‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 116 sur 252 · Le même Caporali, tercet · texte numérisé non relu

Le même Caporali, tercet

L'altre soe membra , poi corne le braooia , E'I petto, e'I coUo , k passo non errante Segnon del Tolto la diffonne traccia.

3. Celui qui porta Thésée d'Athènes en Ttle de Crète, pour aller combattre le Minotaure. Les Athéniens le conserv^ent pendant plusieurs sièeles, en le faisant sans cesse renouveler. Sygognes a imité cet endroit dans la satire sur le Pourpoint d'un courtisan :

Pièce sur pièce on y rebonte

Tant de fois , q^*on puisse estre en doute

S'il reste rien du Tien» pourpoint.

Ainsi la nef pégasienne ,

Bien que changée à l'ancienne ,

A sa forme qoi ne meurt point.

124 dAT¥h£ X

Une taigne afTaflié« «stoit sur se» espAules \ Qui traçoit ea arabe une carte des Gaules *.

Les pièces et les trous, semez 4e tous costez, Représentoient les bourp, les monts et les citez. Les filets séparez, qui se tenoient à peine, Imitoient les ruisseaux coulant dans une plaine ; Les Alpes, en jurant, luy grimpoient au collet; Et Savoy' qui plus bas ne pend qu'à un filet. Les puces et les poux, et teUe autre quenaille ^, Aux plaines d'alentour se mettoienten bataille. Qui, les places d'autruy par armes usurpani.

Le titre dispuloient au premier ocfeupant.

Or dessouz ceste robhe îllmstre et. vénérable Il avoit un ji^n., non celuy de constable :*,

1 . Taigne, ou plutôt teigne^ ver qui ronge les étoffes et les livres. Le Caporali, tercet 32 :

Ov* un tigno domestico s'en vieoe , E v'hà Bcritto in arabico co'l dente ; Si è débile il filo à cui s'attiene.

9. La description que Régnier fait dans les vers suivants semble être imitée du discours que tient frère Jean à Panurge dans Rabelais, liv. m, chap. XXVIII : « Déjà vois-je ton poil grisonner en teste. « Ta barbe, par les distinctions du gri3, du blanc, du tanné et u de noir, me semble une mappemonde. Regarde ici : Voilà l'Asie, « ici sont Tigris et £uphrates ; voilà Africque, ici est la mon- « tagne de la lune. Veois-tu les palus du Nil t Deçà est Europe, a Veois4u TJb^lè«i£.? Ce toiqaet k^ $out blanc, «Km^les.woints Hya perborées.»

3. QuemUle parait w&e prommciaitkm picarde. On dit ms»i quenaille dans rÂngoumoiis (coQ^we 1« luacqnc^t Im mn que cite Ralzac, p. 635 du tome II de ses œuvres in-fol.), en Saintonge, et dans le pays d'Aunis. On a mis canûUle dans Tédition de I64S, et dans les suivantes, l^ltis k>ia Régaier «e sert d^a mot de canaiUe, en parlant des hommes : Qui voulait mtfHre barre entre celte canaille. ( Lenglet-Dufresnoy . )

4. Sygognes commence aÎBsi nne é» ses ép^tres «n coq-à-rftne :

Il n'est rien plus beau ny pins stable , Qu'un teint de jnppe de consUble.

SA^TYiiE \< 1^5

Mais un qui pour un temps surtil Tarnère-ban, Quand en première nopee il servit de caban * Au croniqueur Turpin, lors que par la campagne

Le japon était une espèce de grand pourpoint, oa de petit justaucorps qui avait de toii^œs basques. (Furetière.) On l'appelait aussi jupe, que Monet définit une espèce de hoqueton ou saie, ample, ondoyant et volant. Il faut que cet habillement fût une marque de distinction; témoin ce que notre auteur ajoute, que ce jupon. n'était pas celui de eonstable ; témoin aussi ce passage de Rabelais, l.Y,chap. XII : « Frère Jean, impatient de ce qu'avoit desdnitGrip- « peminaud , dist : Hau ! monsieur le diable engipponné , corn* o ment veux-tu qu'il responde d'ung cas lequel il ignore? » Il l'appelle engipponné , k cause du jupon que portait Grippeminaud, archiduc des chats-fourrés, ou gens de chicane. Molière nous en fournit une antre preuve dans son Tart&fe, acte Y, se. iv, oU l'on dit à M. Loyal :

Vous pourriez bien ici , sur votre noir jupon , Monsieur l'huissier k verge , attirer le bâton ;

L'anteur du Moyen de parvenir, contemporain de Bégnier, a dit dans son dernier chapitre : « J'ai quasi juré comme un connestable, n et pris Dieu partout. » (Léng.-D.) A ce propos, Lenglet-Dufresnoy propose une explication assez curieuse du mot constable, qu'il ne veut pas faire venir de connestable. Régnier et Sygognes lui semblent les seuls qui aient employé ce mot en le joignant à celui àe jupon, ou de jupe :■ ce qui peut donner lieu selon lui à une conjecture assez singulière, c'est que quelqu'un de la maison illustre des ConitabiU de F^rare, en français Gontidble, ayant inventé cette sorte d'babillement, lui aurait donné sonnoiQ. C'est ainsi qu'on a appelé en France les brandebourgs et les roquelaures du nom de leurs inventeurs. Mais je ferai observer que dans un grand nombre de villes le mot connestable s'applique aux bourgeois chargés de garder une portion de la ville. Gonnestablie est comme ailleurs le quartier, la dizaine, ce qui rentre bien dans le sens anglais de constable *.

1 . Ménage fait venir ce mot de cappa. Le Gaporali, tercet 56 :

Il saio che s'allaccia à la man destra , Già fu gabban di nonsignor Tarpino , Che portava al re Catlo la baleMra.

i26 SATYRE X.

llportoit Tarbalestre au bon roy Gharleraagne. Pour asseurer si c'est ou laine, ou soye, ou lin *, 11 faut en devinaille estre maistre Gonin ^.

Sa ceinture honorable, ainsi que ses jartières, Furent d'un drap du Seau^, mais j'en tends des lizières, Qui sur maint cousturier * jouèrent maint rollet ; Mais pour l'heure présente ils ^ sangloient le mulet.

Un mouchoir et des gants, avecq' ignominie.

Ainsi que des larrons pendus en compagnie, Luy pendoient au costé, qui sembloient, en lambeaux, Crier, en se mocquant : Vieux linges, vieux drapeaux. De l'autre, brimballoit une clef fort honneste. Qui tire à sa cordelle une noix d'arbaleste.

Ainsi ce personnage, en magnifique arroy, VLdLTchmipedetentim^^ s'en vint jusques à moy^

t. Le même Gaporali, tercet 57 :

Non è foggin di Greco , 6 di Latino , Fâ oottOD , fù veUuto , è poi fù raso , Et horà è più sottil che rormosino.

J. Brantôme, à la fin du premier volume de ses Dames galantes , parie d*uii mattre Gonin, fameux magicien, qui, par des tours merveilleux de son art, divertissait la cour de François !«'. Un autre maître Gonin, petit-fils du précédent, mais beaucoup moins habile, si Ton en croit Brantôme, vivait sous Charles IX. Delrio, tome II de ses Disquisitiom magiques, en rapporte un fait par où, sMl était véritable, il paraîtrait que le petit-fils «e cédait en rien au grandpère. L'Abbé Bordelon a composé deux volumes sous le litre de : Tours de maître Gonin.

3. Petite ville dans le Berri. Mais j*entends des lizières. De lisières dans toutes les éditions avant 1642.

i. Qui chez maint , édition de 16i2 et suivantes.

§. Elles : la ceinture et les jarretières.

6. Ce mot avait aussi été employé par le Gaporali dans le portrait de son pédant, tercet 38 :

Pedeteatio s'accosta al dotto Soiiaio.

Qui semis à son nez, à ses lèvres décloses ,

Qu 'il fieuroit bien plus fort mais non pas mieux que roses * .

Il me parle latin, il allègue, il discourt, Il réforme à son pied les humeurs de la court : Qu'il a pour enseigner une belle manière * ; Qu'en son globe il a veu la matière première ^ ; Qu'Êpicure est yvrongne, Hyppocrate un bourreau, Que Barthole et Jason ignorent le barreau ; Que Virgile est passable, encor' qu'en quelques pages * 11 méritast au Louvre estre chifflé des pages ; Que Pline est inégal ; Térence un peu joly ^ ; Mais surtout il estime un langage poly ^.

1 . Régnier a emprunté cette expression proverbiale de Rabelais,

Ut. I, cbap. i. Un joly, petU, moity Uvrety plus mait non mieux

sentant que roses.

%, fioileau a cité ces douze vers, comme un beau portrait du pédant. Voyez dans sa cinquième réflexion critique sur Longin.

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