XIV ÉTUDE HISTORIQUE ET LITTÉHAIRE
prennent que presque aussitôt le nouveau chanoine eut à soutenir un procès, ce qui explique en même temps son épigramme contre Tabbé Vialart, ^ui
S'estoit mis dans la fantaisie D'avoir mon bien en paradis.
Mathurin gagna son procès, et Brossette, dans son introduction aux œuvres du poëte , raconte , sans savoir qu'il y ait eu procès , que Régnier emporta son canonicat en prouvant que le résignataire de ce bénéfice, — évidemment Vialart, — pour avoir le temps de faire admettre sa résignation à Rome, avait caché pendant plus de quinze jours la mort du dernier titulaire, dans le lit duquel on avait mis une bûche, qui fut depuis portée en terre à la place du corps, qu'on avait fait enterrer secrètement.
Ce canonicat cependant ne devait pas procurer de gros revenus à Régnier, car, n'étant que minoré, il ne jouissait que d'une partie du bénéfice qu'il avait eu tant de peine à acquérir. A Chartres , en effet, comme dans la plupart des chapitres de France, il y avait quelques chanoines in minoribits ou chanoines selletiers, ainsi nommés parce qu'ils ne pouvaient siéger dans les stalles du chœur, mais bien seulement sur des sellettes comme les enfants de chœur. Ils ne recevaient qu'une partie de la prébende, n'en avaient pas la justice, et ne pouvaient porter Taumusse * . Mais on
1. Notice de M. Luc Merlet qui cite les règlements capitulaires de 1305 à 1327.