‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 106 sur 252 · Ibam forte via sacra (sicut meus est mos · texte numérisé non relu

Ibam forte via sacra (sicut meus est mos

Nescio quid meditans nugarnm , totus iii illis ; Accurrit quidam notus mihi Domine lantum , Arreptaque manu : Quid agis , etc.

(UOB., Ut. I, sat. ix.)

SATYRE X. ii5

Je m'en allois resvanU le manteau sur le nez,

L'àgie bijarrement de vapeurs occupée,

Comme un poète qui prend les vers à la pipée :

En ces songes profonds où flottoit mon esprit.

Un homme par la main hazardément me prit,

Ainsi qu'on pourroit prendre un dormeur par Toreitie,

Quand on veut qu'à roinuict en sursaut il s'esveille.

Je passe outre d'aguet, sans en faire semblant,

Et m'en vois* à grands pas, tout froid et tout tremblant.

Craignant de faire encore, avecq' ma patience,

Des sottises d'autruy nouvelle pénitence'.

Tout courtois il me suit, et, d'un parler remis ^ :

Quoi! monsieur, est-ce ainsi qu'on traite ses amis?

Je m'arreste, contraint; d*une façon confuse.

Grondant entre mes dents, je barbotte * une excuse.

De vous dire son nom il ne garit de rien ,

Et vous jure au surplus qu'il est homme de bien ;

Que son cœur convoiteux d'ambition ne crève.

Et pour ses factions qu'il n'ira point en Grève :

Car il aime la France, et ne souffriroit point ,

Le bon seigneur qu'il est, qu'on la mist en pourpoint.

Au compas^ du devoir il règle son courage.

Et ne laisse en dépost pourtant son advantage.

Selon le temps, il met ses partis en avant.

I . Édition de td4S et suivantes, et m'en vais à grands pas. 3. Allusion à la satire huitième, où il a décrit l'ennui mortel que lui avait causé un importun.

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