah ! lady Juliette, lorsque vous aurez lu, si vous ne me pardonnez pas, vous n'avez jamais aimé celui qui vous aimera toujours. »